Comment faire face à la critique ? Quand on est écrivain, entrepreneur, musicien, adolescent, adulte, parent…

La critique, selon la définition de Google, c’est un « examen en vue de porter un jugement ». C’est la première ligne qu’on peut lire. Mais tout juste un peu plus bas, on tombe sur le sens numéro 3 : « action de critiquer : jugement défavorable ». Et s’il faut bien reconnaître une chose, c’est qu’en France, quand il est question de critique, on s’attend généralement à entendre des aspects négatifs, pas un éloge.

Il existe toutes sortes de critiques et selon notre état d’esprit, elles peuvent nous faire plus ou moins mal voire nous mettre à plat pour un sacré bout de temps, ce qui n’est jamais agréable. Pourtant, la critique peut aussi nous faire grandir et nous permettre de nous améliorer. Mais pour savoir rebondir dessus, il faut déjà être capable de dissocier les critiques constructives des critiques gratuites. Et avant toute chose, il ne faut pas oublier que la critique de votre roman (notamment pour les écrivains) n’est pas une attaque à votre personne.

Je ne suis pas experte sur le thème de la critique mais je vous livre ici le fond de ma pensée sur le sujet.

 

La critique porte sur votre travail, pas sur vous !

Il faut d’abord différencier quelque chose de fondamental : la plupart du temps, la critique qu’on vous adresse ne porte pas sur votre personne et sur vos qualités. Et si on vous critique vous, en tant que personne, c’est un tout autre sujet. D’abord, qui se permet de critiquer la personne que vous êtes ? Si ses remarques vous font mal, sont-elles fondées ? Si oui, avez-vous commis une erreur ? En avez-vous tiré des leçons ? Comptez-vous recommencer ? Car il est toujours temps de changer vos valeurs et votre ligne directrice de vie si la personne que vous êtes aujourd’hui ne vous convient pas. Autrement, ne laissez pas les gens vous critiquer. Vos amis proches et votre famille, s’ils vous connaissent bien, peuvent se le permettre. Les autres ne vous connaissent pas assez pour le faire, ne les laissez donc pas vous dire qui vous êtes et qui vous devriez être. Bien sûr, ce n’est que mon avis !

La plupart du temps donc, c’est votre roman, votre projet, votre décision, qui sera critiqué. Ce n’est pas vous, à titre de personne. Ce n’est pas vous, dans votre intégralité. Ce n’est pas vous. Les gens qui se permettent de dire aux autres qu’ils sont des « mauvaises » personnes, par exemple, qu’en savent-ils ? Comment définit-on une mauvaise personne ? Qui a décidé du bien et du mal sur cette planète ? Et sur quoi se base cette personne pour se permettre une telle remarque ? Sur une action. Sur une décision. Et une seule décision, une seule action, n’est pas représentatif d’une personne.

Prenons l’exemple du roman. Vous avez écrit un roman, vous l’avez publié. Et voilà que viennent les premiers retours des lecteurs. Trois d’entre eux vous disent que c’est génial. Et l’un d’entre eux vous « assassine ». Il descend littéralement votre roman. Ce précieux roman dans lequel vous avez mis un bout de vous, peut-être même vous tout entier. Ce roman dont vous avez l’impression qu’il vous définit. Et là, ça fait mal.

Mais pourquoi ? Parce que la personne n’a pas aimé l’histoire ? Les personnages ? Le style d’écriture ? La chute ? Je vous arrête tout de suite : est-ce que vous aimez tous les morceaux de musique que vous entendez à la radio ? Est-ce que ça ne vous est jamais arrivé de découvrir le nouveau titre de votre artiste préféré et de vous dire que ce n’était pas à la hauteur de ce que vous attendiez ? Oui ? Alors comment pouvez-vous imaginer que votre roman va plaire à tout le monde ? Ce n’est pas le cas. C’est tout bonnement impossible.

Mais ça ne vous remet pas en cause en tant que personne, en tant qu’écrivain. Ça ne remet pas en cause vos compétences globales ou vos qualités. Cela ne veut pas dire que vous êtes un mauvais écrivain ! Ce n’est pas parce que vous n’aimez pas l’artiste Lady Gaga qu’elle est une mauvaise personne, si ? Ou une mauvaise chanteuse ? Ce n’est pas parce que vous trouvez que Bradley Cooper joue mal dans son dernier film (osez dire ça devant moi et vous ferez face à une critique ! *rires*) qu’il est un mauvais acteur ou une mauvaise personne. Ce n’est que votre opinion. Et peut-être qu’il joue mal dans son dernier film (absolument paaas, dit ma voix intérieure qui est raide dingue de Bradley Cooper, aussi surnommé Bradley-chou) mais ça ne veut pas dire que ça a été le cas pour tous les films dans lesquels il a tourné. C’est votre opinion personnelle pour la prestation de cet acteur lors de ce film spécifique. Et vous avez le droit d’avoir cette opinion.

Ce n’est absolument pas la vérité universelle. Il n’y a pas de vérité universelle quand il est question de goût. Et ce n’est pas une atteinte à la personne.

Sauf si, bien évidemment, il s’agit d’une critique gratuite !

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Aujourd’hui, on peut donner son avis… sur tout.

Dissocier la critique gratuite de la critique constructive

En termes de critique, soyons clairs, il y a plusieurs niveaux :

  • La critique constructive : celle-là va potentiellement nous aider à grandir et à nous améliorer
  • La critique constructive mais subjective : c’est une critique argumentée mais qui touche à des points qu’il n’est pas possible d’améliorer (si vous écrivez de la fantasy et que la personne qui vous lit n’aime pas la fantasy, que voulez-vous faire ?)
  • La critique gratuite

Ah ! La critique gratuite. C’est la critique la plus magique qui existe. Est-ce que vous voyez le genre de critiques dont je parle ? Celles qui ne sont pas argumentées, celles qui utilisent des adjectifs très péjoratifs juste pour enfoncer la personne, celles qui ne parlent que des aspects négatifs et qui parfois même, ne parlent même pas de votre travail. Elles peuvent être émises par des personnes qui effectivement ont lu votre livre et ne l’ont pas apprécié et qui tiennent à le faire savoir à la planète entière mais sans expliquer vraiment POURQUOI elles n’ont pas aimé. Juste en faisant des attaques gratuites envers le livre et l’auteur. Le meilleur exemple c’est Youtube. Je vous en prie, allez faire un tour dans la section commentaires d’une vidéo Youtube populaire. Nous en parlions cette semaine avec Pierre-Etienne Bram, auteur de L’interphone ne fonctionne toujours pas, les commentaires Youtube sont parfois affligeants : ils tournent autour du physique de la personne qui communique à l’écran, pas toujours du contenu de ce que la personne raconte. Ce sont des messages qui visent à être blessants, à faire réagir, car la personne qui les écrit est cachée derrière son écran, d’une certaine manière elle ne risque rien. Personnellement, je vois une forme de harcèlement et de diffamation dans ce type de commentaires. Ce n’est que mon avis, à nouveau. Mais je pense que l’ère internet a changé les limites de ce que les gens s’autorisaient ou non à dire. La liberté d’expression ne s’arrête plus là où commence le respect de l’autre.

C’est bien dommage. Mais il faut de tout pour faire un monde.

Posez-vous la question suivante quand vous recevez un commentaire de ce type sur votre roman : est-ce qu’il est argumenté ? est-ce qu’il est construit ? est-ce qu’il parle de votre roman (prénom des personnages, citation d’une action particulière ou d’une intrigue) parce que s’il n’en fait pas mention, c’est peut-être tout simplement un « hater », une personne qui ne l’a même pas lu mais qui se fait un plaisir de vous démolir sur la toile (malheureusement, ils existent). Si ce commentaire descend votre roman de A à Z mais sans être construit, sans vous donner les billes sur ce qui va mal. Juste en disant « c’est naze, l’auteur est nul ». Ne vous attardez pas dessus. C’est le ressenti de la personne qui vous a lu. Je suis capable de dire « c’est de la merde ce truc » quand j’entends une musique qui me déplaît. Eh bien, oui c’est que je n’aime pas. Mais est-ce que ça va aider le chanteur ou le groupe que je dise « c’est de la merde » ? Non. La seule conclusion à en tirer est qu’on ne peut pas plaire à tout le monde.

Par conséquent, vous ne devriez pas vous attarder sur ce type de critique. Car vous ne pouvez rien en faire. Vous ne pouvez pas changer les goûts de la personne et vous ne pouvez pas exploiter un commentaire qui indique simplement « c’est nul, j’ai perdu mon temps ». La personne qui a posté ce commentaire a le droit de s’exprimer et de donner son avis. Mais ce type d’avis n’aide pas beaucoup les prochains lecteurs non plus. Car en quoi est-ce que c’était nul ? Était-ce le héros ? L’univers ? Le style d’écriture ?

 

Les critiques qui nous permettent de nous améliorer

Il y a deux autres types de critiques, qui elles peuvent être prises en compte. Nous en parlions plus haut, il y a la critique constructive mais subjective. Exemple : « Je n’aime pas les valeurs de l’héroïne, elle est trop indépendante à mon goût et refuse toute aide, je n’apprécie pas l’univers non plus parce qu’il fait trop science-fiction et je n’aime pas la science-fiction. »

Ceci est une critique argumentée. Plutôt que de dire « c’est nul », la personne a indiqué les points qui l’ont gêné lors de sa lecture. On comprend donc mieux quels ont été ses problèmes. Mais est-ce que pour autant vous pouvez y faire quelque chose ? À nouveau, on ne peut pas plaire à tout le monde. Si l’indépendance est un sujet qui ne plaît pas à ce lecteur, cela ne veut pas dire qu’il ne plaira pas à un autre lecteur. Et si l’univers fait science-fiction et que la personne n’aime pas la science-fiction… eh bien que peut-on y faire ?

Reste donc la critique constructive mais pas uniquement subjective, celle sur laquelle vous pouvez concentrer vos efforts : « J’ai bien aimé l’héroïne et son sale caractère bien que par moments je pense qu’elle en fasse un peu trop. L’humour sarcastique, c’est sympa mais pas à aussi grandes doses. L’univers a l’air complexe mais il n’est pas assez expliqué, j’aurais aimé en savoir plus dès ce premier tome mais peut-être que ce sera mieux développé dans le tome suivant ? Par contre, c’est vraiment dommage pour la lecture car il reste des fautes d’orthographe et des coquilles. »

Voilà, vous avez de la matière à travailler si vous le souhaitez. Il est clair que la partie sur les fautes d’orthographe et les coquilles est une partie que vous devez améliorer. Vous devez prendre ce commentaire pour ce qu’il est : une possibilité de faire mieux à l’avenir. Cela ne doit pas pour autant remettre en cause votre héroïne ou la manière dont vous avez décrit votre univers. Peut-être que ce que vous dit ce lecteur est pertinent, peut-être que par rapport à ce que vous avez développé d’autre dans ce premier tome, ce n’était pas possible d’expliquer plus l’univers. Mais la critique est construite, argumentée, elle donne des exemples et elle ne vise pas à vous faire du mal. Elle vise à mettre en exergue ce que le lecteur aurait aimé avoir de plus. Cela ne veut pas dire que vous devez lui donner (enfin pour les fautes et les coquilles, si !) mais cela vous donne des pistes d’amélioration pour vos prochains romans.

À noter tout de même que si vous avez UN seul commentaire sur CENT par exemple qui vous note ces points alors que les autres au contraire encense votre univers… eh bien à nouveau, je vous le rappelle : on ne peut pas plaire à tout le monde. Si 99 sont d’accord et que le dernier ne l’est pas, ce n’est pas grave, non ?

 

N’essayez pas de plaire à tout le monde

C’est un conseil qui est valable pour la vie de tous les jours, je crois. Vous ne pouvez pas plaire à tout le monde alors pourquoi vous efforcez-vous, dès le début, d’essayer de plaire à tout le monde ? Ce n’est pas possible. Qui plus est, en essayant de faire plaisir au plus grand nombre, vous allez dénaturer votre propre travail. Vous risquez d’en perdre votre identité. Si à chaque commentaire négatif, vous vous précipitez pour modifier votre manuscrit, vous n’y arriverez jamais ! Il y a des critiques qu’il faut accepter, surtout si elles nuisent à la compréhension de votre œuvre. Mais il y en a d’autres qu’il faut écarter. Réfléchissez avant de donner votre manuscrit à lire ou de le publier : qu’est-ce qui vous tient le plus à cœur dans ce livre et que vous ne changerez pour rien au monde ? Vous avez trouvé ? Alors ne lâchez pas sous prétexte que d’autres vous diront que ça ne va pas ! Il y a peut-être au contraire une liste de sujets sur lesquels vous êtes hésitants et vous attendez de voir le retour de vos bêta-lecteurs : très bien, vous pourrez discuter des tenants et des aboutissants d’un changement sur ces sujets.

Parce que la critique, c’est un dialogue à la base. Internet fait qu’aujourd’hui, elle est souvent à sens unique. Mais quand on discute avec la personne qui critique notre travail, on s’aperçoit rapidement qu’elle le fait pour nous aider, pour nous permettre de nous améliorer. Et en ouvrant le dialogue, on comprend mieux pourquoi elle a pensé ça. J’ai reçu une critique un jour sur l’un de mes romans parce qu’on m’avait dit qu’il était « incohérent », après avoir ouvert le dialogue avec la personne, nous nous sommes rendu compte qu’elle avait oublié toute une action du livre et qu’effectivement, si elle ne s’en souvenait pas, cela rendait l’histoire incohérente. Mais elle avait simplement oublié. Et moi j’ai ajouté une petite ligne pour faire référence à cette action passée dans mon roman, car si elle a oublié, d’autres pouvaient également avoir oublié et y voir une incohérence. Voir le terme « incohérent » dans un commentaire peut faire très mal. Mais derrière, il se cache peut-être quelque chose d’anodin. Si le dialogue n’est pas ouvert, vous ne pouvez pas le deviner mais par contre, avec votre imagination fertile, vous êtes capables d’imaginer le pire.

Ne le faites pas.

C’est comme aller sur Doctissimo quand on a mal quelque part. On trouve tout de suite qu’on a un cancer.

 

J’ai déjà cité cet exemple dans un article précédent mais il me paraît important de le mentionner à nouveau. Sur Amazon, Harry Potter à l’école des sorciers, le roman de J.K. Rowling, compte 6% de commentaires 1 étoile (notation sur 5, 5 étant la meilleure note possible, 1 représentant la pire note possible) et 13% de commentaires de 1 à 3 étoiles. 13% ! Pour ce qui est, pour beaucoup de monde, un chef d’œuvre. On parle d’une saga qui a été vendue à plus de 450 millions d’exemplaires dans le monde ! Ça n’empêche pas certaines personnes de ne pas avoir apprécié. Cela ne fait pas de J.K. Rowling une mauvaise personne ou une mauvaise autrice. En revanche, c’est bien une preuve qu’on ne peut pas plaire à tout le monde. Et surtout, qu’on peut ne pas plaire à tout le monde et avoir pourtant un succès phénoménal.

Enfin, je voulais aussi vous rappeler que la critique peut aussi être positive, bien qu’en France on s’acharne à penser que critiquer = indiquer les aspects négatifs. Tous ces beaux commentaires 4 ou 5 étoiles que vous recevez, ce sont des critiques ! C’est un retour sur votre travail. Appréciez-les !

Et vous, que faites-vous face à la critique ? Comment réagissez-vous ?

Une réflexion sur “Comment faire face à la critique ? Quand on est écrivain, entrepreneur, musicien, adolescent, adulte, parent…

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