Pourquoi je ne crois pas aux résolutions du nouvel an

Pourquoi je ne crois pas aux résolutions du nouvel an

 

La nouvelle année a commencé et j’entends tout autour de moi scander le mot « résolution ». J’entends parler de sport, de régime, de se mettre à écrire tous les jours, d’arrêter de fumer, d’arrêter de boire… Et puis on me demande alors : Et toi, quelles sont tes bonnes résolutions pour la nouvelle année ?

Ah. Au risque d’en choquer plus d’un, je n’en ai pas.

Bon ça va, vous n’avez pas l’air trop choqués.

Le fait est que je ne crois pas aux résolutions du nouvel an. Je crois aux décisions et à leur application immédiate. Je crois aux résolutions d’une manière générale. En revanche, je ne crois pas à celles qui nécessitent d’attendre une date spécifique pour s’y mettre. Et certainement pas la nouvelle année.

Pourquoi ?

Déjà, posons ensemble la définition de « résolution ». Selon mon ami, larousse.fr, voici la définition qui colle le plus à notre contexte, assortie d’un exemple : Acte par lequel, après réflexion, on décide volontairement d’accomplir quelque chose : Prendre la résolution de ne plus boire.

Il n’est fait nulle part mention du fait qu’il faudrait spécifiquement attendre le nouvel an pour s’y mettre, notez-le. Alors pourquoi attendre le nouvel an pour s’y mettre ? J’imagine que c’est parce que c’est une date précise, importante et à laquelle beaucoup de personnes prennent des décisions de changement. On change d’année alors on se dit que c’est l’occasion de faire table rase, de prendre un nouveau départ. 2019 ne sera pas comme 2018. 2019 sera l’année du changement pour tel et tel sujet. Il y a l’effet de masse : toutes ces personnes autour de vous qui parlent de retourner à la salle de sport. D’ailleurs, est-ce que vous connaissez les pics de vente d’inscription en salle de sport au cours de l’année ? Je vous le donne en mille : janvier et septembre. Tiens, bizarre, deux débuts d’année, l’année civile et l’année scolaire. Les bonnes résolutions y seraient-elles pour quelque chose ? Quand on met les pieds dans une salle de sport en septembre, en octobre ou en janvier, il n’y a pas photo : les cours sont bondés, on peut à peine y mettre le pied, toutes les machines sont occupées, les casiers ont tous un cadenas dessus… De la même manière, avez-vous fréquenté un amphithéâtre à l’université au début de l’année scolaire ? Il y a des amphis qui sont tellement plein que les élèves s’assoient sur les marches. Bizarrement, en novembre, la salle s’est bien vidée… Alors pour les étudiants, je leur donne le bénéfice du doute : il faut bien tester pour savoir si le cours les intéresse et vaut la peine de leur temps, je suppose. Mais pour la salle de sport… hmmmm !

Le renouveau ne s’opère pas magiquement en changeant de date, à moins que cela coïncide avec un changement d’esprit de votre part. Oui, le premier jour et les suivants, on a l’impression que tout est possible. La nouvelle année a commencé, on va pouvoir mettre en place de nouvelles habitudes, on va devenir une nouvelle personne, une meilleure version de soi-même… et hop ! La routine nous rattrape. Non, les horaires de travail n’ont pas changé. Non, les transports ne se sont pas subitement vidés. Non, votre collègue n’a pas changé d’humeur. Oui, il fait toujours froid. Oui, c’est toujours l’hiver. Oui, vous êtes toujours fatigué. Non, vos enfants ne se sont pas subitement assagis.

Qu’est-ce que ça signifie ? Reprenons l’exemple de la salle de sport. Si vous n’aviez pas trouvé le temps d’aller à la salle jusque-là, vous n’allez pas magiquement le trouver parce qu’on a changé d’année. Cela nécessite d’autres arrangements et d’autres efforts de votre part. Pas juste un abonnement à la salle et la promesse d’y aller régulièrement. Oui, vous allez y aller. Peut-être deux semaines, peut-être trois semaines. Peut-être même plus longtemps. Je vous le souhaite. Puis arrivera cette fameuse fois où vous n’irez pas. La fois suivante vous hésiterez. Et hop, ce sera la fin. D’ailleurs, combien de bonnes résolutions de nouvel an avez-vous prises dans votre vie ? Et combien en avez-vous tenues ? Si vous me dites que vous les tenez toutes, chapeau bas ! Mon article n’est pas pour vous dans ce cas 😊. Je vous félicite ! Si vous ne les tenez pas ou rarement, il est temps de se demander pourquoi.

J’ai quelques pistes pour vous. Déjà, vous avez pris une résolution, si on revient à la définition, c’est que vous avez pris une décision volontairement. Je préfère le terme décision à celui de résolution. Vous avez sciemment décidé d’aller à la sport (histoire de garder le même exemple). Pourquoi l’avez-vous décidé ? Quelle est la motivation profonde qui vous a dit « ça y est, cette année, je vais à la salle de sport régulièrement » ? Est-ce que c’est la même que celle de l’année dernière ? Parce que vous trouvez que vous avez du poids à perdre ou que vous voulez vous muscler ? Que votre silhouette ne vous convient pas ? Très bien, c’est une bonne résolution. Si vous n’êtes pas à l’aise avec votre corps, c’est important de changer ça. Mais à quel point est-ce que c’est important pour vous ? Est-ce réellement une priorité ? Parce que si c’en était une, est-ce que vous n’auriez pas déjà trouvé le temps et l’énergie pour changer ça ?

Pour rappel, on ne peut pas tout faire dans une journée. Notre temps est limité et nous devons prioriser. Même si parfois nous avons envie de quelque chose, si nous n’en faisons pas notre priorité, il est normal que cette envie ne se réalise jamais. Il ne s’agit pas simplement de dire que c’est une priorité, il s’agit de le ressentir et d’agir en fonction. Si c’est vraiment votre priorité, c’est la chose que vous devriez faire en premier le matin, c’est la chose que vous devriez privilégier face à une autre quand le choix se posera. Vous devriez avoir une liste de priorités qui peut ressembler à ça :

  • Priorité 1 : Faire du sport
  • Priorité 2 : Dresser les chiens
  • Priorité 3 : Tricoter

J’ai volontairement mis des choses faciles à dissocier. J’ai volontairement omis d’inclure des éléments comme la famille ou le travail. L’idée est que vous compreniez simplement comment les priorités fonctionnent.

Cette liste de priorités signifie, à mes yeux, que la première chose que je devrais faire le matin, c’est pratiquer une activité physique (bon bien sûr, rien ne vous oblige à le faire tous les jours, 3 à 5 fois par semaine c’est déjà beaucoup pour information). Si je me trouve face au dilemme : faire du sport ou dresser les chiens, mon choix est simple : je fais du sport. Dresser les chiens vient après dans mes priorités, ce qui signifie que je lui accorderai du temps uniquement quand j’aurais pratiqué mon activité sportive. De la même manière, si je suis face au choix : dresser les chiens ou aller au cinéma, ma priorité est de dresser les chiens. Aller au cinéma ne fait partie de mes priorités. Soit je vais au cinéma et je sais que je prendrai le temps de dresser les chiens ensuite, soit je ne vais pas au cinéma et je dresse les chiens.

Ça paraît drastique, ça paraît rigide, c’est parce que mon exemple est caricatural. L’idée est qu’une fois qu’on a établi ses priorités et qu’on se sent en harmonie avec, c’est très facile de les suivre. Il faut simplement les nommer, les accepter pleinement et vivre en fonction d’elles. Mes priorités professionnelles ressemblent à ça :

  • Priorité 1 : Ecrire 25 pages par jour
  • Priorité 2 : Ecrire 1 article de blog par semaine + 1 interview auteur par semaine
  • Priorité 3 : Poster tous les jours sur les réseaux sociaux

Ces priorités signifient que quoiqu’il arrive, j’écrirai mes 25 pages par jour. Si je ne le fais pas, je ne touche ni à la priorité 2 ni à la priorité 3. Je ne m’occuperai de ces priorités que si j’ai réalisé la première. Cela signifie qu’il y a des jours où je ne poste rien sur les réseaux sociaux, tout simplement parce que mes priorités précédentes n’ont pas été accomplies et que celle-ci est la moins importante à mes yeux.

Une résolution ne peut pas fonctionner si elle n’est pas inscrite dans vos priorités et si vous n’y croyez pas avec sincérité. C’est formidable de se dire qu’on va aller à la salle de sport régulièrement. Mais alors il faut changer d’autres choses dans sa routine, il faut accepter que vous n’avez pas le temps de tout faire. Vous ne pouvez pas rajouter quelque chose impunément, il faut supprimer autre chose. Si vous passiez une soirée par semaine à aller boire des verres avec des collègues, c’est peut-être cette soirée qu’il faut supprimer pour pouvoir aller à la salle de sport à la place (parce que bon, tout le monde ne peut pas aller à la salle de sport le matin aux aurores). Si vous ne voulez pas supprimer la soirée avec les collègues, pas de problème, c’est que c’est plus prioritaire pour vous que d’aller à la salle de sport. C’est que le plaisir que vous tirez de cette soirée est plus important que celui de voir votre corps changer. Notamment parce qu’il est plus immédiat là où les résultats d’une salle de sport mettent plus de temps à apparaître. Mais il n’y a pas de mal à ça. Il n’y a pas de mal à reconnaître que vous préférez boire un verre que d’aller à la salle de sport. Chacun vit selon ses aspirations, ses envies et ses priorités. Nous n’avons pas tous les mêmes et c’est très bien. Mais cela signifie également que changer votre corps n’est pas si prioritaire que ça pour vous. Idem : acceptez-le, ce n’est pas grave (sauf si ça met en danger votre santé, bien sûr ! Mais pour le coup, si ça mettait en danger votre santé, il y a beaucoup de chance pour que vous alliez à la salle de sport parce que tout à coup ça deviendrait… une priorité, non ?)

Surfer sur la vague du renouveau de l’année, c’est bien, c’est super sympa. Mais je vous le redemande : pourquoi avez-vous attendu le nouvel an ? Ce n’est qu’un changement de jour. Une journée de plus, comme les 364 autres de l’année. Pourquoi ne pas appliquer votre décision au moment où vous la prenez plutôt que de vous fixer une date précise à laquelle vous pourriez commencer ? Les meilleures habitudes qu’on prend sont celles qu’on ne repousse pas, ce sont celles qu’on applique tout de suite, avec un plan précis de comment faire, avec la conscience aigue des conséquences que cela va avoir sur notre vie et des difficultés que l’on va rencontrer. D’ailleurs, je vous renvoie à cet article sur les objectifs qui est très lié : Pourquoi nous n’atteignons pas nos objectifs ? (et comment les atteindre !)

Ce qui nous amène à un autre sujet : si vous n’avez pas encore pris de résolutions du nouvel an, eh bien c’est toujours possible. C’est même possible de le faire toute l’année. Mais sortez le terme résolution de votre tête et remplacez-le par décision. Voilà, vous prenez des décisions toute l’année, c’est un terme qui fait moins peur que résolution, on dirait qu’il est moins lourd, plus gérable, plus acceptable.

Alors pour cette nouvelle année, s’il y a des choses que vous souhaitez changer, je vous souhaite de le décider.

À noter qu’il n’y a pas d’obligation de changer quoi que ce soit. Quand on est heureux et épanoui, il n’y a pas forcément à aller chercher plus loin ! Je rappelle également que cet article n’est que le fruit de mon opinion personnelle et de mon expérience des changements d’habitude, de routine, des résolutions (si vous tenez à ce terme) prises au cours de ma vie. J’ai testé la résolution du nouvel an et croyez-moi, j’ai lamentablement échoué. Puis j’ai testé de décider de changer de mode de vie, d’accepter que la décision que j’allais prendre allait avoir un réel impact, d’accepter qu’elle était en accord avec mes valeurs, avec la personne que j’étais et que non, ça n’allait pas forcément être facile mais que c’était ce que je voulais. J’en ai fait ma priorité. Et c’est comme ça, entre autres, que je me suis mise à méditer, à me lever tôt, à marcher tous les jours, à faire du yoga, à manger des fruits et des légumes frais mais surtout, le plus important pour moi : à écrire à chaque jour qui passe. C’est une priorité, une décision. Pas une résolution 😊.

Je vous embrasse tous et je vous souhaite une excellente année 2019. Pourvu que vos projets se réalisent. D’ailleurs, si vous voulez me parler de ces fameux projets, n’hésitez pas à m’écrire !