De Wattpad à la publication en ME : la success story de Birdy Li

Birdy Li a démarré sur Wattpad, la plateforme de lecture, avant d’être repérée par une maison d’édition. Elle nous raconte ses débuts, ses peurs, ses doutes et sa réussite. Pas de demi-mots ici, Birdy vous partage son expérience, sans langue de bois, sans enjolivement, parce que Birdy est comme ça : entière et vraie.

Jupiter : Depuis quand écris-tu ? 

Birdy : Depuis longtemps, je ne me souviens pas vraiment de l’âge auquel j’ai commencé, mais dès mon enfance j’ai aimé raconter des histoires et en écrire. Quand j’avais 5-6 ans, j’ai écrit une petite histoire sur un Lapin et ses amis (Gabin le Lapin), après j’ai créé des petits livres en papier avec mon frère, puis à l’adolescence j’ai commencé à écrire des chansons et des fanfictions. Donc pour vraiment répondre à la question, je dirais depuis toujours !

Jupiter : Es-tu publiée ? Si oui, peux-tu nous parler de tes romans ? Sur quelle plateforme sont-ils disponibles ? Es-tu publiée par une maison d’édition ? 

Birdy : J’ai plusieurs romans et nouvelles en tous genres disponibles sur Wattpad, qui est une plateforme qui a fait énormément pour moi, puisque c’est grâce à elle et aux lecteurs que j’ai trouvés dessus que j’ai pu être publiée. En effet, en 2017, mon roman Ascendant et sa suite Descendant ont été repérés par Nisha et caetera (Anciennement Kaya Editions) et sont maintenant disponibles à l’achat au format broché et numérique. Ces romans racontent l’histoire d’une étudiante Clermontoise, Calliope, qui vient de sortir d’une relation amoureuse très toxique. Elle est brisée et ne se reconnait plus vraiment. Elle cherche à se retrouver, à redevenir elle-même. On la voit donc évoluer et murir, entourée de ses amis et de sa famille, mais aussi d’un jeune homme qui va faire son entrée dans sa vie, malgré la distance que Calli essaye de mettre entre eux. Il est aussi important de savoir que le passetemps favori de Calli sont les Runs (des courses de voitures et motos illégales qui se passent en ville)

Au travers ces deux romans, j’ai voulu parler des relations toxiques qu’on romance trop à l’heure actuelle, mais aussi de la reconstruction physique et psychologique, de féminisme, du sexisme, de la dépression, du deuil, du handicap et de la jeunesse française. Enfin, plein de sujets que notre société voit comme « tabou ».

Jupiter : Est-ce que tu écris à temps plein ? Si non, comment trouves-tu le temps pour écrire ? 

Birdy : Plus ou moins, depuis octobre j’ai fini mes études et je m’accorde quelques mois sans travail, donc j’ai toutes mes journées pour écrire. Sauf que je suis la reine de la procrastination et que je suis chez mes parents, donc j’ai tendance à toujours trouver autre chose à faire : caresser mes chats par exemple, ou regarder les films de Noël. Ce qui fait que j’écris le soir. Mon moment favori, c’est vers minuit, sauf que du coup, ça décale tout mon cycle de sommeil, je me lève tard le lendemain, je n’aime pas ça parce que ça bouffe ma journée. Bref, écrire c’est compliqué, avoir un rythme c’est encore pire et je suis une auteure brouillonne.

Jupiter : Comment as-tu découvert la plateforme Wattpad ?

Birdy : Par une amie qui avait entendu parler de la « success story » d’Anna Todd.  À l’époque, j’écrivais sur la plateforme 20lines et elle n’était pas super pratique. Cette amie m’a donc dit d’essayer Wattpad, qui avait l’air plus ergonomique et qui semblait regrouper plus de personnes. Je me suis créé un premier compte sur mon téléphone avec mon vrai nom. Je l’ai vite supprimé parce que je n’aimais pas du tout, du tout, du tout Wattpad. Quelque temps après, je lui ai donné une nouvelle chance, j’ai créé un compte via le site web, ça m’a plus plu. J’ai créé Birdy Li et maintenant je ne regrette pas !

Jupiter : Quand as-tu publié sur Wattpad pour la première fois ?

Birdy : Le 12 Novembre 2014, c’était mon recueil d’Imagines (des petits OS dont le lecteur est le héros et dans lesquels il interagit avec sa célébrité favorite).

Ma première création 100% originale a été mise en ligne un mois plus tard, le 12 décembre 2014. C’était Sortiarius, une trilogie fantastique.

Jupiter : A quelle fréquence publiais-tu sur Wattpad ?

Birdy : Les Imagines étaient très très fréquentes. Il m’arrivait d’en publier deux à trois par jours. Sortiarius avait une publication quotidienne, Ascendant aussi au début, puis comme j’avais moins de temps pour écrire, j’ai pris une pause durant l’été, puis je publiais un chapitre par semaine.

Jupiter : Combien de temps t’a-t-il fallu pour publier l’intégralité de tes deux premiers romans sur Wattpad ?

Birdy : La publication d’Ascendant s’étale de Mai 2015 au 2 Janvier 2016. Descendant en revanche n’a jamais été publié en entier sur Wattpad, j’ai été contacté par mon éditrice avant d’avoir fini ce second tome.

Jupiter : Combien de temps y a-t-il eu entre la publication du premier chapitre de ton histoire et la mise en contact avec la maison d’éditions ?

Birdy : Un peu moins de deux ans et maintenant que je calcule je trouve que c’est énorme ! Mon éditrice m’a contacté le 2 mars 2017 à 10h39 très précisément.

Jupiter : Comment as-tu été contactée ? Par email ? Directement sur la plateforme Wattpad ?

Birdy : Les deux en réalité. J’ai d’abord reçu un message sur Wattpad et dans les minutes qui ont suivi, j’ai reçu le même message par mail. Je me souviens quand je l’ai vu, j’étais en cours. C’était l’époque où je cherchais un stage en édition et lorsque j’ai vu « Kaya Editions » s’afficher sur mon écran, j’ai cru que c’était une réponse pour ça. Je trouvais ça bizarre parce que ce nom ne me disait rien et je trouvais étrange de me contacter par Wattpad et par mail. Je n’ai lu les messages que plus tard. J’ai fait trainer les choses parce que je balisais. Une amie m’a dit que je n’avais rien à perdre à regarder ce que la maison d’édition me voulait et quand j’ai vu « nous voudrions vous proposer un contrat », j’ai clairement cru à une blague. Je ne connaissais pas cette ME, elle n’avait encore aucun livre de publié et ça ne me paraissait pas logique que quelqu’un s’intéresse à mes écrits. Du coup, mon nouveau réflexe a été d’appeler ma maman pour tout lui dire et lui demander de ce qu’il fallait que je fasse.

Jupiter : Une fois le côté « est-ce qu’on est en train de me faire une blague ? » passé, qu’est-ce que tu as ressenti ? Est-ce que tu t’y attendais ? Est-ce que tu l’espérais ?

Birdy : Je me souviens qu’après avoir raccroché avec mon éditrice, j’ai dit à ma maman « je vais refuser le contrat. Je ne veux pas que les gens payent pour me lire. » Elle m’a demandé si j’étais folle et m’a dit de bien réfléchir à mes choix. Elle m’a aussi rappelé que si je voulais vivre un jour de ma plume, il faudrait bien que les gens payent pour lire mes romans ! Après ce moment d’hésitation, je me suis tout de suite dit « il faut absolument que je le dise à mes lecteurs, c’est grâce à eux tout ça ! » et ma petite voix superstitieuse m’a répondu « n’en parle pas tant que rien n’est signé, ça peut toujours te filer entre les doigts ».

Et, est-ce que je l’espérais ou m’y attendais ? Sincèrement ? Non. Je suis quelqu’un de très rêveur. J’ai dix millions de versions de ma vie dans ma tête. Être publiée, c’est le rêve que j’avais et dont j’avais peur de parler parce que même s’il me faisait avancer, il me rendait triste aussi. C’était pour moi quelque chose que je n’aurais jamais pu réaliser et ça me faisait mal d’y penser. Pour être sincère, même maintenant j’ai encore du mal à réaliser que mes histoires sont disponibles en papier et que je gagne de l’argent dessus. Je suis auteure Wattpad avant d’être une auteure Nisha et caetera.

Jupiter : Le syndrome de l’imposteur je suppose ? Qu’est-ce qu’il se passe dans ta tête ? Tu te dis « ce n’est pas moi » ou « je ne le mérite pas » ? Et quand tu reçois des commentaires positifs sur ton livre, est-ce que ça t’aide ou bien est-ce que pareil tu n’y crois pas ?

Birdy : C’est ça oui… Déjà, à mes yeux, mon travail n’est jamais bon. J’aime plus ou moins la trame, mais je trouve que l’écriture n’est pas bonne. Parfois, je me dis même que je serais mieux si je pouvais donner mes idées aux autres. Donc, quand on me dit que mon travail est bien, je n’y crois pas, j’ai toujours l’impression qu’on attend quelque chose de moi, que c’est juste pour être gentil ou, oui en effet, que je ne le mérite pas. J’ai du mal avec la confiance autant en moi, qu’en les autres en réalité.

Jupiter : Est-ce qu’avec le temps ça va mieux ou bien est-ce que tu ressens toujours cette sensation au même degré ? Est-ce que tu as essayé de lutter contre ?

Birdy : C’est toujours pareil malgré le temps. Je dirais même que c’est de pire en pire, puisqu’en ce moment j’en viens à m’empêcher d’écrire en me disant que je ne suis pas assez douée, que ce que je fais ne sert à rien, que je ne méritais pas d’être éditée et qu’Ascendant et Descendant seront mes seuls romans que j’aurais l’occasion de voir en papier. Il y a des jours où je suis plus ou moins neutre vis-à-vis de moi-même, mais ils sont rares. C’est une lutte constante d’être comme ça. Quand j’écris, je me force à ne pas tout supprimer, j’essaye de voir ce qui peut me plaire plutôt que ce que je déteste : les sujets abordés et la psychologie des personnages, plutôt que la narration plate et le manque de cohérence dans certaines réactions, par exemple. Et puis, comme j’essaye au maximum d’être positive quand je parle d’écriture sur Twitter et Youtube et de booster la confiance des auteur-es, j’en profite pour me booster moi-même. Malheureusement, je suis plutôt du genre « faites ce que je dis, mais pas ce que je fais. »

Jupiter : Et pourtant, tu es arrivée au bout de deux ouvrages précédents. Comment as-tu fait tu crois malgré ton manque de confiance ? Qu’est-ce qui fait que finalement tu continues ?

Birdy : Sincèrement, je ne sais pas. J’ai besoin de l’écriture dans ma vie, autant pour vider toutes les idées que j’ai en tête que pour réussir à avancer. Ce que j’écris, c’est la seule chose que je peux contrôler, dont je suis maitresse. Je ne m’imagine pas sans l’écriture, sans les personnages que j’ai dans la tête, sans mes dizaines de carnets et mes centaines de Post-It et surtout, sans l’évasion que tout cela me procure. Je n’aime pas ce que je fais, mais je continue parce que j’en ai besoin. L’écriture me donne un but dans la vie et de la liberté. En gros, l’écriture m’est vitale, aussi dramatique que cela puisse paraitre.

Jupiter : Tes dizaines de carnets et tes centaines de Post-It ? Mince je crois que tu dois nous en dire plus sur la manière dont tu t’organises pour écrire ! Que mets-tu dans ces carnets et dans ces post-it ? Comment se passe une séance d’écriture pour toi ?

Birdy : Alors, j’ai un carnet dans lequel je fais la liste de mes projets et sinon, j’ai un petit carnet pour chacun de mes projets. Mes romans Ascendant et Descendant étaient dans le même carnet en cuir. Dedans, je notais toutes mes idées, autant de trames que de moments un peu « futiles ». Pour Semblable [note : son prochain roman], j’ai pour la première fois une façon de travailler un peu plus « construite ». J’ai un carnet principal dans lequel j’écris mes fiches personnages (Nom, date de naissance, caractère, TIC, description physique, lien avec les autres personnages etc) et les trames principales. Sur les Post-It, j’écris chacune de mes idées. Une idée par Post-It et comme ça, je peux les ranger dans l’ordre chronologique que je veux et le modifier au grès de mes envies. J’ai un tas pour le tome 1 et un autre pour le 2. J’ai aussi quelques Post-it pour des citations que je veux mettre. Enfin, malgré tous ces papiers, je me laisse quand même beaucoup porter par ce que j’écris. Le feeling a une énorme place dans ma façon d’écrire, car je ne sais pas vraiment suivre des plans. Mes personnages en font trop à leur tête pour cela. Toutefois, je n’écris jamais de la même façon. Chacun de mes projets a eu un fonctionnement différent.

Jupiter : Est-ce que tu publies toujours sur Wattpad ? Tes romans y sont-ils toujours disponibles ou les as-tu retirés du fait de la publication par la ME ?

Birdy : Je publie mon nouveau projet sur Wattpad. C’est un peu inconcevable pour moi d’abandonner cette plateforme qui m’a tant apporté. Le contact que j’ai avec mes lecteurs grâce à elle m’est précieux et j’ai vraiment besoin de connaitre leur avis sur mes textes, même si parfois, ils me font mal parce que je suis du genre méga sensible. Mes lecteurs Wattpad sont mes bêta-lecteurs en fait !

En ce qui concerne Ascendant et Descendant, ma maison d’édition m’a demandé de retirer une partie de mes chapitres, de ce fait, il n’y a que le début de chaque tome sur mon compte.

Jupiter : Est-ce que tu as déjà fait des séances de dédicace avec la ME ? Si oui, comment est-ce que ça s’est passé ?

Birdy : Ma première séance de dédicace a été à livre Paris en mars dernier. C’était une expérience de fou ! J’avais peur. Je pensais que personne ne viendrait. Je ne savais pas ce que j’allais écrire sur les dédicaces. Je craignais de faire des fautes dans les prénoms. La foule me fait des crises d’angoisse, donc j’avais peur d’être complétement à l’ouest pendant ma dédicace. Mais au final, j’ai adoré ! C’est tellement enrichissant de pouvoir discuter avec les lecteurs, de voir que nos textes ont été appréciés, de voir que des nouvelles personnes peuvent être intéressées par ce qu’on écrit etc. J’ai fait de superbes rencontres à cette dédicace et j’adorerais pouvoir recommencer. Récemment, j’ai fait une dédicace en librairie et c’était tout aussi fou. Vraiment, si je pouvais rencontrer des lecteurs tous les jours, échanger avec eux sur tout et rien, je le ferais ! J’adore ça, je me sens utile.

Jupiter : Tu as fait beaucoup de séances de dédicace depuis cette grande première à Livre Paris ?

Birdy : À mon grand désespoir, non… Comme je l’ai dit, j’en ai réalisé une cet été et j’en ai une seconde en librairie le 22 décembre. J’aimerais pouvoir contacter des libraires ou des centres culturels pour venir à la rencontre des lecteurs, mais j’ai beaucoup de mal à interagir et à me vendre. Je ne sais pas comment aborder le sujet et je ne sais pas dans quelle ville aller. Donc, si jamais des libraires lisent cette interview : faites-moi venir chez vous, s’il vous plait !

Si des lecteurs veulent me voir : allez parler de moi à vos libraires, s’il vous plait ! Je veux vous rencontrer !

Jupiter : Ce n’est pas ta maison d’édition qui prend ça en charge ? Tu peux en organiser toi-même de ton côté ?

Birdy : Ma maison d’édition prend en charge l’organisation des dédicaces même, mais il est plus simple que pour caler les dates qu’on me contacte directement. Cela évite que l’on passe par des intermédiaires et que cela complique l’échange. Après, les libraires contactent qui ils veulent, ma ME ou moi. Il est possible que des ME contactent des lieux culturels pour organisés des dédicaces, mais la mienne ne le fait pas pour diverses raisons.

Jupiter : J’ai vu que tu avais une chaîne Youtube, est-ce que tu peux me parler de ce projet ? De quoi parle ta chaîne, que souhaites-tu accomplir avec ? 

Birdy : Alors j’ai commencé ma chaîne avec la seule ambition de partager ma passion de l’écriture sous un nouveau format. À l’heure actuelle, sur Youtube, il y a énormément de formes d’art représentées, mais l’écriture est très peu présente. C’est difficile de trouver des réponses à nos questions. Personnellement, quand j’ai voulu me lancer à 200% dans l’écriture, j’étais perdue et j’avais du mal à trouver de quoi m’aider sur internet. (Les choses sont en train de changer, beaucoup d’auteurs parlent de leur expérience sur des blogs, il y a de plus en plus de chaînes et ça, c’est super) Du coup, avec ma chaîne, je voulais parler à cœur ouvert de ce que je ressentais quand j’écrivais, aider les personnes qui auraient pu se sentir perdues vis-à-vis de cette passion, rassurer les gens qui avaient du mal à écrire, donner des conseils et aiguiller, etc. Bref, j’aimerais créer un espace agréable où interagir sur l’écriture, où on apprend de chacun, où on s’aide et où on est tous copains et heureux de se retrouver. Pour l’instant, je ne suis pas sûre de réussir, mais je ne baisse pas les bras.

Jupiter :  Quand as-tu commencé ta chaîne Youtube ?

Birdy : Juste avant le salon du livre, le 7 mars 2018. Je voulais qu’elle soit lancée avant le SDL pour pouvoir faire une vidéo sur mon expérience là-bas. Le 21 mars, j’ai publié une sorte de Vlog de ce que j’ai vécu et je parle de tout ce que j’ai pu ressentir.

Jupiter : Est-ce que tu as un objectif précis avec cette chaîne ? Est-ce que tu aimerais la monétiser ?

Birdy : La monétiser : Non, ce n’est pas mon objectif premier et pour l’instant la question ne se pose pas du tout. Je ne fais pas mes vidéos pour gagner de l’argent, mais pour partager ma passion et aider les auteurs un peu perdus. Au travers mes vidéos, je cherche à être positive, à partager mes expériences, à créer un espace chaleureux où chacun se sent libre de parler et d’exposer son point de vue et ses peurs, un endroit où on apprend les uns des autres, où on se soutient… J’aimerai que ma chaine soit un peu le monde des bisounours et un petit refuge pour les auteurs, confirmés ou non, incompris ou non, inspirés ou non. Enfin, je ne fais qu’essayer, je ne suis pas vraiment sûre que ça marche !

Jupiter : Tu te donnes du temps pour écrire à temps plein à l’heure actuelle, quel est ton objectif ? Est-ce que tu t’es fixée un but à atteindre avant potentiellement de chercher du travail ? Est-ce que tu aimerais vivre de ton écriture ?

Birdy : Vivre de mon écriture, ça serait vraiment une chose que j’adorerais. Comme je l’ai dit, les dédicaces, j’adore ça. Parler de l’écriture, j’adore ça. Écrire, j’adore ça. Alors imaginer ne serait-ce qu’un instant que je pourrais faire ça chaque jour, ça me rend heureuse. Seulement je sais qu’à l’heure actuelle, c’est très difficile, voire impossible de vivre de sa plume. Je ne vais pas vous mentir, ce n’est pas avec l’argent que je touche actuellement que je pourrais vivre xD.

Quoiqu’il arrive, je cherche un travail au début de l’année prochaine. Mon objectif d’ici là, c’est d’avoir fini d’écrire mon roman Semblable, au moins le tome 1, au mieux le tome 2 et de pouvoir le proposer à ma maison d’édition.

Jupiter : Est-ce que ta maison d’édition est dans l’attente de ce prochain roman ? Vous en avez déjà discuté ? Comment ça se passe, en fait, une fois que tu as un pied dans une maison d’édition et que tu continues d’écrire ? Tu es engagée uniquement sur les titres choisis par la maison d’édition je suppose ? Et tu leur présentes tout ce que tu écris ?

Birdy : Ma maison d’édition ne connait pas encore ce projet, je lui en parlerai et lui enverrai lorsque je l’aurai fini. Pour le moment, je travaille de mon côté, sans autre pression que celle que je m’impose et qui est bien suffisante.

Mon contrat stipule une clause de préférence sur mes 3 prochains romans, ce qui signifie que si je souhaite publiée, je suis dans l’obligation de proposer mon manuscrit à Nisha avant de le proposer à qui que ce soit d’autre. Et cela, j’ai le droit de le faire seulement si Nisha refuse de me publier. Après, si je ne souhaite pas être publiée, je pourrai continuer à écrire sans en informer ma ME.

Jupiter : Si tu devais choisir trois particularités qui te concernent (que ce soit lié à ton passé, à tes habitudes d’écrivain, à ton caractère…), lesquelles choisirais-tu ?

Birdy : Passionnée. Procrastination. Partage.

J’ai cherché à tout faire en P pour faire un effet de style, mais en écrivant cette phrase je me suis rendu compte que « dyslexie » aurait pu être une bonne réponse aussi !

Jupiter : Tu es dyslexique ? C’est un sacré challenge de devenir écrivain en étant dyslexique ! Qu’est-ce que tu as mis en place pour que ça ne te gêne pas (trop) dans ton écriture ? (si tu veux bien nous en parler évidemment)

Birdy : Je n’ai aucun souci à parler de ma dyslexique, au contraire. Je sais que beaucoup d’auteur-e voit cela ou les problèmes d’orthographes comment un énorme frein pour écrire, je n’aime pas du tout cette idée. On peut avoir une très bonne imagination, être très originale et avoir une très jolie plume, mais très mal écrire. Selon moi, le fond est bien plus important pour un-e auteur-e que la forme. Elle, on peut toujours avoir des solutions pour l’arranger : se relire, avoir un ami ou des bêta-lecteurs qui nous corrigent. Personnellement, j’avais une amie qui me corrigeait, maintenant j’ai mes lecteurs Wattpad et on peut aussi dire que j’ai fait d’énormes progrès au niveau de mon orthographe grâce à l’écriture. À force de faire toujours les mêmes erreurs, j’ai appris à ne plus les faire. Pour la dyslexie, j’essaye au max de me concentrer, mais c’est dur, surtout quand je suis fatiguée.

Jupiter : Félicitations ! Est-ce que tu pensais, plus jeune, que ce serait un frein pour toi ? Est-ce que tu imaginais ça comme un obstacle à ton envie d’être écrivain ?

Birdy : Oh oui, bien sûr ! Toute cette réflexion que j’ai maintenant en disant que ce n’est pas un obstacle pour les auteur-es, je ne l’ai acquise que récemment, grâce à ma publication et aux correctrices, bien sûr, mais surtout grâce à mon aventure sur 20lines et Wattpad. Le premier roman que j’ai publié, Sortiarius, est immonde au niveau de l’orthographe : je l’écrivais tard le soir, pendant mes crises d’angoisse et je publiais dans la foulée sans relire. Forcément, il n’y avait rien qui allait avec mes mots : « faire » devenait « vers » ; « sang » était souvent écrit « sens » ou « sans » ; « rauque » était écrit « roque » etc. Je pensais me faire lyncher. J’avais peur. Pourtant, il a eu un succès assez surprenant. Les gens me corrigeaient mes fautes, mais la plupart me complimentaient sur les aventures de mon personnage. C’est là que je me suis dit « En fait, peu importe comment j’écris, c’est ce que je projette dans la tête des gens qui est important, pas comment je le fais. » Évidemment, un texte propre est plus agréable à lire, mais, pour moi, ce n’est pas l’élément principal pour avoir un bon texte.

Jupiter : Alors quel est l’élément principal pour avoir un bon texte ?

Birdy : L’imagination, l’originalité et la passion. La passion se ressent toujours dans les textes. Souvent, elle change tout !

Jupiter : Quel(s) conseil(s) aimerais-tu donner aux auteurs qui débutent ?

Birdy : Écrivez pour vous ! Ne vous arrêtez pas, ne réfléchissez pas, ressentez ! Ne supprimez pas ! Croyez en vous ! Ne vous dites jamais que vous n’êtes pas fait pour ça ou que vous devriez abandonner !

 

Merci à Birdy pour ce partage d’expérience. Vous pouvez la suivre sur les réseaux :

Instagram : @birdyli_

Twitter : @BirdyLi

Youtube : Birdy Li

Pour retrouver ses romans, cliquez ici.