Je ne suis pas Terminator

Je sais, c’est choquant comme titre. Avoue que tu es méga étonné. Truc encore plus dingue : il paraîtrait même que je suis humaine. Du genre avec deux bras, deux jambes, un seul cerveau et uniquement vingt-quatre heures dans ma journée.

Waou. Je me sens plus légère de te l’avoir avoué. Ça me pesait sur la conscience depuis un moment, je savais qu’il fallait que je te le dise, surtout que je suis carrément pour la transparence. Piou, j’avais peur que tu le prennes mal, mais ça a l’air d’aller. Enfin si tu es toujours là. T’es toujours là, hein ? Comment ça tu rigoles dans ta barbe ? Mais… mais… je ne te permets pas ! C’est pas sympa de se moquer !

Trêves de plaisanteries (même si tu sais que j’aime rire). Pourquoi est-ce que je parle de Terminator ? Parce que c’est le premier exemple de robot qui m’est venu à l’esprit (alalalala j’entends déjà des fans qui vont venir m’expliquer que ce n’est pas un robot… je… siou plait… laissez-moi mon délire d’accord ?). Selon ma définition, un robot c’est quelqu’un qui est capable d’accomplir des tâches à l’infini, sans se reposer, sans perdre le moral (parce qu’il n’a pas d’émotions normalement (oui oui je sais Terminator est un mauvais exemple)), sans faire d’erreurs.

Ah ah ah.

Tu croyais vraiment que j’étais un Terminator ? Bon peut-être pas toi spécifiquement, mais sache que c’est un surnom qu’on m’a régulièrement donné. Déjà à cause de la vitesse à laquelle je tape sur un clavier, qui apparemment fait même peur aux développeurs (que je bats à plat de couture au jeu de qui-tape-le-plus-vite-sur-un-clavier-peu-importe-la-langue-utilisée), mais aussi parce que j’ai toujours le sourire, parce que j’ai toujours le moral et parce que généralement j’abats beaucoup de choses dans ma journée, sans faire d’erreurs.

Moi à gauche (enfin non pas moi mais une humaine), son équivalent robotique à droite, incapable de faire des erreurs !

Ah ah ah.

Rétablissons la vérité : bien sûr qu’il y a des jours où j’ai moins le moral, bien sûr qu’il y a des jours où j’ai moins envie de sourire et le meilleur pour la fin : MAIS BON SANG BIEN SÛR QUE JE FAIS DES ERREURS ! Tu croyais quoi ? Que tout ce que je fais, je le réussis du premier coup ?

Bon, c’est vraiment important qu’on en parle du coup. Je suis la reine des erreurs. Je crois même que j’ai fait plus d’erreurs dans ma vie que tu n’es capable de l’imaginer. Mais… (parce qu’il y a toujours un mais… à ce qu’il paraît), il y a une phrase que les recruteurs utilisent souvent aux Etats-Unis : « parlez-moi de vos échecs et de vos erreurs« . Et si vous n’êtes pas capable d’en parler (parce qu’en vrai, en France, vous trouveriez un échec qui n’en est pas vraiment un, ou une erreur qui n’en est pas vraiment une), ou que vous ne trouvez pas d’exemple, vous savez ce qu’ils considèrent ? Que vous n’avez jamais rien fait de votre vie. Parce qu’ils n’envisagent pas qu’on puisse faire un parcours sans faute. Ils ont raison, on est humains, on fait des erreurs. Ceux qui essayent de nouvelles choses font forcément subir des échecs. Vous savez ce qui est génial ? On apprend ses échecs, on sait ensuite ce qu’il ne faut pas faire, qu’est-ce qu’il faut améliorer, on créé son propre chemin en faisant ses erreurs, le chemin qui nous permet d’atteindre nos objectifs. Alors toi tu es là, face à ton recruteur qui te demande de te parler de tes échecs, tu le regardes et tu lui lâches tout. Et plus tu as d’échecs, mieux c’est, parce que ça veut dire que tu as essayé, que tu as persévéré, que tu es déterminé et engagé. Ce ne sont pas des mots à prendre à la légère. Qui veut d’un employé qui lâche au premier obstacle ? Qui refuse d’affronter les difficultés ? Qui ne propose rien de nouveau ? Je crois que ce n’est pas pour rien que les entreprises aux Etats-Unis sont les leaders de l’innovation. Les idées sont valorisées, ils n’ont pas peur d’essayer, ils sont dans un environnement qui leur permet de le faire.

Et toi ? Qu’est-ce qui t’empêche d’essayer dis-moi ? Tu as peur de l’échec ? Tu as peur que ce soit long et fastidieux ? Devine quoi : on n’a rien sans rien. Il faut fournir des efforts pour avancer vers ses rêves. Ecrire un roman, par exemple, c’est un travail de longue haleine, plein de doutes, d’envies de supprimer toutes les pages du manuscrit. Et oui, peut-être que tu feras des erreurs, je te le souhaite franchement parce que c’est comme ça qu’on apprend et qu’on retient ses leçons.

Par exemple, il y a un mois j’ai voulu rénover ce blog de fond en comble, parce que j’en avais marre que personne ne puisse chercher convenablement un article sur mon blog, qu’il ne soit pas organisé par catégories et que son aspect physique soit restreint au minimum. Quand on veut faire quelque chose il y a plusieurs voies : le faire soi-même ou le déléguer. J’ai commencé par me dire que j’allais déléguer ça à un expert du milieu parce que c’est lui l’expert, justement. J’ai fait faire des devis, j’ai découvert que ça coûtait atrocement cher (non mais sérieusement, accordez vos violons sur ce sujet, on trouve de tout : de 150 euros à 5 000 euros, comment voulez-vous que le client s’y retrouve ?). Après avoir découvert la réalité des prix, être tombée de haut, avoir compris que de toute façon je ne savais pas chez qui j’allais mettre les pieds, j’ai décidé de changer mon fusil d’épaule : j’allais le faire moi-même.

Hmmm, c’est donc ainsi que je me suis retrouvée à spammer mes abonnés avec 100 emails indésirables (involontairement évidemment) en changeant de thème (et en uploadant par erreur tous les articles de test qui allaient avec ce thème). J’ai ensuite mis en place un plugin de maintenance pour afficher que mon site était inaccessible.

Il ne l’était pas ha ha ha ! Et en re-changeant de thème, j’ai à nouveau spammé mes utilisateurs. Formidable comme publicité, non ? Ils ont notamment reçu des articles qui parlaient de marijuana (que je n’ai pas écrit bien sûr, qui faisaient partie du lot d’articles de test). Là, mon cher abonné, si tu es encore sur ce blog, franchement je te félicite !

Je te passe les détails de toutes les erreurs techniques que j’ai commises qui ne se sont pas vues. Eh ben non, en fait je vais te les donner parce qu’il faut que tu arrêtes de penser que tout se passe « parfaitement » derrière les décors. De la même manière qu’une scène de film est tournée plusieurs fois, qu’à un moment on a cru qu’elle était parfaite avant de s’apercevoir qu’il y avait un camion du staff dans le champ en arrière-plan et qu’il faut la retourner, eh bien j’ai fait beaucoup d’essais. J’ai changé quatre ou cinq fois de thèmes (après m’être assurée que personne n’allait à nouveau recevoir d’emails EVIDEMMENT hein, j’apprends de mes erreurs c’est tout le but d’en faire), j’ai testé des mises en page, testé trois bannières, je me suis créé un logo pour finalement décider qu’il n’allait pas, j’ai trouvé un thème qui n’avait pas de bannière (adieu bannière horrible), j’ai supprimé toutes les catégories de mes articles, pour mieux les recréer et découvrir qu’il allait falloir ouvrir les 172 articles de mon blog pour les assigner à nouveau (ha ha ha). J’ai passé mon compte WordPress en compte business, pour me rendre compte le lendemain que ce n’était pas nécessaire et faire marche arrière et demander un remboursement à WordPress (que j’ai obtenu sans aucune difficulté, ils sont super sympas et très efficaces). Là, t’en veux encore ?

Mais maintenant, je sais plein de trucs : je sais à quoi sert mon niveau de compte WordPress, je sais qu’est-ce qu’un plugin, qu’est-ce qu’un widget, je suis en train de me former pour utiliser le nouveau éditeur de texte de WordPress (qui s’appelle Gutenberg), j’apprends aussi à toucher au CSS de la page pour vous prévoir des plus jolis articles. Je peux vous aider à installer votre propre thème WordPress téléchargé par exemple sur forest (mais qui nécessitera un compte business pour info), je connais tout un tas de plugins que je n’utilise pas *rires* parce que j’ai repassé mon compte en premium et que je n’y ai pas le droit. J’ai grosso modo ouvert et testé chaque case du tableau de bord administratif.

J’ai fait des erreurs, et j’ai appris. (Pardon à tous les abonnés qui ont reçu pléthores d’emails, je pense fort à vous et à vos spams.) Mon site ne ressemble pas encore à ce que je voudrais, mais je suis en train de me former sur la suite et finalement j’ai acquis le minimum de compétences nécessaires pour m’en sortir seule.

En spammant mes abonnés.

En refaisant cinq fois mon site.

En perdant un temps monstrueux.

Et alors ? Est-ce qu’il y a mort d’homme ? Est-ce que pour autant plus personne ne visitera mon site ? Est-ce que les gens m’en veulent à mort au point de vouloir envoyer des bombes par courrier à mon adresse ?

Non.

Autre exemple : pas plus tard que lundi, mes chiens ont mangé deux câbles fort importants dans mon appartement : le câble de la ligne téléphonique (celui qui arrive du bas de ton immeuble ou depuis la rue et qui est caché dans les murs chez toi sauf que moi je vis dans un vieil immeuble qui date des années 1550 (sans déconner c’est vrai) et que du coup les câbles sont apparents, mais bon ok le câble de la ligne téléphonique vu que je n’ai pas de téléphone, c’est pas super important) et le câble de l’antenne. Alors là tu te dis : mais t’as pas la télé, qu’est-ce que t’en as à faire ?

HAHAHAHAHAHA.

Moi aussi j’ai cru ça.

Jusqu’à voir que la box internet ne fonctionnait plus. Devine quoi ? Je reçois internet par ce merveilleux câble coaxial. La bonne nouvelle ? C’est le plus facile à réparer. La mauvaise ? J’étais persuadée de recevoir internet par le câble téléphonique, ce qui fait que j’ai concentré tous mes efforts sur ce câble téléphonique, j’ai bossé dessus de 9h à 17h, j’ai fait 4 allers-retours au magasin de bricolage (où notons-le, je n’ai pas été aidée par leurs conseils, ils ont été assez machiavéliques pour me mettre sur la mauvaise piste), j’ai fait et défait 3 fois le même travail en pensant que je l’avais mal fait (puisque je vérifiais que ça fonctionnait si la box internet se remettait à fonctionner mais hahahaha c’était pas près d’arriver hein ?) jusqu’à ce que 007 vienne à ma rescousse (j’ai utilisé le joker « appel à un ami ») et m’explique que je recevais certainement internet par l’antenne. Une heure et demie plus tard (le temps d’un nouvel aller-retour au magasin de bricolage pour prendre ce qu’il fallait pour réparer ce câble-là), c’était réglé.

J’y ai passé ma journée.

Mais maintenant je sais réparer un câble téléphonique à huit fils, ainsi qu’un câble coaxial.

DINGUE, HEIN ? J’AI FAIT DES ERREURS ET POURTANT, TOUT ROULE !

Ça pourrait être le cas pour vous aussi, si vous vous lanciez ! Pas dans la refonte de votre blog hein (et ne coupez pas non plus intentionnellement vos câbles… !) choisissez quelque chose qui vous tient à cœur, je pense comme ça l’air de rien à vous publier ou à écrire un roman. Et si vous vous apprêtez à me dire que c’est différent d’écrire ou de publier un roman, je vous arrête tout de suite. Je l’ai fait et là aussi j’ai commis un nombre d’erreurs remarquables (on me dit dans l’oreillette que le Guinness des Records voudrait me voir à ce sujet d’ailleurs). Il y avait une coquille (deux lettres inversées) sur la tranche de mon livre, ma première couverture était floue car de mauvaise qualité et il restait LITTÉRALEMENT une faute toutes les deux pages dans mon texte.

Il faut de la volonté et de la détermination pour avancer. Ce sont deux atouts qui vous emmèneront loin. Ils ne sont pas forcément innés mais ils se travaillent, ils s’obtiennent, ils s’acquièrent.

Est-ce que c’est un drame ? Oui certainement, publier un roman avec autant de fautes c’est juste inadmissible (je dis « autant de » parce que je ne pense pas être capable de toutes les éliminer même avec ma correctrice). Une coquille sur la couverture, vous imaginez ? Et une couverture floue !

Eh bien, j’ai appris. J’ai embauché une correctrice, qui corrige tous mes ouvrages avant publication dorénavant, qui a repris celui-ci. J’ai fait une mise à jour. Comme ma correctrice est super polyvalente, elle a aussi refait ma couverture en HD, éliminé la coquille et mes erreurs ont été « gommées ». J’ai avancé, j’ai écarté les doutes, j’ai fait mieux la fois suivante.

Et j’en suis à mon huitième roman publié, je suis devenue écrivain à temps plein, je vis de mes romans, je gagne mieux ma vie que je ne l’ai jamais gagnée auparavant. Alors d’après vous, j’aurais mieux fait de rester dans mon CDI, sans jamais osé ? Sans jamais tenté ce projet et de me heurter à des échecs ? Non, bien sûr que non. C’est votre tour, foncez, essayez. Ecrivez-moi si vous avez des doutes, si vous avez des questions et besoin de conseils, je réponds à tous les emails avec un grand plaisir.

Je ne suis pas Terminator. Je fais des erreurs, parfois j’ai des coups de mou. Il y a un seul aspect de ma vie où je suis Terminator : je ne baisse jamais les bras. Je vous encourage à en faire autant, c’est souvent comme ça qu’on va au bout de ses rêves. Et j’ai envie de vous voir aller au bout de vos rêves.