Combien ça (me) coûte ?

Je fais le point avec vous sur mes revenus une fois par mois, je réalise seulement maintenant que je ne vous ai pas encore parlé de combien ça coûte. Eh oui, il peut y avoir des frais. Lesquels sont-ils ? Quel est le montant que j’investis ? Je vous en parle plus bas. À noter également que je vais vous en parler selon trois axes : 

  • le tout début 
  • ce que je dépensais jusqu’alors
  • ce que je vais dépenser dans le futur

Parce qu’évidemment ça évolue :). 

 

Le tout début

Parlons d’abord du TOUT début. Pour remettre dans le contexte : fin juin j’ai plaqué mon CDI, je me suis mise à écrire à temps plein alors que je n’avais pas encore publié un seul roman, ce qui signifiait, je vous le donne en mille : zéro revenu. Yeap, yeap, yeap.

J’ai publié mon premier roman début août, sur Kindle Direct Publishing et j’ai investi zéro euro. Et je sais que vous allez chercher la petite bête donc je vous le dis : je n’ai même pas commandé une épreuve papier au tout début, ce qui était une grave erreur au passage pour info, notamment il y avait une faute de frappe dans mon titre sur la tranche du livre, il restait un TAS de fautes d’orthographe dans le roman parce que je n’avais PAS payé une correctrice pour me relire, ma couverture a été prise sur une banque d’images gratuites et libres de droit, ce qui fait que depuis je l’ai retrouvée sur d’autres romans (sans que ce soit pour autant gênant et préjudiciable pour moi), bref, comme tout auto-édité débutant, j’ai fait mes premières erreurs. Enfin, tout un paquet de premières erreurs en vrac et j’ai alors commencé à les corriger et à améliorer les processus.

Néanmoins, je n’avais pas déboursé un seul euro, je n’avais pas envoyé mon livre à des chroniqueurs, je n’en avais même pas commandé à ce moment-là.

 

On avance petit à petit

Evidemment, certains commentaires ont pointé du doigt le fait qu’il restait des fautes dans mon roman (et ils avaient TOTALEMENT raison et c’était absolument inacceptable). Est-ce que je vous parle du fait que lors de la première version je n’avais pas utilisé les bons tirets de dialogue ? J’avais bêtement laissé mes listes à puce classique formatées par Word et je n’avais pas remplacé les puces par des tirets cadratins ? Ah oui, ça donne des frissons dans le dos, hein. Eh bien heureusement que c’est derrière moi parce que le jour où j’ai fait le bilan de tout ce qu’il fallait retravailler, j’ai eu un petit moment de honte. Mais je vis à l’air agile (une méthode intéressante de travail) et j’ai accepté que mes erreurs allaient me servir à m’améliorer et à progresser.

C’est donc un peu plus tard que j’ai embauché une correctrice pour relire mon livre (après publication) et que j’ai appliqué les modifications. Elle m’a également refait la couverture au propre (on a conservé la même image et les mêmes polices mais par exemple avec les outils dont je disposais pour faire la couverture, mon image n’était pas d’assez bonne qualité à l’enregistrement et à l’impression le visuel était flou/pixelisé).

Pour les romans suivants, j’ai utilisé une banque d’image payante pour trouver mon image de couverture (Adobe Stock). J’ai utilisé une correctrice à chaque fois (dont vous pouvez retrouver la page Facebook en cliquant ici). J’ai utilisé cette même correctrice qui dispose également de compétences graphiques pour monter ma couverture correctement. J’ai commandé une épreuve. Puis des chroniqueurs ont commencé à me contacter et j’ai envoyé des services presse, j’ai donc commandé des livres également et je ne voulais pas juste envoyer le livre, j’ai donc acheté des cartes, des enveloppes, des bonbons, des petits cadeaux. Ensuite, j’ai commencé à faire des jeux concours sur ma page Instagram, ce qui nécessitait aussi un investissement. Puis j’ai pris un abonnement à un outil pour m’aider à créer divers visuels (Canva). Puis… ah non, la suite je vous en parle après 🙂

Faisons déjà le point sur un mois classique actuel. Prenons donc l’exemple du mois de mars.

  • 29,99€ : abonnement Adobe Stock (qui me donne le droit à 10 images par mois).
  • 12,95$ soit environ 11,45 euros : abonnement Canva (qui me permet de créer avec facilité toutes sortes de visuel pour les réseaux sociaux mais aussi des tests de couverture pour aiguiller la graphiste sur ce que je veux)
  • 10€ : abonnement Microsoft Office qui me permet d’avoir bien sûr Word mais aussi OneNote et OneDrive (utile pour stocker en ligne et ne pas perdre son travail)
  • 387,55€ (et oui, c’est pas cher, allez voir sa page Facebook –> des mots dans la marge) : correction et couverture du roman par la graphiste (je précise que ce n’est pas une couverture qu’elle créé d’elle-même de toutes pièces, sinon le prix ne serait pas le même évidemment, elle utilise la photo que j’ai choisi, parfois elle procède à des arrangements comme du détourage, un filtre, un petit plus qui ajoute à la couverture, elle met en page aux normes KDP, elle s’occupe du titre, du nom d’auteur, du code-barres etc.)
  • 9,84€ (frais de livraison inclus) : achat d’une épreuve papier
  • 378,71€ (frais de livraison inclus et tous mes livres ne me coûtent pas le même prix, cela dépend du nombre de pages et du format) : achat de 65 versions papiers de mes romans (tous titres confondus).
  • Environ 65 euros (je n’ai pas noté exactement je me permets donc une approximation) : Achat de cartes / bonbons pour envoi des services presse.
  • 297 euros (seulement 2 colis L dans le lot) : 34 colissimo en mars pour les services presse et autres envois (enveloppe + colis M + colis L).
  • 83 euros : achat d’objets pour la box concours
  • 12,50 euros : envoi de la box concours

Je vous épargne bien sûr les cotisations sociales et les impôts, qui sont directement liés à mes revenus et que je traite déjà dans mes articles sur les bilans des ventes. Je rencontre également des auteurs et des lecteurs dans des cafés, parfois je prends un abonnement Navigo pour le mois quand je sais que je vais beaucoup me déplacer, je vous épargne également les frais de chocolat chaud (je n’en bois plus en ce moment snif snif) et les frais de déplacement. Pareil, je ne vais pas aller compter la connexion internet hein… Ici, c’est pour vous donner une idée globale. A noter également que j’ai compté l’envoi à la BNF dans les services presse.

Montant total pour le mois de mars : 1 285,04€ et ce qui coûte le plus cher là-dedans ce sont les services presse qui représentent 740,71€ soit 57% du montant total de mes dépenses d’ordre strictement professionnel. A noter que ce n’était pas vrai au début, les envois aux chroniqueurs ont progressivement monté à mesure que ces derniers me contactaient. Je vous donne simplement les chiffres de mars. Est-ce que c’est justifié de dépenser autant d’argent dans les chroniqueurs ? Je ne sais pas, c’est difficile de mesurer l’impact des chroniqueurs sur les ventes puisqu’on ne peut pas établir de rapport strict entre les deux. Ce qui est certain c’est que ça fait plaisir à un chroniqueur de recevoir mon livre (puisqu’il me l’a demandé et que je ne sollicite aucun chroniqueur de moi-même), donc moi aussi ça me fait plaisir de lui envoyer. Certains des chroniqueurs lisent vite mon livre, d’autres me tiennent au courant de quand ils vont le lire, certains ne le liront probablement jamais : c’est le jeu. De la même manière, certains chroniqueurs sont des influenceurs avec plusieurs milliers de followers, d’autres n’ont que quelques abonnés : à nouveau, c’est le jeu. Si vous voulez vous fixer une limite et vous dire « je n’envoie mon livre qu’à ceux qui ont X abonnés », c’est votre limite à vous. Personnellement, je ne me mets pas de telles limites, d’où le budget. A nouveau, je ne sais pas si c’est justifié, je ne sais pas ce qu’il se passerait si je n’en envoyais pas pendant un mois. Je ne pense pas qu’à cette période ça aurait beaucoup d’impact sur mes ventes, du fait que je sors actuellement uniquement des suites de roman, pas de premier tome d’une nouvelle série.

 

Et ensuite ? 

Pour les mois à venir, je mets en place de nouvelles choses :

  • je vais commencer à travailler avec une personne polyvalente qui va m’aider sur plusieurs tâches importantes pour lesquelles je ne prends pas le temps à l’heure actuelle comme modifier l’aspect du blog, permettre la recherche d’articles, changer le menu, uniformiser ma communication entre le blog et les réseaux, etc. Budget par mois : 500 euros
  • je cherche un graphiste pour faire mes couvertures de roman (pour éviter de me retrouver avec la même couverture que quelqu’un d’autre, chose qui est toujours possible en achetant des photos sur Adobe Stock, simplement un peu moins courant) et d’autres visuels // je n’ai pas encore une idée précise du coût car je n’ai pas trouvé la perle rare pour l’instant
  • j’ai lancé la traduction d’un de mes romans (en italien), idem je ferai un article précis à ce sujet pour vous indiquer ma démarche, le coût, etc. Pour l’instant je peux vous parler d’une enveloppe de 2 000 à 2 500 euros (traduction + correction de la traduction + modification de la couverture etc.)
  • je suis en train de préparer une nouvelle formule d’envoi de service presse, quelque chose de plus personnalisé, j’ai notamment étudié les frais postaux (aujourd’hui je ne fais pas attention je vais au plus efficace d’où les Colissimo assez chers) et je vais chercher à faire quelque chose de personnalisé sans toutefois exploser le budget. Néanmoins, là aussi, les coûts vont évoluer. Mais ce sera aussi plus efficace pour moi et plus sympa encore pour le chroniqueur qui reçoit (j’espère :)).

 

Vous savez à présent concrètement combien ça me coûte. Il y a des mois où je fais plus d’envois (j’en ai fait 73 en février par exemple), d’autres où il y en a peu (avril pour l’instant n’a pas beaucoup d’envois, notamment parce que je viens seulement de recevoir mes exemplaires de mon dernier roman publié), ce qui joue beaucoup sur le budget dépenses professionnelles. Les autres coûts sont à peu près fixes, le coût de l’abonnement Adobe Stock ne va pas changer demain, mes coûts de correction varient en fonction de la longueur du roman mais comme je suis toujours entre 96 000 et 110 000 mots à peu près, je reste dans la même fourchette. Je me suis fixée un budget limite pour mes concours mensuels. Je découvre au fur et à mesure ce qu’il est possible de faire ! Et j’ai hâte d’avancer dans tous ces projets et de vous partager ces petites expériences. Enfin, je tenais à vous rappeler qu’il n’y a aucune obligation de dépenser de l’argent pour s’auto-publier. Je ne suis pas ambassadrice Kindle Direct Publishing (l’outil d’Amazon pour s’auto-publier) mais j’apprécie énormément cet outil, notamment parce qu’il permet de s’auto-éditer sans dépenser un seul euro (et il a plein d’autres qualités). Donc ne vous dites pas que vous avez besoin d’un budget de 1200 euros pour mener à bien votre barque, ce n’est pas vrai. C’est ce que j’ai fait en mars, ça ne veut pas dire qu’il faut le faire, ça ne veut pas dire que c’est la bonne solution. Ce n’est pas ce qui fait que j’ai commencé à vendre non plus puisque je n’envoyais rien aux chroniqueurs à l’époque, je n’avais pas de correctrice attitrée et ma couverture était bancale. Comme je le disais, j’ai fait mes erreurs, j’en fait encore, j’en tire des leçons et j’applique des solutions. Ces solutions évoluent en fonction de mes revenus, du temps que je peux y accorder et de la pertinence de les garder en place.