Qui suis-je ? (réponse : une névrosée des recherches internet)

Je me suis dit qu’il était temps d’apprendre à mieux se connaître aujourd’hui. Parmi les emails que je reçois, j’ai beaucoup de questions sur mon caractère, qu’est-ce qui fait que j’ai décidé de tout quitter pour me lancer, comment j’ai fait… Et vous êtes nombreux à vouloir savoir quelles sont mes particularités, peut-être parce que vous pensez qu’il faut en avoir pour s’en sortir ? Moi, je crois que n’importe qui peut tirer son épingle du jeu, il faut juste le vouloir, alors justement, pour ma première particularité, je vous parle de ma volonté.

 

1 – J’ai une volonté (d’acier, qui me met parfois dans des situations catastrophiques)

Je suis armée d’une volonté à toute épreuve. Voilà, c’est dit. Ce n’est pas de la frime, je ne l’ai pas toujours eue, je l’ai entraînée au fil des années et je continue de le faire chaque jour. Je pense que les exercices d’endurance sont excellents pour la volonté. Du temps où je pratiquais Freeletics (une application de sport), j’ai commencé à courir, d’abord 10 km, puis 15 km, puis 21 km (semi-marathon). C’est quelque chose qui entraîne la volonté parce que devinez quoi ? Le corps n’est pas fait pour courir sur de telles distances, il n’en a pas envie. C’est mon cerveau qui lui commande de continuer. Typiquement, après 15 km j’avais déjà les cuisses en feu. Et pourtant, je continuais.

Puis j’ai couru un marathon et enfin je me suis attaquée à mon défi : courir 56 km, en solo. Débile comme je suis (ce sera un autre point *rires*), je suis partie sans eau (oui, vraiment débile vous voyez le genre), bille en tête, un lundi à 13h après avoir dit à mon associé (j’étais chef d’entreprise à l’époque) « je prends mon après-midi, j’ai un truc à faire ». Un truc, hein ? J’ai heureusement trouvé de l’eau au Trocadero, après déjà 2h30 de course, j’ai mis plus de 6h à achever mon parcours, j’étais arrivée à un stade où de toute façon tout ce que mon cerveau disait c’était « mets un pied devant l’autre », mon corps répondait « non » et mon cerveau, sur un ton ferme et tranchant balançait « si, fais-le ou je te rappellerai toute ta vie que tu n’es pas allée au bout et tu te sentiras obligée de recommencer jusqu’à y arriver, autant le faire dès le premier coup ». Voilà, voilà, voilà.

J’ai aussi appris ce qu’étaient des burpees, mon exercice détesté. Un burpee, c’est ça : burpeeeeee. C’est très cardio et physique, c’était un peu mon ennemi juré au début parce que le coach Freeletics m’en a filé à gogo alors que je n’en avais jamais fait de ma vie. Puis j’ai commencé à aimer ça (erreur) alors j’ai commencé à les faire par 100, puis par 200. Puis un jour je me suis dit « tiens si je faisais 500 burpees ? », j’ai décidé d’en faire 1 000 la fois suivante et un jour de folie, après avoir aidé un ami à déménager, je me dis « heeeeyyyy si je faisais 2 000 burpees, quelle brillante idée ! ». Mon cerveau a trouvé l’idée brillante en tous cas, mon corps un peu moins. Je suis donc partie sur un stade, j’ai fait 2 000 burpees en un peu plus de 3h avec des amis pour m’encourager, mes genoux étaient plein de bleus, mes bras tremblaient quand je me relevais de la position de pompe, mes cuisses ne voulaient plus tenir mes hanches, mon souffle était rauque.

Je m’en foutais, je l’avais fait.

Des témoignages sportifs de ce que la volonté peut accomplir, j’en ai plein. Je ne suis pas la seule, il y en des centaines de milliers d’autres qui repoussent ce que le corps peut faire grâce à leur mental. Aujourd’hui, je ne pratique plus Freeletics, je fais plutôt de la marche (40 km dans la journée ça vous dit ? Oui je suis toujours extrême *rires*) et du yoga, et je recherche l’équilibre entre le corps et l’esprit plutôt que de laisser mon cerveau tout dominer. Néanmoins, la volonté est toujours là. C’est elle entre autres qui me dit d’écrire même quand je doute, c’est elle qui me fait surmonter les critiques, c’est elle qui me permet d’affronter les situations difficiles.

 

2 – Je suis tarée

Alors, hum, tu vas me dire « mais non t’es pas tarée ». Je tiens à noter que nous étions douze dans ma tête, maintenant nous ne sommes plus que onze parce que numéro 12 a osé proférer une phrase du type « le chocolat chaud c’est pas super bon pour la santé », numéro 9 l’a attaché à une chaise, numéro 5 a brandi sa hache, bref, numéro 12 n’est plus vraiment de ce monde. Et non, je ne sais pas ce que tu vas t’imaginer, numéro 5 n’a pas tué numéro 12, il a juste ouvert le tonneau de chocolat chaud qui se trouvait au-dessus de sa tête, numéro 12 a avalé goulûment pour ne pas se noyer et finalement il est mort de trop-plein de chocolat chaud.

Comme quoi, il avait peut-être raison sur les conséquences d’une surconsommation de chocolat chaud. Mais bon, c’est pas comme si j’allais l’écouter à ce sujet, hein ?

Si avec ça je n’ai pas réussi à te convaincre de ma folie, je ne sais pas quoi te dire de plus. Mes 56 km et mes 2 000 burpees ça ne t’a pas convaincu non plus ?

Plus sérieusement, je suis d’un naturel un peu fou, dans le sens que les seules limites que je me fixe, c’est le respect d’autrui. Je suis naturelle la plupart du temps, si j’ai envie de danser dans la rue, je danse dans la rue, si j’ai envie d’aider quelqu’un, je l’aide, si j’ai envie de chantonner, je chantonne. Je suis très enthousiaste et positive, je suis curieuse et je peux faire peur à plein de monde rien qu’avec ça. D’ailleurs, j’ai fait peur à plusieurs lecteurs et auteurs qui m’ont écrit par email et sont repartis en courant. Peut-être que je n’aurais pas dû leur dire qu’on était onze dans ma tête… Bon, c’est fait c’est fait hein ? *rires*

Or, comme je n’ai pas de limites, je ne me sens pas bridée par les mœurs de la société, je fais beaucoup de choses que certains qualifient de fou. En fait, ce n’est pas vraiment fou, c’est juste en décalage avec la société d’aujourd’hui. Donc quitter mon CDI pour devenir écrivain à temps plein, ça me paraît presque normal 😊.

Attention, je n’ai pas toujours été comme ça non plus. Je le suis devenue. La folie, c’est un truc qui te gagne petit à petit (à force de côtoyer l’humanité peut-être ?).

 

3 – J’ai une addiction au chocolat chaud

Hmmm bon ça, vu comment je le martèle, je pense que tu le sais, non ?

Quoiiiiiiiiiiiiii ? Tu ignores que j’ai une addiction au chocolat chaud ?

Alors remettons les choses au clair : le chocolat chaud, c’est une boisson divine, créée par les dieux eux-mêmes. C’est genre le Graal, le Calice, le Nectar Divin. Tu vois, au commencement des temps, il y avait les dieux, ils s’ennuyaient, ils en avaient marre de boire du vin et ils ont créé le chocolat chaud. La boisson était TELLEMENT bonne, qu’ils ont commencé à s’entretuer pour savoir qui allait continuer de posséder les réserves de chocolat chaud. Finalement c’est la déesse de l’imagination qui a emporté toutes les réserves et depuis, on raconte que le chocolat chaud aurait des vertus prodigieuses sur les capacités imaginaires. Résultat, quand tu en bois, ça fait des chocapics. Euh non c’est pas ça… Quand tu en bois, ton cerveau voit des milliers de mondes apparaître, des scènes qui se déroulent sur d’autres planètes, de la magie…

Et c’est comme ça qu’on fait des livres. On boit du chocolat chaud, on entre en transe et on retranscrit ce qu’on voit.

Ça sonne comme une drogue tout à coup…

Oui bah j’avais prévenu que c’était une addiction !!

 

4 – Je suis une grande débile névrosée des recherches internet

On en a parlé un peu plus haut : je suis une grande débile. Ce qui sous-entend que je suis têtue, en fait. Et curieuse. Mélange tout ça et tu obtiens une névrose des recherches internet (si, si c’est logique, au moins dans ma tête !). Alors, je vais répondre à ta question que je sens venir : qu’est-ce qu’une névrose des recherches internet ? Je suis contente que tu demandes, tiens.

La névrose des recherches internet consiste à être d’une curiosité maladive, à t’intéresser à tout sujet qui pourrait paraître tout à fait inintéressant à une personne classique (comme le nombre de poils qu’il y a sur un ours polaire), à te laisser porter par ce sujet, à taper ta recherche sur ton clavier internet, à zieuter les résultats google, à cliquer sur une page et là…

Et là, tu tombes dans la névrose.

Pourquoi ?

Parce que tu cherchais le nombre de poils qu’il y avait sur un ours polaire, tu te retrouves à comprendre qu’il y a différents types d’ours, tu t’intéresses à ce qui les différencie, puis tu apprends que leurs couleurs eh ben C’EST PAS POUR RIEN, y a une explication à ça, tu découvres qu’en fait sous les poils blancs de l’ours polaire, la PEAU EST NOIRE (non sérieux je vous jure). Pourquoi ? Parce que le noir absorbe toutes les longueurs d’onde de la lumière (tu sais quand tu as plus chaud parce que tu as mis un t-shirt noir ? c’est ça) et que comme il peut faire -30 degrés au pôle, tout est bon pour retenir la chaleur du soleil. Mais du coup, tu files regarder les longueurs d’onde de la lumière, et puis sur quel pôle ça vit un ours ? Et AH BON il fait QUE -30 degrés au pôle ? Parce qu’au Canada, les températures peuvent attendre -40 degrés en hiver alors pourquoi au pôle il ferait plus chaud ? Et avec le réchauffement climatique et le fait que la banquise soit en danger et tout ça, est-ce que les ours polaires vont disparaître ? Est-ce que c’est une espèce en voie de disparition ? Est-ce qu’ils sont chassés ? Et la chasse des ours polaires, c’est autorisé ou est-ce que c’est du braconnage ? Est-ce qu’on appelle ça du braconnage si c’est sur des terres froides parce que mon cerveau il associe forcément ça aux pays chauds, aux éléphants et tout le tralala ?

Et de fil en aiguille, va savoir comment, tu te retrouves à lire l’histoire complète de Cléopâtre.

Si, si, je te promets.

D’où la névrose hein. J’ai quand même fini par calculer combien il y avait de poils en moyenne sur un ours polaire (7 750 000 000 poils, j’ai dû le calculer parce que l’info n’existait pas brute sur internet, d’ailleurs si tu veux tout savoir c’est le deuxième animal qui a la plus grosse densité de poils au monde, juste derrière la loutre de mer, qui figure elle dans le Guinness des records des animaux, bon bah du coup je sais pas mal de trucs sur la loutre de mer au passage, la névrose ne s’arrêtant jamais).

Voilà, tu sais pourquoi je suis une grande débile maintenant. Je peux être aspirée dans le vortex de la névrose de la recherche internet pendant des heures. Pour le tome 2 des aventures d’Akalie, j’ai fait des recherches sur le cimetière d’Arlington à Washington, puisqu’une scène se déroule là-bas. J’ai perdu trois heures de ma vie dans cette histoire, en commençant par chercher sur le cimetière et en finissant sur la mort de Kennedy. Et si, c’était logique. *rires*

 

5 – Je suis très organisée et j’ai une sacrée discipline (et c’est flippant, comme beaucoup de choses à mon sujet *rires*)

Alors non je n’ai pas d’agenda dans lequel je note heure par heure ce que je fais de mes journées, j’ai un simple tableau blanc veleda, sur lequel je note des tâches et des objectifs. Mais je suis très disciplinée. J’ai une routine matinale que je suis, qu’il vente, qu’il neige, qu’il grêle, que ce soit l’apocalypse. Je ne perds jamais de vue mes objectifs et ma priorité de la journée, qui est généralement d’écrire un certain nombre de mots. Si je n’ai pas écrit ce nombre de mots à la fin de ma routine matinale, je m’autorise quand même à manger, sortir les chiens, etc, mais je ne fais rien d’autre, d’ordre professionnel, tant que ce quota de mots n’est pas atteint. Je suis capable de laisser ma boîte email dans un état végétatif pendant dix jours s’il le faut, si j’ai du mal à atteindre mon quota quotidien. Si je sais qu’il y a un jour où je ne serai pas disponible pour écrire (parce que je pars marcher 40 km toute la journée par exemple), je vais faire en sorte d’écrire plus les jours d’avant pour compenser.

Oui, je suis tarée, mais c’est la première chose que je vous ai dite. On ne réussit pas un challenge qui consiste à écrire un livre par mois pendant un an (sans négliger la qualité) sans une bonne discipline. Je suis engagée et pour moi l’engagement, ça veut dire que je ne me permets pas un écart pour flemme. Attention, je me repose hein, je prends du temps pour moi, pour des loisirs. Mais c’est parce que je l’ai décidé, c’est parce que je me récompense avec. Du coup, j’apprécie d’autant plus ces instants de détente. Ils ne sont pas liés à un instant de flemme où j’ai zieuté mon téléphone et de fil en aiguille j’ai fini par regarder des séries sur Netflix, tout en me disant dans un coin de ma tête « mais tu devrais pas être en train de bosser ? », parce que ces moments-là, je trouve qu’on n’en profite jamais vraiment à fond, il y a comme un sentiment de culpabilité qui les accompagne et qui reste encore présent après. Alors, je les évite. Quand je décide de regarder une série, ce n’est pas par hasard. C’est parce que je m’octroie un temps libre et du coup j’en profite pleinement, je n’en culpabilise pas.

De toute façon, comme je bosse 7 jours sur 7, je peux vous assurer que je ne culpabilise pas des moments de détente que je m’octroie *rires*.

 

6 – Je suis gaga de mes chiens

Bon, ça aussi c’est difficile de passer à côté.

J’ai maintenant trois chiens, ce sont les prunelles de mes yeux, je crois que je serais capable de tuer quiconque leur ferait du mal. Personne n’a encore essayé parce que mes yeux lancent des éclairs à tous ceux qui ont l’air menaçants et osent s’approcher de mes bêtes à poils.

J’ai donc un berger blanc suisse et deux bergers australiens. Non, je ne fais pas dans le petit gabarit *rires*. Je passe au moins deux à trois heures par jour à marcher avec eux, quand je ne pars pas en rando (soit pour l’après-midi, soit pour la journée mais la journée c’est quand même beaucoup plus rare).

Je les aime comme une folle.

Je me demande même s’ils n’ont pas supplanté le chocolat chaud dans mon cœur.

Si, ils l’ont fait. *petite larme d’amour*

 

7 – Je suis une optimiste

Je vois les rayons du soleil derrière les nuages, je vois ce qui peut arriver de bon, plutôt que ce qui peut arriver de mauvais. J’envisage d’abord les conséquences positives, avant d’imaginer le négatif. Je suis comme tout le monde, avant de me lancer dans quelque chose je vois bien sûr ce qui peut arriver de mieux et ce qui peut arriver de pire. Néanmoins, plutôt que de rester concentrée sur le pire et de trembler comme une dingue à cette idée, je me concentre sur ce qui peut arriver de mieux, parce qu’après tout, c’est ça qu’on veut, non ?

Quand des gens viennent vers moi pour me dire « oui mais si je me plante… », je leur dis « oui mais si tu réussis… ? ». Je suis chiante avec mon optimiste parce qu’il est constant, parce qu’il ne baisse jamais et que parfois les gens ont juste envie qu’on leur dise « oui t’as raison c’est terrible ce qui pourrait se passer », ces mots-là ne sortent pas de ma bouche, sauf si c’est sur un ton ironique. Je ne suis pas celle à qui on peut se plaindre de choses qui ne sont pas encore produites. De toute façon, quand on se plaint à moi, je fais certes preuve de compassion, mais je vais creuser pour trouver du positif (chiante, je vous le dis !). Je ne crois pas qu’il y ait des situations toutes noires, ce qui ne veut pas dire qu’elles sont toutes blanches. Je crois au gris, je crois qu’il y a du bon et du moins bon, je crois qu’il y a des difficultés, des obstacles et que tout dépend de comment on regarde une situation, comment on l’interprète, qu’est-ce qu’on en retient.

Je suis aidée dans cette philosophie par mon envie d’avancer, par ma compréhension du fait que ce qui est fait est fait, on ne peut pas revenir dessus, on ne peut que s’améliorer pour la suite, mettre en place de nouvelles choses, passer au point suivant. Il faut accepter ses erreurs, ses mauvais choix et s’en servir pour faire mieux demain.

La vie est peut-être grise, elle l’est certainement. J’ai juste choisi de voir le soleil percer à travers les nuages tous les jours de l’année.

 

Tu en sais maintenant BEAUCOUP sur moi, ce qui m’amène à me demander quelle est ta névrose. Tu en as bien une non ? Si c’est les recherches internet, je te comprends, c’est dur d’y échapper maintenant qu’il y a tout un tas de savoir accessible en ligne. Peut-être que tu es fan des licornes et que tu les collectionnes. Allez, dis-moi quelle est ta névrose 😊.

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