Les cercles vertueux qui nous propulsent (les spirales positives & négatives)

Voilà quelques semaines que je voulais vous en parler car plusieurs de mes contacts, correspondances et amis m’ont fait la même remarque que je vous résume en quelques mots (attention c’est flatteur pour moi, promis je taille mes chevilles) : je prends les choses bien même quand on dirait que c’est la catastrophe, je suis de bonne humeur même quand il m’arrive des petits ennuis et je relativise. D’ailleurs, en écrivant cette dernière phrase, je réalise que je ne suis même pas capable de vous dire qu’il arrive une catastrophe, j’ai préféré employer le conditionnel et je n’ai pas « d’ennuis » ou de « problèmes » mais des « petits » ennuis (et encore, j’avais écrit « bourdes » et j’ai effacé). Voilà, vous êtes vachement plus avancés sur le problème maintenant que je vous ai analysé ma phrase. Zêtes heureux, hein ? 

[Note : je décline toute responsabilité quant aux blagues nazes qui vont circuler dans cet article, je tiens à stipuler qu’il est tard, que je suis actuellement en sevrage de chocolat chaud (jour 4) parce que ma vésicule biliaire a décidé de lâchement m’abandonner (oui si vous cherchez un rapport entre les deux il va falloir creuser un peu mais il existe, je vous le promets !) et que je suis en train de sourire bêtement en vous écrivant ces mots. Oui, le fait que je sois en train de sourire bêtement n’est pas du tout un signe révélateur d’un quelconque problème, mais je tenais à le signaler. Même en période de sevrage de chocolat chaud (ma drogue personnelle, pour ceux qui l’auraient oublié), je suis heureuse de vous écrire. Et heureuse tout court, ça va de soi.]

Bref, on m’a fait ces remarques, qui m’ont fait plaisir bien sûr mais la première réponse qui m’est venue (après plein de merci) c’est « bah en fait c’est plutôt facile. »

Et quand on y pense, oui, pour moi, c’est facile. Ce qui m’amène à vous parler des spirales positives et négatives, que j’appelle aussi « le cercle vertueux ». 

 

Je pense que dans chacune de nos journées, il y a une part de négatif (de choses que nous interprétons comme négatives, gênantes, agaçantes, frustrantes, vous pouvez coller tous les adjectifs qui vous déplaisent dans cette liste) et une part de positif (de choses qui vous mettent en joie, vous procurent du bonheur, vous permettent d’avancer, vous font vous sentir bien et heureux). Dans mon quotidien, j’ai la chance de n’avoir quasiment que du positif. Je me réveille, je remplis mon journal de gratitude, je médite, je fais du yoga, je promène mes chiens, j’écris,… toutes ces activités me mettent en joie. Je ne vois que les personnes que j’apprécie, je suis dans un environnement que j’ai choisi, je gère mon emploi du temps… Selon mes critères personnels, je vis la vie que j’ai toujours rêvé. Alors quand un pépin me tombe dessus (petit ou très gros pépin) comme :

  • on me bouscule dans la rue
  • le livreur Amazon a décidé qu’il n’allait pas sonner et indiquer que j’étais absente deux jours d’affilée alors que j’étais présente JUSTEMENT pour récupérer ce merveilleux colis
  • un de mes proches est très malade
  • je me fais une entorse à la cheville (gag récurrent chez moi, il suffit que je marche et POUF une entorse) [note : mon niveau d’exagération sur cette phrase n’est pas si élevé que ça]
  • il se met à pleuvoir alors que je suis en robe et sandales dehors (hahaha c’est complètement inventé celui-là, toutes mes excuses, MOI en robe ET en sandales ? Non mais je ne possède même pas de sandales…)
  • je me réveille avec du vomi de chien dans l’appartement (ô joie)
  • mes chiens manquent de se faire écraser par une voiture au passage piéton ah non là pour le coup je sors de mes gonds et il y a des morts (dans ma tête tout du moins)
  • je reçois un joli email d’insultes (si, si, ça arrive)

Je ne vous indique pas le pire (parce que bon on va pas trop déprimer non plus), ça pourrait aussi être : je me fais voler mon sac, je n’ai plus d’argent sur mon compte en banque, je dois payer XXX euros à EDF qui avait fait une erreur dans son relevé (je ne l’invente pas non plus celui-là)…

Donc quand ces choses-là se produisent, reconnaissons-le, ça ne fait pas plaisir. Mais ça ne m’enlève pas ma joie de vivre, je ne reste pas bloquée dessus. Pourquoi ? Parce que j’ai déjà emmagasiné plein de bonheur au moment où ça m’arrive OU je sais que je vais en emmagasiner dans le reste de ma journée. J’ai donc une balance de positif/négatif qui penche toujours en faveur du positif. Et si une journée ce n’est pas le cas, le reste de la semaine compense largement.

C’est quand même beaucoup plus facile de sourire, d’être heureuse et de prendre du recul sur les choses quand on a 95% de la journée qui se passe comme sur des roulettes et tout juste 5% d’emmerdes. On est tous d’accord là-dessus je pense, non ?

Le positif entraîne le positif, parce que notre interprétation des événements n’est pas la même selon l’humeur dans laquelle nous nous trouvons. Mon avantage c’est que je me réveille déjà de bonne humeur en sachant ce qui m’attend. Je suis donc de bonne humeur quand il m’arrive quelque chose, ce qui fait que je ne me braque pas, ce n’est pas la fin du monde et je sais que je vais m’en remettre. Mes pensées sont positives, je suis patiente, bref la tuile qui me tombe sur le coin de la tête ? Je le vis bien. Le type qui me bouscule quand je sors de mon immeuble ? Pas grave, il était pressé.

Maintenant, ça n’a pas toujours été comme ça. Il fut un temps où j’étais dans une spirale négative, une spirale où je passais la majorité de ma journée à faire et à subir des choses qui ne me plaisaient pas. Eh bien là, ma foi, c’est BEAUCOUP plus difficile de ne pas grimper dans les tours à chaque problème qui se présente. Parce que c’est un problème de plus, c’est un ennui de plus dans une journée qui nous paraissait déjà très longue et éprouvante. Alors on se réveille en se disant « bon bah faut encore prendre le RER (oui moi je prenais le RER), va y avoir plein de monde, il va pas marcher, de toute façon il marche jamais ce RER, c’est le pire de tous les RER de Paris (ce que se disent à peu près tous les voyageurs de lignes RER et qui n’empruntent pourtant pas la même ligne) et puis il va encore y avoir un colis oublié, super les gars à cause de vous pas de RER, vous pouvez pas vérifier que vous avez tous vos bagages avec vous ? Pourquoi vous croyez qu’ils répètent cette instruction aux terminus ? Pour meubler le silence de la descente de wagon ? Et ensuite je vais arriver au bureau, machin va encore me faire une réflexion, va falloir passer tel coup de fil au client qui n’est jamais de bonne humeur, puis bosser sur ce rapport absolument inutile, en plus j’ai pas réussi à annuler la réunion de 15h alors que je leur ai dit qu’elle sert à rien cette réunion ! »

Rien de tel pour se mettre dans une humeur de folie. On sent le positif dans tout ça, non ? C’est bien normal que du coup si le RER est bel et bien en retard, on en éprouve d’autant plus de frustration car on avait limite emmagasiné cette frustration avant même d’arriver, c’est normal que si quelqu’un nous bouscule alors que la coupe est déjà pleine dans notre crâne, on monte dans les tours « HEY OH vous pourriez faire attention, non ? ».

Or, dans cet état d’esprit, c’est beaucoup plus difficile de se consacrer à ses projets, de trouver l’énergie pour s’y mettre, de tenir bon sur la durée, que ce soit aller à la salle de sport régulièrement, apprendre l’espagnol ou écrire un livre. Même si ces activités nous rendent heureux, c’est très difficile quand le négatif prend le dessus sur le positif, de s’y mettre. On n’a plus d’énergie, on est saoulé pour tout, on n’est pas prêt à accueillir le positif. Sans compter qu’il demande un effort, que ce sont des activités sur le long terme, c’est-à-dire les plus difficiles à tenir.

Pour moi, ce type de spirale est basé sur plusieurs critères :

  • l’environnement : il faut se sentir bien chez soi, si on a un voisin qui fait tout le temps du bruit, si on entend la rue constamment, si on ne se sent pas dans son cocon, effectivement ce n’est pas positif, on ressent de la frustration à cause de son chez-soi, c’est quand même grave, non ? De la même manière, l’environnement de travail est extrêmement important.
  • notre travail (ou ce à quoi nous occupons nos journées majoritairement) : si vous passez 8h de votre journée à exercer une activité ou un métier qui ne vous plaît pas, ça revient à emmagasiner 8h de négativité à mes yeux, sans compter l’heure d’appréhension AVANT d’arriver au bureau et l’heure nécessaire à se détendre APRES le bureau (bon pour certains dès que la porte est claquée, le bureau disparaît mais c’est plutôt rare).
  • les personnes qui nous entourent : je ferai certainement un poste plus développé sur le sujet, pour ma part je suis rentrée dans la spirale positive petit à petit et est arrivé un moment où il a fallu accepter que certaines personnes me tiraient vers le bas et d’autres me tiraient vers le haut. Je conservais près de moi des personnes qui me tiraient vers le bas sans savoir pourquoi, mis à part l’habitude. Je ressortais intoxiquée de mes conversations avec ces personnes, j’étais mal de leur parler, mal de les écouter. J’ai cessé de fréquenter ce type de personnes. Elles me prenaient de l’énergie, elles gâchaient ma joie de vivre et ne m’apportaient rien. Alors je sais qu’une relation ce n’est pas toujours égalitaire, et qu’on n’est pas supposé attendre quelque chose en retour, mais on n’est pas non plus censé se sentir mal systématiquement (c’est le mot important de la phrase, c’est celui-là qui doit vous aider à vous rendre compte de si la relation est toxique ou non).

Alors comment est-ce qu’on passe d’une journée où la majorité du temps est rempli de négatif à une journée où la majorité du temps est rempli de positif ? Personnellement, je ne crois pas qu’il faut vivre pour les rares moments de bonheur, je crois qu’il faut tendre vers une vie où on peut les multiplier, se sentir épanoui et être heureux. Parce que c’est en étant bien qu’on peut donner autour de soi. Donner du temps, donner des petites attentions, donner de l’énergie, donner un coup de boost, donner de l’amour.

Je ne connais pas de règles universelles pour sortir de la spirale négative, sans compter qu’il n’y a peut-être que moi qui vois les choses comme ça. Néanmoins, voilà ce que j’ai fait pour ma part :

  • je me suis mise au Miracle Morning, c’est une routine matinale dans laquelle j’ai mis tout ce qui m’aidait à me sentir bien, pour que j’ai ENVIE de me lever et que le début de journée me rende heureuse. La méditation fait partie de cette routine et c’est un des points qui m’a le plus aidé à réguler mon humeur (je suis toujours tarée et enthousiaste, ça n’a pas changé pour autant mais les émotions négatives ont beaucoup reculé)
  • je me suis mise au journal de gratitude. Le principe est simple : la première chose à faire au réveil est de penser à 3 choses pour lesquels on ressent de la gratitude (une bonne nuit de sommeil, une couette, le soleil qui se lève, un événement de la veille qui vous passe par l’esprit, le fait que vous allez faire un truc sympa aujourd’hui, le sourire de quelqu’un…) et pareil en se couchant. Cela a eu un GROS impact sur moi, tant sur la qualité de mon sommeil que sur mon humeur du matin
  • ensuite j’allais au travail et je cherchais à trouver les points positifs dans mon activité de salariée, même si ce n’était pas le job que je voulais faire, j’ai poussé l’optimisme à fond. Quand il arrivait un souci avec un client, je me disais « ah génial c’est l’occasion d’apprendre à gérer le conflit », quand on me demandait de pondre un rapport absolument inintéressant, je me lançais des défis « est-ce que je suis capable de le faire en deux heures ? »
  • j’ai sorti petit à petit de ma vie les personnes qui m’écrivaient pour se plaindre systématiquement (c’est toujours le mot important, il n’y a pas de mal à se plaindre mais quand c’est le seul sujet de conversation et que c’est toujours à sens unique…), pour broyer du noir, pour m’insuffler leurs idées négatives, pour me dire que de toute façon la vie ça sert à rien… Voilà, c’est triste mais parfois il faut en passer par là. A côté de ça, j’ai réalisé que j’avais plein de relations autour de moi qui étaient formidables, qui ne faisaient que me tirer vers le haut et je me suis d’autant plus investie dans celles-ci pour rendre ce qu’on m’apportait. Grâce aux exercices de gratitude, j’ai aussi appris à voir toutes ces petites choses chez mes amis qui font d’eux des gens formidables, des choses que je ne voyais pas forcément avant. J’ai aussi appris à dire ces choses, plutôt qu’à les garder pour moi. Il n’y a pas de mal à dire à un ami « je trouve formidable la manière dont tu gères tel ou tel truc » ou encore « je trouve ça incroyable le temps que tu dédies à telle activité ».
  • j’ai commencé à me dégager du temps pour faire les activités qui me rendaient heureuse, comme écrire
  • et petit à petit, la bascule s’est opérée…

Jusqu’à ce jour où j’ai quitté mon CDI. Depuis, j’ai la chance d’être dans un cercle vertueux positif :

  • Environnement : chez moi ou au Starbucks, des lieux que j’ai choisis
  • Activité majoritaire de ma journée : écrire et m’occuper de mes chiens (si c’est pas merveilleux ça !)
  • Personnes qui m’entourent : elles me hissent vers le haut, elles sont là pour moi, elles m’encouragent, elles me soutiennent, elles sont formidables (et j’espère leur rendre un petit peu de tout ce qu’elles m’apportent)

 

Le changement ne s’opère pas du jour au lendemain et c’est normal, quand on est dans une spirale négative, que ce soit difficile d’aller vers la spirale positive. Parce qu’on est nourri par le négatif et qu’il ne reste presque plus de place pour le positif. Ce sont les petits changements quotidiens qui apportent du bonheur qui feront la différence sur le long terme. On ne peut pas tout chambouler du jour au lendemain, il faut y aller petit à petit et régulièrement. Il faut accepter que ça prend du temps.

Mais au final, c’est payant. Si je n’avais pas mis tout ça en place, je n’aurais pas été dans une spirale suffisamment positive pour quitter mon job, devenir écrivain à temps plein et vivre de ma passion. Le positif attire le positif. 

Si vous avez des petites astuces pour changer le quotidien de manière durable, n’hésitez pas à les partager !