La vie est (vraiment) courte

Je l’évoquais rapidement dans mon article de la semaine dernière sur la question de l’engagement, la vie est courte. Vraiment courte. On n’en a qu’une seule (sauf si vous croyez en la réincarnation), la mort va pointer le bout de son nez un jour ou l’autre parce qu’aux dernières nouvelles, la fontaine de jouvence n’existe pas et on n’a pas découvert le sérum qui permet de conférer l’immortalité. Peut-être que vous pourrez vous transformer en vampires, mais là aussi je fais avec les informations que j’ai : il n’y a pas de vampires sur notre planète (oooooooooooh je vous vois tous tristes à l’idée de ne jamais rencontrer Edward mais quand même, vous vous rendez bien compte qu’il est pâle, chétif et qu’il brille au soleil ?).

Nous avançons donc tous, chaque jour, vers une mort inéluctable.

Et là vous vous dites : formidable on va déprimer pendant tout l’article. Que nenni ! Je suis là pour vous parler de la vie. Mais c’est difficile d’en parler sans rappeler qu’elle est liée à la mort. Parce que franchement, si on était immortels, on ne serait sûrement pas sujets au stress, on avancerait peut-être plus doucement en se disant « à quoi bon, j’ai l’éternité pour le faire ».

Nous avons tous un temps donné, c’est ce qui fait que la vie est précieuse, que le temps est compté et qu’on devrait en profiter un maximum. Ce serait dommage de se retrouver sur son lit de mort et d’éprouver des regrets, non ? Ce serait dommage d’expirer son dernier souffle et de se dire « mais pourquoi j’ai pas fait tout ça ? ». Parce que la vérité, c’est qu’on regrette plus souvent de ne pas avoir fait quelque chose que de l’avoir fait. Alors, ne vous y trompez pas, on regrette aussi parfois d’avoir fait des choses. Mais le plus souvent, c’est « pourquoi je ne suis pas allé lui parler ? », « pourquoi je n’ai pas dit oui ? », « pourquoi je n’ai pas saisi cette opportunité ? ».

Pourquoi alors ? Il y a probablement mille raisons, des excuses formidables et vous vous les répétez inlassablement. Peut-être que ça ne se fait pas, peut-être que vous avez peur de ce qui se passera si vous le faites, peut-être que vous avez peur du regard des autres, peur d’échouer, peur de réussir, peur de vous tromper, peur que ce ne soit pas ce que vous vouliez faire en premier lieu. Génial, mais si vous ne le faites pas, vous ne saurez jamais si ça en valait la peine, non ? Vous vous poserez la question toute votre vie. 

La vie est trop courte.

La vie consiste à passer le temps, de notre naissance à notre mort. Vous y voyez peut-être autre chose, il n’y a aucun problème à ça, je vous donne simplement ma vision personnelle. On est arrivé sur cette planète, on n’a pas spécialement de but, de sens à donner à la vie, à part celui qu’on veut bien lui donner nous-mêmes. Et on va doucement mais sûrement vers la mort. Tout ce que nous avons à faire c’est choisir la manière dont nous voulons passer notre temps sur cette planète. Temps qui est compté.

Alors pourquoi est-ce que vous choisiriez de le passer à vous ennuyer dans un job qui ne vous plaît pas ? A être stressé dans un job qui vous en demande trop ? A regarder de loin cette chose que vous avez toujours eu envie de faire sans jamais oser ? Pourquoi est-ce que vous faites de votre mieux pour vous conformer au mode de vie qu’on vous a enseigné : métro-boulot-dodo ou encore études-CDI-retraite ? Si c’est un mode de vie qui vous plaît et vous rend heureux, c’est parfait ! Mais si ce n’est pas le cas… pourquoi rester cloîtré dedans ? Qu’est-ce qui vraiment vous empêche de changer ça ? 

Vous. Il n’y a que vous. Vous êtes votre propre obstacle. Vous écoutez les mœurs de la société, vous entendez ce qu’on vous répète depuis l’enfance, vous avez été conditionné d’une certaine manière, à croire que ce que vous voulez vraiment faire n’est pas possible. Ou vous vous êtes convaincus au fil du temps, vous vous êtes laissés prendre par le quotidien de la vie et vous n’arrivez plus à en sortir.

A nouveau, ce n’est pas le système que je critique, si vous êtes heureux de faire métro-boulot-dodo, je suis heureuse pour vous. Je critique le fait de s’enfermer dans quelque chose qui ne nous épanouit pas forcément et il faut avouer que le métro-boulot-dodo est facile à pointer du doigt :).

Alors prenons l’exemple de la publication d’un roman. Quand j’avais douze ans, on m’a dit qu’on ne pouvait pas vivre de l’écriture, quand j’en ai eu quatorze, on m’a dit qu’écrivain ce n’était pas un métier, quand j’en ai eu seize, on me corrigeait quand je disais que je voulais devenir écrivain et on disait « elle veut être journaliste » parce que même si ça sonnait précaire, ça sonnait moins précaire qu’écrivain et c’était plus accessible, plus conforme au slogan études-CDI-retraite. Plus conforme à ce que les autres imaginent de la vie, à ce qu’ils en attendent et à ce qui les rassurent.

Ces gens-là ne me voulaient aucun mal. Ils m’aimaient profondément, ils voulaient le meilleur pour moi. C’est juste leur image du « meilleur » qui n’était pas conforme à celle que j’imaginais. Ils voulaient la sécurité financière, ils voulaient que j’aie un avenir professionnel, un contrat dans une entreprise, une retraite, un toit sur la tête. Et rien de tout ça ne collait avec le métier d’écrivain.

J’ai commencé à moins écrire, ça revenait par vagues, par périodes. Mon engagement envers l’écriture avait baissé. Puis à vingt-sept ans, j’ai réalisé que la vie était trop courte pour que je la passe à faire un job certes intéressant mais dans lequel je ne m’épanouissais pas complètement (et pourtant j’étais chef de ma propre entreprise à l’époque). Je ne pouvais plus continuer à passer huit heures par jour à ne pas faire exactement ce que je voulais. Alors entendez bien : j’appréciais mon job, j’appréciais les gens autour de mon job, et j’étais loin d’être malheureuse.

Mais il y avait un petit truc qui ne tournait pas rond. Ça tournait dans ma tête. J’en culpabilisais à me dire « mais regarde la chance que tu as, pourquoi est-ce que tu voudrais autre chose ? ». Eh bien tout simplement parce que ce que je faisais ne me correspondait pas, ce n’était pas mon envie profonde. Et oui, c’est un sentiment égoïste. Mais devinez quoi ? C’est ma vie et j’ai le droit de choisir comment je veux passer le temps que j’ai sur cette planète (et sur les autres planètes aussi si jamais un jour l’humanité change de planète).

Je n’étais pas épanouie. Je continuais de rêver de ce que j’avais toujours voulu faire : écrire. Transmettre des émotions aux gens à travers mes romans. Gagner ma vie avec l’écriture.

On m’a alors dit « mais tu feras ça à la retraite ». Quoi ? J’avais vingt-sept ans, la retraite c’était dans un sacré paquet d’années. Pourquoi est-ce que je devais attendre jusqu’à l’âge de la retraite pour commencer à vivre le premier jour de ma vie ? De celle dont j’avais envie en tous cas ?

Alors j’ai décidé de ne pas attendre. Parce que la vie est trop courte. Trop courte pour la passer à attendre le bon moment, trop courte pour se dire qu’on peut reporter à plus tard ce projet, trop courte pour se dire qu’on tient encore trois ans dans ce job et qu’après on verra. Je n’avais plus envie de la passer à me contenter de ce que j’avais. J’avais envie de la vivre selon mes envies.

J’ai cheminé et je suis arrivée à fin juin 2018, âgée de vingt-neuf ans et je suis devenue écrivain à temps plein. J’avais décidé que si j’arrivais à gagner 1 500 euros net par mois avec mes livres, ça me suffisait pour vivre et le simple fait de faire ce que j’aimais, me rendrait heureuse.

J’ai la chance de gagner bien plus de 1 500 euros par mois, grâce à vous, grâce à tous les lecteurs, grâce au système KDP, grâce à Amazon, grâce aux blogueuses et blogueurs, grâce à mes amis. C’est une chance incroyable et la liste des gens à remercier pour ce rêve devenu réalité ne fait que s’agrandir jour après jour.

J’ai la chance d’être heureuse et épanouie et c’était ça le plus important pour moi. Le fait de faire enfin ce que j’aime, ce que j’ai toujours voulu faire m’a apporté sérénité, confiance en moi et une dose inexplicable de calme. J’ai l’impression d’être devenue un bateau qui peut naviguer en eaux calmes comme en eaux troubles sans jamais chavirer, parce qu’il a trouvé son équilibre.

Parce que la vie est trop courte, nous ne méritons pas de la passer à nous conformer à ce que les autres attendent de nous, à ce que la société attend de nous, ce que nos proches espèrent pour nous. Qu’est-ce que vous voulez pour vous ? Qu’est-ce que vous avez toujours eu envie de faire ? Notez-le, tout de suite. Trouvez les étapes qui vous permettront d’y parvenir. Ça ne se fait pas du jour au lendemain, je vous l’accorde. Il y a plein de paramètres à prendre en compte mais je suis à peu près certaine que vous pouvez naviguer autour et trouver une solution pour vous en sortir et avancer vers votre but.

La seule chose qu’on peut faire, c’est choisir comment nous voulons passer notre temps en attendant le dernier jour de notre vie. Peut-être que demain, je n’aurai plus envie d’écrire parce qu’une autre envie profonde et puissante aura remplacée celle-ci (bon j’ai des doutes quand même à ce sujet *rires* ça fait quand même presque 20 ans que c’est ce que je veux faire de ma vie). Ce n’est pas grave, je changerai de métier, j’irai naviguer dans d’autres eaux.

Ce serait quand même dommage de passer notre temps sur cette planète en étant malheureux et en n’étant jamais épanoui, non ? 

PS : il n’y a pas que l’écriture que j’avais mise de côté, j’avais toujours voulu avoir un chien mais on m’avait tellement répété qu’il ne fallait pas (« et comment tu pars en vacances ? et puis c’est du boulot et puis il faut le sortir et puis… »), que j’avais mis ça de côté. J’ai pris un chien. Et oui c’est du boulot *rires*, mais maintenant j’en ai trois et je suis très heureuse de les avoir, ils sont une source constante de bonheur. Juste pour vous dire que « la vie est trop courte » s’applique à tous les domaines.