Quand ce qui nous arrive dans la vie se transforme en roman : interview de Pierre-Etienne Bram

Pierre-Etienne Bram a été publié aux éditions Rebelle pour son titre L’interphone ne fonctionne toujours pas, en deux tomes. Cette histoire, classé en romance, pourrait plutôt être un thriller psychologique. Elle retrace en fait deux ans de sa vie. C’était l’écriture 2.0 avant l’heure puisque Pierre-Etienne Bram nous y livre des échanges d’emails et de textos entre lui et une personne rencontrée sur Meetic (je ne vous en dis pas plus). Depuis, il a continué d’écrire, cette fois du thriller d’anticipation, intitulé Projet Mars Alpha, qu’il a choisi d’auto-éditer très récemment (sorti en mars). Développeur dans la vie quotidienne, comme beaucoup d’auteurs il jongle entre son CDI et ses séances d’écriture. Il nous partage son expérience.

 

Jupiter : Depuis quand écris-tu ?

PEB : Tout petit je tenais des journaux intimes au format papier. Vers 2002 j’ai évolué en m’envoyant des mails que je rassemblais par écrit une fois par mois dans un document Word, et puis en 2006 tout ça s’est transformé en la création d’un blog. J’en ai tenu plusieurs, qui correspondaient à ma vie du moment, puis je les ai fermés pour en rouvrir d’autres au fur et à mesure que ma vie évoluait (ou que certains proches en avaient découvert l’existence).

Jupiter : Quel a été ton déclic pour te mettre à écrire ?

PEB : Pour ce qui est du blog, on va dire que j’avais du temps à perdre à mon taf (qui n’était guère passionnant), et une multitude de choses à raconter (dont mon célibat). Et puis très vite je me suis plongé dans la dopamine que provoque un commentaire d’une personne qui a apprécié ma lecture, un like ou un échange de liens : les gens kiffaient ce que j’écrivais.

À l’époque (en 2006), on était en plein boom de l’ère 2.0 et au commencement des blogs, la communauté n’avait rien à avoir avec l’actuelle. Je publiais à la grande époque jusqu’à 5 notes par jour (j’en profite pour remercier mon employeur du moment ah ah). Je me suis bien calmé depuis, et ce même si j’apprécie toujours autant écrire et raconter mon quotidien (qui est beaucoup plus noir/rose qu’à mes débuts).  C’est d’ailleurs avec peine que je vois un grand nombre de blogs disparaitre pour devenir des vlogs, qui ont selon moi bien moins de charmes que les blogs d’antan (oui, j’ai des côtés vieux cons parfois, à l’approche de la quarantaine, j’assume pleinement).

Jupiter : À mes yeux, l’écriture est un peu comme un muscle, plus tu écris, mieux tu sais écrire (bien que « mieux » serait à définir). Est-ce que tu penses que ça t’a beaucoup préparé d’une certaine manière pour ton roman ?

PEB : Indéniablement, mon style d’écriture « simple » que je qualifie volontiers d’« écrit/parlé » me vient de mon passif de bloggeur. C’est aussi ce passif qui me conforte dans l’idée que j’ai toujours adoré écrire.

Jupiter : Y a-t-il un événement en particulier qui t’a donné envie de te mettre au roman ?

PEB : Ma première saga (en 2 parties) : « l’interphone ne fonctionne toujours pas » retrace 2 ans de ma vie, où comment suite à une rupture amoureuse, je me suis mis sur Meetic à la recherche de l’amour. J’ai trouvé quelqu’un, mais qui avait toujours des bonnes raisons malgré nos coups de fil et nos mails de me poser des lapins à nos rendez-vous. Cette histoire était tellement extraordinaire et hors du commun qu’on m’a conseillé de la poser sur papier, ce que j’ai fait. J’ai donc vécu ces 2 ans d’histoire en écrivant quotidiennement, sans connaitre la fin avant qu’elle ne me pète au nez, et elle aussi était totalement incroyable, assez pour avoir un finish digne de ce nom. Je ne peux guère en dire plus de peur de spoiler le livre, mais en gros c’est ça qui m’a poussé à écrire.

Une fois l’histoire terminée, j’ai peaufiné mon roman et l’ai envoyé à plusieurs ME. Si ce premier roman est un peu particulier, de par son côté autobiographique, et orienté « suite de mails et de tchats » donc avec peu de descriptions, d’actions etc., les retours des lecteurs m’ont poussé à continuer à écrire.

Jupiter : J’ai lu ton roman (note : il est en deux tomes, pour nos amis lecteurs et ça se lit très vite) et j’ai été frappée par l’angoisse et le malaise. C’est un vrai thriller de… romance ! C’est également ce que j’appelle un roman 2.0 où tu as retranscrit beaucoup de textos, de conversations Gtalk et d’emails. Sauf qu’à l’époque où tu l’as publié, ça ne se faisait pas beaucoup. C’était déjà des moyens de communication utilisés à tout-va mais il y avait très peu de romans qui retransmettaient ces conversations alors qu’aujourd’hui, on retrouve des retranscriptions de textos dans beaucoup de romans (notamment sur Wattpad). Comment est-ce que tu as organisé ton écriture ? Tu as choisi de le faire de manière chronologique ?

PEB : J’ai décidé de commencer à mettre mon roman sur papier au 4ème mois de l’histoire (au moment de l’épisode du pont des arts pour les gens qui envisagent de le lire). Une fois à jour, je notais au fur et à mesure des évènements de nouveaux chapitres tous les week-ends. On peut donc vraiment dire que lorsque j’ai commencé l’écriture de « l’interphone », je n’avais aucune idée de comment celui-ci allait se terminer. J’ai d’ailleurs écrit une première fin (après un certain réveillon), avant de le continuer, estimant/comprenant que cette histoire n’était au final pas totalement terminée.

Jupiter : Waou tu as donc suivi ta propre aventure à travers ton roman et tu écrivais sans savoir comment ça se finirait. Tu dis que tu as écrit une première fin, est-ce que tu en avais envisagé d’autres dans ta tête sans pour autant les coucher sur papier ? Combien y en avait-il ?

PEB : Est-ce que j’avais d’autres fins en tête que celle qui s’est passée ? Oui, bien évidemment, des fins plus orientées « happy end ». J’ai été le premier surpris de voir comment cela s’est finalement terminé (un peu comme pas mal de mes lecteurs j’espère), sans parler de l’ultime rebondissement, qui lui m’a totalement laissé sans voix (ainsi que ma psy), mais que j’ai trouvé idéal pour bien clôturer ce livre pour le coup.

Jupiter : Est-ce que tu as romancé une partie de ce livre ?

PEB : En général, je précise que c’est romancé à hauteur de 5%.

Certaines descriptions de personnage sont fausses par rapport à la réalité, pour de bêtes questions d’anonymat. D’autres fois, les lieux ne sont pas les bons ou les épisodes sont légèrement exagérés parce que ça m’arrange et que ça crédibilise légèrement l’histoire. Enfin, très souvent, il m’a fallu parfois « arrondir les angles » et donc brouiller les pistes, afin de maintenir le suspense jusqu’au bout. Néanmoins, les moments les plus incroyables de ce livre (le pont des arts, le jeu de piste à Paris ou NY) se sont vraiment déroulés au détail près, et ce même si j’ai lu un jour dans un commentaire « ce livre ne peut pas être inspiré d’une histoire vraie ». Eh ben si !

Jupiter : Qu’est-ce que tu as ressenti en sachant que dès ton premier roman tu allais être publié par une ME ?

PEB : L’excitation, la fierté, plein de sentiments bizarres, je faisais dorénavant partie de ces « 0.02% d’auteurs, édité dès leur premier roman », mais il n’y a que lorsque j’ai signé le contrat que j’ai bien réalisé que ce n’était pas « fictif ». Suite à ça j’ai connu la terrible impatience (la publication n’était prévue que 3 ans plus tard), puis j’ai vécu cette première fois, la découverte de la couverture du livre, puis le fait de le tenir dans la main, sentiment indescriptible de fierté et d’émotions. (immortalisé par la photo ci-dessous)

Jupiter : Est-ce que tu avais déjà pensé avant à écrire un roman ?

PEB : Ma première « ébauche de roman » je l’ai écrite vers l’âge de 12 ans, ça s’appelait « AbyssJail » et ça parlait d’une prison au fond des abysses. Mais j’ai abandonné après avoir écrit une dizaine de pages sur un petit cahier. En étant retombé dessus il y a quelques mois de cela, je me suis rendu compte que le personnage principal n’était autre que la projection de moi-même et qu’au final je profitais de l’écriture pour vider mon sac sur la dure période et le mal-être que je traversais comme beaucoup dans l’adolescence. Sans quoi, non je ne m’imaginais pas romancier dans l’âme, on peut vraiment dire que ce sont les événements de ma vie qui m’ont poussé à le devenir, avant de me rendre compte qu’en fait j’adorais ça.

Jupiter : Peux-tu me parler de tes romans ? Combien y en a-t-il ? Écris-tu toujours le même genre ou y a-t-il des genres différents ?

PEB : Pour le premier roman, une duologie intitulée « l’interphone ne fonctionne pas » il s’agit donc d’une « romance autobiographique tendant vers le thriller psychologique » (surtout dans le tome 2) tant on y parle plus de manipulation que d’amour. Mon second roman, intitulé « Projet Mars Alpha » et qui a été autopublié le jour de mes 39 printemps, le 25 mars 2019, n’a rien à voir avec ce premier genre puisqu’il s’agit cette fois-ci d’un thriller d’anticipation. Je crois me complaire dans ce genre, j’ai d’ailleurs un troisième roman sous le coude (en phase de correction orthographique on va dire) intitulé « 2 degrés et demi », qui est également un thriller mais dystopique celui-ci autour du réchauffement climatique, que j’ai quasiment écrit en totalité durant le NaNoWriNo de novembre 2018, et que j’envisage/espère publier au mois de septembre 2019. Enfin, dans le cadre du « CampNaNoWriNo » de ce mois-ci, je me lance dans la réécriture d’un roman dont je parlais plus haut, « AbyssJail », dont je ne dirai pas plus pour l’instant J

Jupiter : Pour nos lecteurs, est-ce que tu peux nous expliquer ce qu’est NaNoWriNo ?

PEB : Le NaNoWriNo (comprendre : National Novel Writing Month https:// nanowrimo.org/) a lieu durant tous les mois novembre. C’est un genre de mouvement international, qui vise à ce que les auteurs du monde entier se motivent à écrire un certain nombre de mots sur le mois (50 000). Il y a des ateliers, des duels entre auteurs, des salons d’entraide, etc. Au niveau du contenu, ça peut être l’écriture du milieu d’une série, d’une introduction, d’une fin, des suites de nouvelles, des correspondances, des chroniques, plusieurs livres, peu importe tant que c’est 50 000 mots sur la totalité du mois. Il n’y a pas de prix, pas de gagnants pas de perdants, c’est plus un challenge personnel qu’autre chose. Pour ma première participation en 2018, j’ai réussi à atteindre mon quota (un peu à l’arrache) de 1666 mots par jour. N’écrivant pas les week-ends, je devais rattraper mon retard le reste de la semaine… Les derniers jours j’étais à plus de 5000 mots/jour pour y arriver, mais j’y suis arrivé, et ça m’a aussi donné confiance, de me dire qu’à quelques jours près, j’avais le potentiel pour écrire le premier jet d’un roman en un peu plus d’un mois, (en plus de mon job) là où beaucoup d’écrivains en herbe ont souvent échoués. Le CampNaNoWriNo (https://campnanowrimo.org/) auquel je participe ce mois-ci, le principe est le même sauf qu’on est libre de choisir le nombre de mots à écrire. Je me suis donné pour objectif comme pour le mois de novembre, 50K mots. Rendez-vous fin avril pour savoir si j’ai pu atteindre mon quota…

Jupiter : Est-ce que tu peux nous parler un peu de ton nouveau roman, Projet Mars Alpha ?

PEB : Ça parle d’un projet de colonisation de Mars, financé via la télé-réalité. L’histoire commence en alternant des moments de vie des 4 colons « finalistes » du jeu, et les flashbacks de leur sélection. Rapidement, on découvre que tout n’a pas été très clean depuis le début, et que quelque chose se trame…

J’ai commencé à travailler dessus en 2013, par phase. Lorsque j’ai préparé/finalisé la publication de « l’interphone ne fonctionne toujours pas », j’ai dû mettre ce projet d’écriture en standby (entre les corrections du manuscrit et la promotion) jusqu’à ce que je trouve le courage pour m’y remettre, au mois de février de 2018 (je voulais impérativement qu’il soit terminé avant la naissance de mon fils, estimant qu’après cet événement-là j’aurais bien moins de temps pour l’avancer). J’avais pas mal d’appréhension en écrivant ce livre, mon premier livre avait plu certes, mais ce n’était au final qu’une histoire vécue que je racontais, alors que là c’est sur un sujet imaginé à 100%. Par chance les premiers retours de mes bêtas lecteurs ont été globalement plutôt bons.

Jupiter : Un projet d’écriture qui n’est pas sans rappeler le projet Mars One ou encore le projet d’Elon Musk pour coloniser Mars. Est-ce que c’est un sujet qui t’intéresse particulièrement ? Qu’est-ce qui t’a donné envie d’écrire sur la colonisation de Mars, un sujet qui est très différent de ton premier roman ?

PEB : En 2013, lorsque j’ai changé de job, j’ai fait la connaissance d’un collègue passionné d’astronomie qui m’a raconté tout ce qu’il savait sur l’espace, Mars et les problématiques de voyage interplanétaires. Un des protagonistes de mon histoire porte d’ailleurs son nom en hommage.

Et puis, comme beaucoup je pense, j’ai vu passé le buzz de Mars One, une startup cherchant à recruter des colons pour un voyage sans retour vers la planète rouge, et j’ai hésité à candidater, ce que je n’ai pas fait au final, j’ai préféré écrire un livre à la place (c’était moins risqué J). Pour la petite histoire, peu de temps avant la sortie de mon livre, il a été communiqué que le projet Mars One avait été arrêté, faute de budget insuffisant, j’ai pris ça pour un signe !

J’espère vivre assez vieux pour voir les premiers pas de l’homme sur Mars, et peut-être le début de sa terraformation (qui s’il a lieu nécessitera plusieurs milliers d’années pour être effectif…)

Jupiter : Ton premier roman a été publié par une maison d’édition (Rebelle Editions), et celui-ci a été auto-publié. Pour quelle raison ?

PEB : Il faut savoir que d’une manière générale, j’ai assez peu confiance en moi, « le syndrome de l’imposteur » est mon quotidien, et je répète toujours à qui veut bien l’entendre que mon premier roman « l’interphone » c’était un gros coup de bol, qu’au final je n’ai fait « que » retranscrire 2 années extraordinaires (autant que cauchemardesques) de ma vie, et que l’histoire a plu. D’ailleurs, sans cette histoire, « Pierre-Etienne Bram » ne serait jamais né.

La question de l’auto-publication s’est posée lorsque mon éditrice (de Rebelle Editions) m’a annoncé que le style Thriller/Anticipation de ce nouveau roman ne correspondait pas vraiment à sa ligne éditoriale, et qu’en gros j’avais sa bénédiction pour aller chercher une autre maison d’éditions ailleurs ce que j’ai fait. Mais je n’ai pas eu la force d’attendre plus que 4 mois avant de changer mon fusil d’épaule. Il faut beaucoup (trop) de patience lorsqu’on envoie son manuscrit aux ME, la plupart mettent entre 6 mois et un an pour vous répondre, lorsqu’elles vous répondent (comprenez pas de réponse = votre roman ne vous a pas plu). J’ai donc finalement opté pour l’auto-publication sur Amazon car pouvoir contrôler tout de A à Z est un vrai kif (incluant la création de la couverture, mais aussi l’accès aux ventes quotidiennes) que je n’avais pas pu avoir dans l’édition traditionnelle (ne serait-ce que pour le choix de ma couverture). J’ai du coup pu découvrir les secrets, les avantages et les limites de l’auto-publication sur Amazon. Le destin a fait que j’ai eu une grosse blessure au sport durant cette période-là (plusieurs semaines d’arrêt à cause d’une vilaine fracture de la malléole, « faites du sport qu’ils disaient » …), j’ai donc profité de ma convalescence pour m’occuper de ça.

Jupiter : Même en étant publié par une ME, tu ressens le syndrome de l’imposteur ? Tu as l’impression de ne pas être légitime dans ta position d’auteur ?

PEB : C’est le principe même du syndrome de l’imposteur, non ? ^^. Ma psy m’ayant diagnostiqué « HP/Haut Potentiel », ce n’est au final pas très étonnant, ça fait partie du package ! Je le suis d’autant plus (imposteur) qu’une grande partie de mon roman édité était un copier/coller remis en forme de discussions par mail et par tchat, et que mise à part la mise en forme, placer quelques réflexions par-ci par-là et envoyer le manuscrit allégé de certains passages à une multitude de ME, je n’ai pas fait grand-chose d’autre. Après, l’éditrice de « rue fromentin » m’a confié le jour de notre rencontre que j’avais « du talent pour raconter les histoires ». Je repense souvent à cette phrase, lorsque je doute de moi-même. Il faudrait d’ailleurs que je me la fasse tatouer quelque part sur le corps (le jour où j’en aurais le courage, le temps, et la motivation, ce qui sera aux alentours des années 2100 je pense !)

Mais il n’y a pas un jour où après avoir écrit quelques minutes, quelques heures ou toute la journée, je me dis « ton texte c’est de la grosse daube, tes phrases sont 100 fois trop longues, tu ne vaux rien, personne ne voudra jamais te lire, et en plus ton histoire est pathétique ». Après, avec des heures et des heures de bourrage de crânes de la part de mes proches, lecteurs ou auteurs, ou parfois les deux, j’ai fini par m’accepter en tant qu’auteur, ne serait-ce que parce que j’ai réussi à achever deux, bientôt trois romans, ce que beaucoup d’auteurs en herbe n’ont jamais réussi à faire. Cette évolution dans ma réflexion ne m’a pas totalement réconforté vis-à-vis de mon syndrome de l’imposteur, juste que je me sens chaque jour « moins imposteur » que la veille on va dire.

Jupiter : Que cherches-tu à transmettre au lecteur quand tu écris ?

PEB : Essentiellement, transmettre une émotion. Si j’arrive à embarquer le lecteur, s’il dévore mon livre parce qu’il veut savoir ce qui se passe de l’autre côté de la page, et que ça le fait louper son arrêt de tram ou faire une nuit blanche, alors je peux me dire que j’ai atteint mon objectif.

J’ai un regret cependant, le fait qu’un livre ne soit pas comme un morceau de musique qu’on peut écouter en boucle, et qu’une fois lu il soit plus compliqué de le relire une seconde, troisième fois comme on pourrait le faire pour un morceau qu’on adore.

Jupiter : Comment se passent les ventes de tes romans ? Es-tu satisfait sur ce point ? Que fais-tu pour promouvoir tes romans ?

PEB : Pour « l’interphone », l’histoire en soit valant vraiment le coup et passant en plus via une maison d’éditions (et étant donc disponible ailleurs que chez Amazon), j’avais espéré vendre plus. Mais bon j’ai appris à mes dépens que la concurrence est acharnée dans ce milieu où un livre a une espérance de vie d’environ 3 mois avant de passer à la trappe, suite à la sortie d’autres livres qui viendront recouvrir le vôtre sur le coin d’une table de librairie. Pour mon roman « Projet Mars Alpha », c’est encore trop tôt pour faire un retour sur ce sujet, on verra comment ça évolue les prochaines semaines lorsque les gens commenceront à en parler autour d’eux.

Jupiter : Si tu devais mettre en avant trois de tes particularités, lesquelles seraient-elles ? Elles peuvent être liées à l’écriture, à tes habitudes, à ton caractère, à ton passé…

PEB : 1) Je ne lis quasiment jamais. (Shame on me, mais tant pis, j’assume)

Par manque de temps et de motivation (le temps je l’ai mais je préfère le consacrer à faire des petits jeux chronophages sur tablette…). Lorsque je lis c’est que je suis sur une plage et qu’il n’y a pas de réseau, ou dans un avion et que j’ai vu tous les films proposés, ou dans les transports en commun (mais depuis que je roule en scooter, c’est plus compliqué/dangereux de lire en conduisant… il parait même que c’est interdit ?!). De ce fait je ne maîtrise aucun des codes du roman ou du thriller. Cela fait ma force et ma faiblesse, je n’ai donc pas d’inspiration donc je plagie rarement (je m’en rends compte après) et surtout j’ai un style unique, mais ma faiblesse fait aussi qu’il faut parfois maîtriser quelques codes, et voir à droite à gauche comment ça se passe est parfois une bonne chose.

Par contre je lis beaucoup de blogs de journaux intimes (même si beaucoup sont souvent abandonnés ou sont rarement alimentés), ce qui fait qu’en général mon style est assez direct et simple, je vais droit au but sans m’embêter avec des détails inutiles, c’est en général ce qui transpire dans mon style parait-il, mais cette qualité est aussi mon principal défaut, surtout pour les amoureux des descriptions.

2) J’écris « quasiment » uniquement sur mon lieu de travail (mais chhhh, évitons de l’ébruiter…).

Entre midi et deux, entre 2 lignes de code, en attendant qu’on qualifie/teste mon code… Je profite d’être chez moi pour faire d’autres choses, comme m’occuper de mon bébé (le genre d’occupation qui prend un temps fou).

3) J’ai tendance à bâcler mes romans.

En général dans la vie, j’ai du mal à terminer les choses que je commence, et sur la durée, on finit parfois d’en avoir ras le bol d’un roman. Certains auteurs travaillent sur plusieurs romans en même temps, j’ai un énorme respect pour eux. « Projet Mars Alpha », j’en ai écrit 5 moutures avant d’avoir un truc de convenable qui pourrait vraiment plaire, mais dans chacune de ces différentes versions, la fin était vraiment bâclée car j’en avais un peu ras le bol, et je voulais que ça se termine. À côté de ça, je reste un grand perfectionniste, qui pourrait ne jamais publier quoi que ce soit parce que ce n’est pas assez parfait.

Jupiter : Est-ce que tu écris à temps plein ? Si oui, que faisais-tu avant d’écrire ? Si non, que fais-tu à côté comme métier ?

PEB : Alors non, l’écriture reste un hobbie qui ne me permet malheureusement pas d’en vivre pour l’instant. J’espère toujours qu’un jour je sortirai un livre qui fera plus de 200 000 ventes, et que je plaquerai tout pour ne faire que ça, mais pour l’instant c’est un mal pour un bien car si je ne devais faire qu’écrire (dans mon coin), les collègues à la machine à café me manqueraient sérieusement.

Sinon je travaille dans l’informatique (je pense qu’on le devine vite en lisant mes romans ah ah), et à défaut d’écrire toute la journée, je programme. C’est presque pareil, sauf qu’au lieu de raconter une histoire je crée des applications.

Jupiter : Peux-tu me décrire brièvement ton parcours d’études puis ton parcours professionnel ?

PEB : Originaire de la région orléanaise, j’ai un bac+3 en informatique, après un bac technique, donc pas la moindre trace de littéraire.

J’ai failli faire un bac L, plus pour le côté langues que pour le côté Français, mais ma prof d’allemand (en LV3) et de Français en seconde m’a définitivement démotivé à opter pour ce parcours, et c’est finalement contraint et forcé que je suis arrivé en STT (oui, étant né en 80 j’ai eu mon bac en 98, j’évoque donc un bac qui n’existe plus… #vieux #contemporaindemozart).

Mon parcours professionnel a été des enchaînements de missions dans des domaines très variés : vente privée, axa, Sofres, Bouygues…

Jupiter : De quoi es-tu le plus fier concernant ton parcours d’écrivain ?

PEB : Il ne faut pas être pressé dans le monde de l’édition. Entre les délais de réponse des éditeurs, la signature du contrat et le moment où le livre est publié, il peut parfois se passer plus d’un à deux ans. Je suis un grand impatient de nature, mais pour le coup l’histoire de mon premier roman m’a donné le courage et la force de mener ce projet jusqu’au bout.

Pour le reste, avec le recul, ma première fierté aura été d’avoir eu la force d’aller jusqu’au bout de l’écriture de mes différents romans, ce qui semble simple mais ne l’est pas tant que ça au final.

 

Merci à Pierre-Etienne Bram pour son temps et ses réponses !

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