Super j’arrête de travailler ! Mais pour faire quoi ?

Alors pour commencer, attention quand j’utilise le terme « j’arrête de travailler », il a une signification bien particulière pour moi qui n’est peut-être pas la même pour vous. « Arrêter de travailler » chez moi, ça signifie arrêter de passer huit heures par jour, cinq jours par semaine, à pratiquer une activité qui ne m’intéresse pas, ne m’apporte / m’apprend rien et vers laquelle je vais à reculons. Ce n’est pas le cas de tout le monde, certaines personnes sont peut-être très heureuses dans leur métier de salarié et j’en suis très contente pour eux. L’idée, derrière l’expression « arrêter de travailler » c’est que ce que vous faites de vos journées, vous ne le considériez pas comme du travail.

Par exemple, je passe maintenant une grande partie de mes journées à écrire des romans. C’est mon travail finalement, c’est ce qui me rémunère. Mais à aucun moment je ne considère cette activité comme du travail parce que tout simplement J’A-DO-RE ça ! Et je n’en reviens pas de pouvoir écrire toute la journée, c’était mon rêve et je l’ai réalisé. Je ne considère pas écrire comme du travail parce que :

  • Je n’écris pas huit heures par jour, loin de là, plutôt deux heures par jour
  • Je prends un réel plaisir à écrire, plaisir que je n’ai jamais ressenti quand je considérais que je « travaillais » or la notion de travail n’a jamais été associée à la notion de plaisir chez moi
  • J’écris régulièrement dans des lieux différents (très souvent, certains diraient même TROP souvent au Starbucks 😊) ce qui fait que je n’ai pas l’impression d’avoir un bureau dédié, notion qui se rapproche également du travail chez moi

Voilà pour ce que je mets derrière le travail. Et voilà pourquoi je considère que j’ai arrêté de travailler. En tous cas, j’ai quitté mon emploi de CDI et je fais ce que je veux de mes journées à l’heure actuelle, je ne dois d’heures à personne, je n’ai pas de patron si ce n’est ma propre conscience mais elle est plutôt relax ces derniers temps je dois vous avouer.

science-1182713_1920

Alors revenons à nos moutons : j’ai arrêté de travailler, qu’est-ce que je fais ? Comme vous l’aurez lu dans mon article sur comment générer des revenus, je vous conseille fortement de réfléchir à la question AVANT d’arrêter de travailler. Sinon vous allez vous retrouver à errer dans vos journées voire à tomber dans la dépression. Bien sûr ça n’arrive pas à tout le monde mais dites-vous bien que vous allez vivre une retraite prématurée. Maintenant, réfléchissez à tous les exemples que vous avez autour de vous de personnes qui ont pris leur retraite (à l’âge normal ou non). Comment ça s’est passé au début ? Quand on part à la retraite avec d’autres personnes en même temps, comme son conjoint ou ses amis, c’est formidable, on peut s’occuper tous ensemble. Mais quand on est seul et que le reste du monde continue de mener sa vie active, l’affaire se complique. Ils ne sont pas disponibles quand vous êtes disponibles, ils sont fatigués quand vous ne l’êtes pas et qui pourrait les blâmer ? Et puis autre chose d’important qui peut venir frapper : l’ennui. A nouveau, je ne parle que pour moi : peut-être que certaines personnes s’accommodent très bien de l’ennui. Moi, l’ennui, ça me mène directement à la dépression. Et une sacrée bonne dépression.

Et de toute façon, l’être humain, par nature a besoin d’un but dans la vie, de projets à accomplir, quelque chose qui remplit votre vie et qui vous rend heureux, quelque chose qui donne du sens à votre existence.

Spoiler : ce quelque chose n’est pas forcément facile à trouver. Pour certains, il est peut-être évident et naturel. Comme je vous l’ai indiqué dans un article précédent, pour moi il avait beau faire partie de ma vie depuis que j’avais sept ans (âge où j’ai commencé à écrire des poèmes avant de me lancer à douze ans dans l’écriture de romans), on m’avait tellement répété que ce n’était pas un métier, qu’on ne pouvait pas en vivre et blablabla que je n’imaginais pas que je puisse en faire ma vie. Par conséquent, je l’avais rayé de ce qui donnait du sens à ma vie. C’est en cheminant bien plus tard que j’ai réalisé que j’avais envie de générer des émotions aux personnes autour de moi et de leur transmettre des valeurs ainsi que de les faire rêver. Et c’est par l’écriture que je veux réaliser ces points. Voilà, ce qui moi, me transcende. Ça ne résonne probablement pas en vous et c’est bien normal : chacun a sa manière de donner du sens à la vie.

Si vous êtes de nature religieuse, le sens de votre vie est tout trouvé : c’est Dieu qui donne du sens à votre vie. Vous ne savez pas quel est ce sens mais vous savez qu’il y en a un. Quand on n’est pas de nature religieuse (comme moi), on peut choisir soi-même le sens que l’on veut donner à sa vie.

Alors je suis partie très loin dans mes délires philosophies mais il est essentiel que ce pour quoi vous allez arrêter de travailler soit quelque chose qui vous transcende fondamentalement. Et je pense que c’est essentiel dans toute chose que vous allez entreprendre : cela doit avoir un réel apport pour vous. Sinon à quoi bon le mettre en œuvre ? Vous pouvez entreprendre tout ce que vous souhaitez quand vous avez huit heures par jour devant vous, mêmes les projets de longue haleine, même ceux qui nécessitent des sommes d’argent démesurées parce que vous allez avoir tout le temps du monde pour obtenir des investisseurs, apprendre à en obtenir si vous ne savez pas comment faire, etc. Tout à coup, vous allez obtenir huit heures par jour que la majorité des autres personnes de votre âge n’ont pas car ils travaillent, ils exécutent, ils managent. Ils acquièrent également des compétences mais pas forcément celles qu’ils ont choisies.

Voilà pour mon laïus passionné sur la question.

Alors comment savoir ce que vous voulez faire ?

idea-1876658_1920

Si c’est déjà évident pour vous, bravo, passez directement à la suite : mettez en pratique. Soit ce que vous voulez faire va générer des revenus suffisants pour vous faire vivre auquel cas qu’attendez-vous pour vous lancer ? Soit ce n’est pas le cas et vous pouvez revenir sur mon article précédent pour voir comment générer des revenus. Peut-être que votre rêve est d’être bénévole pour une association à temps plein, ce n’est pas quelque chose qui va vous apporter une source de revenus et il est important, pour la tranquillité d’esprit, que vous puissiez générer de l’argent pour subvenir à vos besoins. L’argent est un frein aux rêves, il ne fait pas le bonheur mais il y contribue. C’est beaucoup plus facile d’être de bonne humeur et moins frustré quand on sait qu’on ne va pas avoir de problèmes à payer son loyer, son crédit et ses courses alimentaires.

Si ce n’est pas évident… alors là commence un nouveau chemin. Et ce chemin, je vous assure, est passionnant. Vous allez apprendre à vous découvrir et à (re)découvrir votre entourage. Vous allez développer une forme de sérénité que vous n’aviez jamais expérimenté auparavant. Et pourquoi ? Parce que vous allez pouvoir définir vos priorités dans la vie. Et une fois qu’on sait ce qui est le plus important pour nous, c’est beaucoup plus facile d’avancer et de prendre des décisions et surtout, de se sentir à l’aise avec ces décisions.

Il y a quelques livres pour vous guider dans cette expérience mais chaque individu est différent alors il n’y aura peut-être pas de révélation dans vos lectures. C’est quelque chose qui va vous demander du temps et il va falloir accepter que la réponse ne va pas venir durant les cinq premières minutes.

Pour parcourir ce chemin, je vous ai déjà conseillé dans mon article précédent, de lire Libérez votre créativité de Julia Cameron. N’ayez pas peur avec le terme créativité, surtout si vous ne vous croyez pas créatif, l’idée c’est de révéler ce qu’il y a en vous.

Pour ma part, j’ai commencé mon cheminement avec un psychologue. Il n’y a pas de mal à se faire aider et surtout, cela signifiait que je m’accordais une heure et demie de temps avec un professionnel pour réellement réfléchir à la question. Parce que c’est facile de se dire « je vais y penser » et puis de rentrer dans le train-train quotidien et de ne finalement pas y accorder de temps. Mais tout le monde n’a pas envie d’aller voir un psychologue. Vous pouvez aussi prendre trente minutes par jour pour réfléchir à la question.

Quand j’ai commencé à me poser la question « qu’est-ce qui me fait envie ? », je n’ai pas trouvé de réponse. Alors j’ai réfléchi à l’inverse : « qu’est-ce qui ne me fait pas envie ? » ou « qu’est-ce qui me déplaît ? » et je suis arrivée avec une liste plus longue que mon bras. Le pire, c’est que la plupart des éléments de cette liste faisait partie de mon quotidien et de ma carrière professionnelle. Je m’y étais engagée volontairement ! Quelques exemples :

  • Avoir ma propre entreprise (cela faisait quatre ans que je dirigeais mon entreprise, tout ça pour réaliser que ça ne m’apportait pas de bonheur)
  • Travailler avec des clients (cela faisait dix ans que je travaillais à construire des portefeuilles clients et à gérer des clients)
  • Mon téléphone portable (qui pourtant était une extension de mon bras)

Et bien d’autres. Attention, ça ne veut pas dire que quatre années avant que j’entame ce travail, quand j’ai créé mon entreprise, ce n’était pas ce qui me rendait heureux. Nos projets, nos envies, ce qui nous plaît et nous déplaît, évoluent avec le temps. Ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera peut-être plus dans six mois. Qui sait ? Dans six mois peut-être qu’écrire me prendra la tête et que je passerai à autre chose. Nous devons nous remettre en question de manière régulière.

board-2433982_1920

A ce sujet, un autre livre que je vous ai conseillé dans l’article précédent : La semaine de 4 heures de Timothy Ferriss, parle de chrono-rêves. Je vous conseille l’exercice. Il s’agit de définir ce que vous voulez obtenir dans les trois à six mois à venir, c’est-à-dire vos rêves du moment. Timothée Ferriss vous propose trois catégories : ce que vous voulez posséder (une maison, une voiture, une cave à vin, que sais-je encore ?), ce que vous voulez faire (apprendre à danser la salsa, passer du temps avec votre famille, …), ce que vous voulez être (un champion des arts martiaux, une personne bienveillante, …). Ce sont vos chrono-rêves et c’est déjà un début pour savoir ce qui vous ferait plaisir dans la vie. Ce n’est pas un outil aussi puissant, à mes yeux, que de savoir ce qui vous transcende, mais c’est réellement un premier pas pour définir vos projets et vos aspirations. Le livre de Timothy Ferriss étant résolument tourné vers l’indépendance financière, il vous demande ensuite de calculer combien coûte votre rêve, de le ramener au coût par mois et de vous donner un objectif de revenus en fonction de ça. Par exemple, pour apprendre à danser la salsa, vous pouvez apprendre en toute autonomie, trouver un ami qui vous enseigne, auquel cas ça ne vous coûtera que du temps. Mais vous pouvez aussi décider de prendre des cours particuliers avec un professeur, à raison de cinquante euros par semaine et alors il faut prévoir l’argent pour y parvenir. Là où je trouve que Timothy Ferriss a tout à fait raison, c’est qu’il vous propose d’établir ces rêves sur une durée limitée : il ne fait pas de plan à plus de douze mois parce qu’il dit lui-même qu’il ne sait pas où il sera dans douze mois et quelles seront ses aspirations du moment. Il pense que les plans sur la comète, à cinq ans et plus, sont voués à l’échec : ils sont trop loin pour être réalisés et la motivation pour y parvenir s’amenuise à mesure que le temps passe. Il vaut mieux découper un « gros » rêve en petits morceaux et parvenir à accomplir ces morceaux les uns après les autres.

Voici pour notre premier pas vers la définition de vos envies. J’y reviendrai plus tard quand la question aura mûri en vous. Lors de notre prochain article, j’aborderai la question de « comment se libérer du temps pour définir ses projets » quand on est en CDI. Ce sera l’occasion de vous parler d’un autre livre merveilleux : le Miracle Morning.