Je fais traduire mon roman

L’un des challenges de l’année est de propulser mon roman sur un autre marché que le marché Amazon. J’ai donc choisi de faire traduire le tome 1 d’Akalie en italien et de débuter les ventes à l’étranger. Pourquoi l’Italie ? Pourquoi Akalie ? Comment j’ai procédé ? Je te dis tout plus bas.

Pourquoi Akalie ?

Je pensais d’abord faire traduire le tome 1 de Ryvenn, le premier roman que j’ai publié, celui qui compte le plus de ventes et de commentaires à ce jour, et j’ai finalement renoncé en décidant de traduire Akalie, tout aussi compétitif en termes de ventes, qui est mieux noté que Ryvenn et qui se décompose en plusieurs arcs, ce qui me permet de m’arrêter au tome 3 si je le souhaite et que les ventes ne décollent pas comme je le souhaite (alors que Ryvenn est une série qui se tient en 4 tomes et qui ne peut pas être coupée). J’ai écarté Kacy Matthews de mon plan pour l’instant, la série fera 9 tomes, elle est encore en cours d’écriture, je préférais me lancer sur une traduction avec une série finie (ou un arc narratif fini, ce qui est le cas d’Akalie), pour pouvoir publier la suite sans être dépendante de mon propre rythme d’écriture.

Pourquoi l’Italie ?

Ah, excellente question. Tu n’as pas idée du nombre de personnes qui m’ont demandé : « Mais pourquoi pas le marché anglophone ? Il est plus vaste, plus centré sur la fantasy, plus… ». Bah oui, il est « plus ». Tu sais ce qu’il s’est passé quand je me suis lancée avec mon premier roman en France ? J’ai fait des erreurs. Je suis à peu près certaine que je vais en faire des nouvelles en me lançant à l’étranger. Ce sont des nouveaux rouages qu’il faut activer, dont je ne connais pas les mécanismes encore. Pourquoi est-ce que j’irai griller mes chances dès le début sur le plus grand marché alors que je peux m’attaquer à des plus petits marchés ?

J’ai choisi de commencer par l’Italie, un marché très propice à la fantasy young adult. Comme il se pourrait que j’ai fait une névrose entre temps sur un tas de statistiques et de chiffres sur les ventes numériques de fantasy dans le monde (et plus précisément en France, Italie, Allemagne et aux USA puisque ce sont les marchés sur lesquels je compte être implantée d’ici 2020), il y aura un autre article qui t’expliquera, de manière chiffrée tout un tas de points qui sont entrés en ligne de compte dans mon choix de l’Italie. Pour te les résumer rapidement sans t’assommer et t’ennuyer : l’Italie est un marché équivalent au marché français, il nécessite donc de soulever les mêmes leviers pour percer. L’Allemagne est un marché trois fois plus gros et les USA… bon c’est bien plus gros hein.

J’ai donc choisi de commencer par le marché italien, qui est un marché qui se rapproche du marché français, de voir comment ça se passait, d’y faire mes erreurs, d’apprendre de mes erreurs puis de m’exporter sur le marché allemand (tout en poursuivant la publication de la série sur le marché italien, si celle-ci fonctionne correctement), qui est plus porteur, plus vaste et plus numérique. Ensuite seulement (probablement début 2020 du coup), je me mettrai sur le marché anglophone (amazon.com et amazon.co.uk). Je dispose déjà d’une traductrice pour le marché anglophone, j’attends simplement d’avoir franchi les étapes précédentes avant de me lancer. Je cherche encore un traducteur allemand mais mon réseau s’est lancé sur la question, je ne doute pas de trouver bientôt. Ma traductrice italienne est formidable, je vous en parle plus bas.

Comment est-ce que j’ai fait ?

J’ai la chance de parler couramment italien, de la même manière que je parle couramment anglais, ce qui ne m’empêche pas de vous annoncer une chose très importante : traduire, c’est un métier. Je ne me sens absolument pas capable de traduire mon propre ouvrage et ce, pour plusieurs raisons.

  • j’ai déjà écrit le livre, je l’ai relu X nombre de fois, honnêtement je n’ai pas envie de me replonger dedans
  • mon métier c’est d’être écrivain, pas traducteur, mon temps doit être employé en priorité à écrire de nouveaux romans, pas à traduire mes romans déjà publiés
  • il y a une foultitude de personnes plus compétentes que moi pour gérer la traduction. A nouveau, écrire, c’est un métier. Je peux parler couramment italien et ne pas être capable de traduire mon roman correctement pour autant. Or, la qualité de traduction est très importante : c’est le reflet de votre écrit. Si la qualité de traduction est mauvaise, votre style d’écriture va s’en ressentir, vos lecteurs vont le sentir, votre roman se vendra moins.

J’ai donc fouillé un site qui met en relation des freelances (il s’agit de lesbonsfreelances.com), j’ai déniché la merveilleuse Sara. Sara est traductrice, nous avons le même âge environ, elle n’avait jamais traduit de roman à ce jour, me l’a très honnêtement avoué avant que nous décidions de travailler ensemble et s’est dite prête à tenter l’aventure.

Sara est une perle, voilà je vous le dis, parfois il faut laisser parler l’instinct et c’est ce que j’ai fait avec Sara, je lui ai donné toute ma confiance, elle a travaillé avec sérieux et assiduité. En un mois, ma traduction était prête, elle était revenue vers moi à chaque question qu’elle avait, en me proposant immédiatement les solutions qui lui paraissaient les mieux adaptées (par exemple, bien que le vouvoiement soit monnaie courante dans la langue française, il ne l’est pas en italien, c’est donc un point à discuter). J’avais également besoin d’une correctrice pour relire son travail (non pas que je ne lui fasse pas confiance, mais il reste des erreurs dans les romans que j’écris, elle a finalement réécrit tout un roman, il est normal que quelqu’un relise son travail et je ne pense pas disposer des compétences nécessaires pour voir toutes les erreurs potentielles). Je lui ai demandé si elle connaissait quelqu’un et formidable, elle m’a trouvée une correctrice du tonnerre, en la personne de Francesca, qui est actuellement en train de relire la traduction de Sara.

En termes de délai, j’avais convenu avec Sara qu’elle prenait le temps qu’il lui fallait, sans se presser. Elle travaille très vite, ce qui fait qu’en un mois la traduction était prête. J’ai donné un mois de délai à Francesca de son côté, la correction devrait donc revenir vers mi-juin. De mon côté, je vais faire modifier la couverture du roman, pour l’adapter aux normes italiennes, ainsi que les mentions légales (eh oui, il faut se plonger dans les mentions légales italiennes héhéhé) et bien sûr la mention de la traductrice et de la correctrice. Il faut donc compter deux à trois mois en termes de délai pour cette traduction / correction. Je vais également commander une épreuve papier avant publication, pour m’assurer que la couverture est au top.

En termes de coût, sachez que vous trouverez des traductions à TOUS les prix et je ne rigole pas. Mon roman fait 107 000 mots environ, la traduction a coûte 2 000 euros, la correction 550 euros, le changement de couverture 50 euros. Publier sur Amazon.it ne coûte rien (tout se fait par le même compte KDP). Je vais patienter un peu de voir l’état des ventes, quels moyens de levier à ma disposition pour booster les ventes. Evidemment, demander à des amis de créer un compte Amazon.it et d’acheter mon livre serait l’idéal pour me faire monter dans le classement et me donner un peu de visibilité, mais combien voudront bien le faire (c’est quand même une manipulation lourde) et est-ce que ça suffira pour me donner la visibilité nécessaire pour être vue par le lecteur lambda ? J’ai testé et il faut carrément changer son adresse de résidence pour pouvoir acheter du contenu Kindle en italien avec son compte d’origine française ! Alors que pour le marché allemand, ça passe sans problème (oui j’ai fait une névrose pour comprendre pourquoi, mais je vais vous épargner ma réflexion sur le sujet). Je dois aussi réfléchir à comment gérer mes réseaux sociaux (notamment mon compte Instagram qui est mon compte le plus actif), dois-je basculer en deux langues ? Dois-je créer un compte à part (je ne pense pas que ce soit la solution) ? Si je bascule en deux langues, est-ce que le français et l’anglais ne sont pas les meilleures ? Ne faut-il pas évincer l’italien puisque de toute façon quelques mois après je serai sur les marchés allemands et anglais, je ne vais pas faire des publications dans toutes les langues non plus, non ?

Voilà autant de questions qui trottent dans la tête alors que je ne suis plus qu’à un mois environ du lancement d’Akalie en italien. Je vous tiendrai bien sûr au courant de la sortie, des ventes, des actions mises en place pour aider le roman à se hisser dans le classement.

J’ai bien sûr cherché des sources, des conseils de la part de personnes auto-éditées qui auraient fait traduire leur roman. Hmmm comment vous expliquer que ces sources sont inexistantes ? Ou alors j’ai mal cherché *rires* ! Je vais faire mes propres erreurs et corriger le tir. Si vous vous lancez dans la traduction de votre propre roman, je devrais pouvoir bientôt revenir vers vous avec toutes les erreurs à ne pas commettre !