Auto-édition ou maison d’édition ?

Quand a été venu le moment de publier mon roman, la question s’est posée : fallait-il partir vers un mode traditionnel, celui d’envoyer son manuscrit à une maison d’édition ou fallait-il publier par soi-même ? Petit tour d’horizon des différences entre les deux que j’ai pu observer.

 

1 – La maison d’édition, le Saint-Graal des écrivains

Evidemment, si j’avais pu être publiée par une maison d’édition, j’aurais été la plus ravie de tous les temps. J’ai bel et bien envoyé un manuscrit à trois maisons différentes, j’ai reçu une réponse négative et deux silences éloquents. Le manuscrit que j’ai envoyé n’est pas celui qui a été publié. J’avais pris la décision de jouer sur les deux tableaux :

A – envoyer le manuscrit du roman que je travaillais depuis plusieurs années à une maison d’édition

B – écrire un nouveau roman en repartant de zéro et partir vers une auto-édition

Il y a bien des avantages à être publié par une maison d’édition, je vous cite les premiers qui me frappent aux yeux. Mais attention, je parle sans vraiment « savoir » puisque je ne suis pas éditée par une maison d’édition.

  • Le regard d’un professionnel : votre manuscrit est lu par un professionnel, il va vous faire des retours dessus et votre texte en sortira certainement grandi
  • Une couverture éditée par un professionnel : également, un expert pour créer la couverture, ça ne fait pas de mal quand on sait que c’est ce qui attire le lecteur. Il est aussi possible de faire appel à un freelance professionnel en auto-édition mais il faut accepter de mettre la main à la poche.
  • Une distribution en librairie : c’est évidemment l’aspect le plus flagrant, grâce à une maison d’édition, vous pouvez être distribué en librairie et s’ils sont prêts à défendre votre roman, les forces commerciales de leur distributeur vont pousser les exemplaires aux libraires.
  • Une avance sur royalties : que votre livre marche ou non, la plupart du temps, vous recevrez un « cachet » de la maison d’édition qui vous paiera pour votre texte. Il s’agit en fait d’une avance sur royalties c’est-à-dire que par exemple si vous avez négocié vos droits d’auteur à 10% (on peut rêver), le livre est vendu à 10 euros, vous touchez normalement un euro par livre. Sauf que la maison d’édition vous a, par exemple, versé 3 000 euros d’entrée de jeu. Cela signifie que pour les 3 000 premiers exemplaires vendus, vous ne toucherez pas de droits d’auteur puisque vous les aurez déjà perçus dans l’avance. Vous commencerez à toucher des royalties après avoir dépassé ce seuil de 3 000 exemplaires (et de 3 000 euros). Mais même si vous vendez moins de 3 000 exemplaires, les 3 000 euros sont acquis. La maison d’édition ne vous les reprendra pas.
  • On ne s’occupe de rien : vous fournissez votre texte, vous le retravaillez si nécessaire et ensuite, à moins qu’on vous emmène faire la promotion de votre roman en séance de dédicace ou en salon du livre, vous pouvez vous consacrer à l’écriture du prochain roman. La maison d’édition est supposée s’occuper de tout.

Il y a bien sûr d’autres aspects positifs et il y en a certainement des négatifs. J’en ai quelques-uns en tête mais je ne me permettrai pas de les indiquer alors que je ne suis pas éditée par une maison d’édition et que je ne parle pas en connaissances de cause. N’hésitez pas à m’indiquer vos « pour » et vos « contre » dans les commentaires.

Evidemment, mon « contre » majeur a été que tout simplement je n’ai pas été sélectionné par une maison d’édition. Mais j’ai pu tester l’auto-édition avec un autre manuscrit.

 

2 – L’auto-édition

J’avais également des a priori sur l’auto-édition. Déjà, la première chose dont j’étais certaine, c’était que je ne voulais pas passer par une maison d’édition à compte d’auteur. Ensuite, en termes d’auto-édition il existe plusieurs possibilités :

  • Tout faire tout seul de A à Z, imprimer chez un imprimeur, vendre sur son propre site internet et se charger des envois, des retours, etc. à cette version est coûteuse en termes de temps investi et d’argent car on imprime des exemplaires papier d’un livre qu’on n’a pas forcément vendu, on doit créer un site internet, etc.
  • Passer par une plateforme type Amazon pour la version numérique, prendre en charge la version papier à l’achat se fait par Amazon, on gère uniquement l’envoi de la version papier
  • Tout passer par une plateforme type Amazon à rien à faire ou presque !

J’ai choisi pour ma part de tout passer par Amazon. Plusieurs raisons à nouveau : d’abord, on peut y mettre son exemplaire numérique et son exemplaire papier, on n’a pas à imprimer des exemplaires d’avance car Amazon se charge d’imprimer à la demande. Mine de rien, Amazon permet une facilité d’achat et si vous grimpez un peu dans le classement, la visibilité peut devenir importante. Enfin, il y a ZERO euro à avancer. Et ça, c’était un argument décisif alors que j’allais publier mon premier roman dont je n’avais aucune idée s’il allait marcher ou non.

Il y a trois points importants chez Amazon et du coup chez Kindle Direct Publishing (la plateforme d’Amazon qui vous permet de vous auto-éditer) :

1 – Vous percevez des redevances plus importantes que de la part d’une maison d’édition, jusqu’à 70% du prix. Bon attention aux chiffres « magiques » qui sont annoncés. Au final sur l’ebook je touche plutôt 50% car il faut toujours retirer quelque chose, la TVA, la marge Amazon, bref… et je touche plutôt 23% sur le livre papier car il faut retirer le coût d’impression, la TVA, etc… Mais c’est BIEN MIEUX que les 10% qu’on peut espérer d’un contrat en maison d’édition. Et de ce que j’ai compris, 10% en maison d’édition c’est déjà une belle négociation. En revanche, sur l’abonnement Kindle (option que vous pouvez ou non activer), je ne touche pas autant, je ne peux pas encore donner le chiffre précis car l’auteur est rémunéré au nombre de pages lues. Il y a un fonds mondial qui est redistribué à l’ensemble des auteurs, en fonction du pourcentage de pages lues par rapport au total de pages lues. Le décompte ne se fait que le 15 du mois suivant, donc je n’en dispose pas encore. Je sais simplement qu’on gagne moins d’une manière générale avec l’abonnement mais chaque emprunt compte comme une vente dans le classement donc ça reste très bénéfique.

2 – Amazon s’occupe de tout ! La plateforme Kindle Direct Publishing vous guide pas à pas pour vous permettre de mettre votre livre en ligne. Vous pouvez le mettre uniquement en version papier, uniquement en version numérique ou les deux. Vous disposez d’outils gratuits qui vous accompagnent : des modèles de couverture, un logiciel pour vous aider à la créer, un logiciel qui vous permet de mettre en forme votre livre numérique, un autre pour prévisualiser le livre numérique mais aussi le livre papier, bref… Une fois que le lecteur passe commande, Amazon prend en charge l’impression du livre papier et son expédition. Pour le livre numérique, ils l’envoient vers la Kindle de l’utilisateur, rien de plus facile. La plateforme est très complète, elle s’étoffe de mois en mois de ce que j’ai compris. A noter qu’aux Etats-Unis, Amazon a lié ses services à ceux d’un distributeur et permet aux librairies de passer commande sur leur plateforme, avec le même service qu’un distributeur classique, ce qui n’était pas possible jusque-là. Cela signifie que pour les résidents américains, ils peuvent maintenant non seulement diffuser leur livre sur Amazon mais également en librairie à travers Amazon. Cela ne garantit pas que les librairies achèteront le livre pour le mettre en boutique car Amazon ne promeut pas l’ouvrage comme le ferait un distributeur classique (qui dispose de forces commerciales qui vont sur le terrain rencontrer chaque libraire chaque mois pour pousser les titres) mais c’est déjà une avancée énorme ! J’espère que nous y aurons le droit également en France. Certains bien sûr y voient la mort de la maison d’édition ou du schéma classique d’édition, j’y vois simplement une transformation du marché du livre et de sa structure. J’y vois également une opportunité pour les écrivains auto-publiés. Enfin, ça ne sert à rien de s’extasier encore car le service n’est pas disponible en France.

3 – Il n’y a pas à débourser un euro. Amazon ne vous demande pas d’argent pour mettre en ligne votre livre ni pour imprimer votre livre papier. C’est une impression à la demande : cela signifie qu’Amazon ne dispose pas de stocks. Ils attendent qu’un achat ait lieu et seulement alors, une impression est lancée et l’ouvrage est expédiée. Qui plus est, ils sont très rapides et réactifs : mon livre a été mis en ligne 24h après que j’ai rempli les divers formulaires sur Kindle Direct Publishing. Et quand je fais des modifications sur mon ouvrage pour corriger des coquilles potentielles, Amazon garantit une mise à jour en moins de 72 heures, pour ma part je n’ai attendu que 4h à chaque fois. C’est une réactivité folle.

Alors, bien sûr, il y a des aspects négatifs : Amazon ne s’occupe pas de la promotion de votre livre et il peut tout à fait tomber aux oubliettes. Amazon ne corrige pas votre livre, ne vous indique pas si la couverture est vendeuse ou non. Ces aspects sont entre vos mains ! En revanche, vous n’avez pas à attendre six à douze semaines qu’une maison d’édition vous réponde et vous pouvez prendre en main le destin de votre livre.

Qui plus est, ce n’est pas parce qu’Amazon ne distribue pas aux librairies que vous ne pouvez pas mettre en ligne votre roman sur Books On Demand par exemple. On en reparle d’ailleurs dans un article la semaine prochaine. Mais avant, je vous raconterai les merveilles administratives de l’auteur. Ce n’est pas tout de gagner de l’argent en s’auto-publiant, comment faut-il faire ensuite pour le déclarer ? Je vous dis tout à ce sujet mercredi.