Tu es ta seule limite

Je rebondis sur un sujet qui me tient à cœur, au point que parfois je ne suis pas toujours délicate avec les gens qui viennent me parler de ce sujet (si, si, ça m’arrive, j’ai plutôt tendance à leur botter le cul qu’à me montrer compatissante, je le reconnais). Beaucoup de gens m’écrivent en me parlant de leurs rêves, que ce soit des amis, des écrivains, des lecteurs. J’ai eu de longues discussions sur ce sujet et à chaque fois, j’en sors avec une impression terrible : l’impression que beaucoup de rêves sont accessibles, mais que malheureusement les gens se mettent eux-mêmes des bâtons dans les roues.

Alors attention, ce n’est pas vrai pour tout le monde, je parle de certains cas et je ne veux pas en faire une généralité. Mais ça me paraît important d’en parler, parce que c’est quelque chose auquel tout le monde peut être confronté un jour.

Prenons un exemple d’une personne qui veut changer de vie. Elle aime son travail, mais sans plus. Elle aspire à autre chose, mais elle ne sait pas quoi, elle n’a pas encore pris le temps de réfléchir à ce qu’elle voudrait vraiment faire. La seule chose qu’elle sait, c’est que la vie actuelle ne lui suffit plus. Que fait-elle pour changer ça ?

Rien.

Strictement rien.

Pourquoi ? Parce qu’elle a déjà mis des freins dans son crâne à son changement de vie. Son frein premier : l’argent. Elle pense qu’elle n’a pas assez d’argent pour changer de vie, que ce serait compliqué de démissionner de son job actuel et de subvenir à ses besoins. Elle n’a pas d’enfants, elle est célibataire, elle n’a pas d’animaux à sa charge, elle n’a même pas un crédit en cours qui pourrait expliquer au minimum sa peur.

Elle ne sait même pas ce qu’elle voudrait faire que déjà, elle a dressé des obstacles sur son propre chemin. C’est comme s’il y avait une infinité de chemins qui s’offraient à elle, des routes toutes prêtes dans lesquelles elle pourrait s’engager, mais qu’elle avait fait en sorte de positionner un paquet d’obstacles pour qu’aucune ne soit accessible. Elle ne sait pas de combien d’argent elle a besoin pour changer de vie, puisqu’elle ne sait même pas à quoi va ressembler sa prochaine vie. Elle voit les freins avant de voir les bienfaits.

L’argent est une limite dont j’entends beaucoup parler au quotidien.

On me dit régulièrement « je ne peux pas, j’ai des enfants, j’ai un crédit immobilier, j’ai un loyer, j’ai…« . J’entends tout ça, et vraiment je compatis. L’aspect financier de la vie est réellement important, même si c’est dommage qu’il ait une telle importance. Je comprends que quand on a déjà du mal à finir le mois, on ne puisse pas se sentir libre de changer de vie. Je comprends qu’on ait des peurs vis-à-vis de ça. Et je comprends qu’il y a certaines situations où effectivement, il ne faut pas prendre de risques, qu’il vaut mieux attendre une période plus propice. Je veux bien l’entendre.

Maintenant, je pense aussi que c’est une sacrée excuse. Et peut-être que vous n’allez pas être d’accord, c’est votre droit, c’est bien normal :). Dans la majorité des livres de développement personnel, on peut lire que l’argent est une excuse, jamais un réel frein. C’est l’être humain qui se met ce frein. Il y a quantités de moyen de changer de vie. Personne ne vous oblige à maintenir le même train de vie, personne ne vous oblige à rester en France, où les loyers sont effectivement élevés. Vous pouvez vous expatrier temporairement au fin fond de la Thaïlande, où vous pourrez avoir un toit pour 200 euros par mois, peut-être même moins. Vous pouvez retourner vivre chez vos parents si vous en avez la possibilité. Vous pouvez vous faire héberger par des amis et trouver un moyen de les aider en échange. Il est certain que c’est plus facile pour mon exemple ci-dessus puisque la personne en question n’a pas d’enfants, pas d’animaux, pas de crédit immobilier. N’ayant moi-même pas d’enfants, je ne me permets pas de parler pour les personnes qui en ont d’autres sous leur responsabilité, bien sûr.

Néanmoins, quand je me suis lancée pour devenir écrivain à temps plein, j’avais un loyer, j’avais des dettes, j’avais même des impôts en retard, j’avais besoin de 1500 euros par mois pour m’en sortir financièrement. Je me suis arrangée pour pouvoir tenter ma chance quand même, j’en ai parlé autour de moi, j’ai recueilli des avis (attention, tous les avis ne sont pas bons à prendre, n’oubliez pas que les gens projettent leurs propres peurs sur vous), j’ai trouvé un moyen de m’en sortir. J’ai la chance d’avoir un colocataire qui était prêt à m’aider financièrement pendant une période définie. Et si ça ne se passait pas bien, évidemment j’avais un plan B : je retournais travailler, pour éviter de me plonger dans une situation qui aurait été vraiment difficile pour le coup. Il faut prendre des risques dans la vie, il faut se sortir de sa zone de confort, mais il ne faut pas non plus se mettre en danger au point d’en être paralysé.

Ce que je veux vous dire, c’est que l’argent, qui est le frein que je rencontre le plus quand je discute avec des gens, n’est pas toujours le réel obstacle. L’obstacle, c’est vous. Depuis quand est-ce que vous vous laissez arrêter par un obstacle ? Depuis combien de temps vous restez dans votre zone de confort à vous dire que ce n’est pas possible PARCE QUE… (mettez ce que vous voulez derrière ce « parce que »). Parce que quoi ? Pourquoi ne pas prendre le problème dans l’autre sens ? Ce n’est pas un obstacle qu’il vous faut, c’est une solution. Réfléchissez autrement. Combien vous faut-il d’argent exactement ? Y a-t-il des personnes qui peuvent vous aider ? Il n’y a pas de mal à demander de l’aide. Sur combien de temps voulez-vous tenter votre chance ? Parce que voilà un moyen de vous rassurer : donnez-vous un laps de temps pour essayer et si ça ne fonctionne pas, ayez déjà votre back-up plan de prêt. Je ne suis pas vraiment pour les back-up plans, parce que je pense que c’est un moyen de se dire « bon si ça ne marche pas c’est pas grave, j’ai toujours mon plan B de disponible » et de ne pas se donner à fond. Mais moi-même, j’avais un back-up plan et je dois dire qu’à la fois c’était rassurant de savoir que j’allais pouvoir me rattraper financièrement si jamais je n’y arrivais pas, et à la fois c’était motivant parce que je n’avais tellement pas envie d’en arriver à ce plan B, que j’ai mis toute mon énergie pour qu’il ne soit pas nécessaire.

Mais avant même de vous prendre la tête sur la question des freins, qu’ils soient géographiques, financiers, familiaux… Trouvez d’abord votre voie. Qu’est-ce que vous voulez faire vraiment, au plus profond de vous ? Pourquoi dresser des obstacles sur votre route si vous ne savez pas encore laquelle choisir ? Vous êtes votre propre limite. Tu es ta propre limite. Tu es celui qui poses les obstacles sur ton chemin. Tu peux aussi être celui qui les surmonte, qui les contourne, qui trouve un moyen de les franchir s’ils existent vraiment, ou tout simplement de les abolir si ce sont uniquement des freins psychologiques.

La vie est courte, beaucoup trop courte pour la passer à faire des choses qui ne nous rendent pas heureux, qui ne nous épanouissent pas réellement.

A côté de ces histoires de freins, j’entends aussi de merveilleuses histoires. Je suis entourée de personnes qui tentent leur chance, qui persévèrent, qui ne laissent pas les difficultés les arrêter. Une autrice s’apprête à prendre une année sabbatique pour tenter sa chance. Un auteur a décidé de retourner vivre dans la maison familiale pour pouvoir se consacrer à l’écriture et a quitté son travail qui ne le satisfaisait plus. Et j’ai encore d’autres histoires comme ça que j’aimerais vous raconter. Toutes ces personnes ont quelque chose en commun : la détermination, la persévérance, la certitude que c’est ce qu’elles veulent faire de leur vie. Elles préfèrent l’épanouissement à l’opulence financière. Elles sont passionnées. Elles veulent vraiment tenter leur chance. Elles veulent vivre leur rêve.

Certains rêvent d’Hollywood Boulevard, de voyager à travers le monde, de changer de ville toutes les semaines, de pays tous les mois. D’autres rêvent d’être simplement chez eux et d’écrire toute la journée. Il n’y a pas de rêve plus fort qu’un autre, il y a juste le vôtre. Plutôt que de réfléchir à tout ce qui va se mettre en travers de l’accès à votre rêve, commencez à réfléchir à ce que vous pourriez faire pour libérer le chemin.

Mais surtout, avant, ayez une vision. Sachez ce que vous voulez de manière précise. Si l’un de vos rêves est d’avoir de l’argent, justement, il ne s’agit pas de se dire « je veux être riche« . Combien est-ce que vous voulez exactement ? Combien vous faut-il pour obtenir ce qui vous fait envie dans la vie ? Quelle est la somme exacte que vous aimeriez gagner ? Et si ce n’est pas l’argent qui vous fait envie (pour ma part, je préférais gagner pile ce dont j’avais besoin pour vivre et pouvoir écrire à temps plein, plutôt que de gagner mieux ma vie mais de faire un travail qui ne me satisfait pas, j’ai la chance aujourd’hui d’avoir obtenu les deux), qu’est-ce qui vous fait envie ? De voyager ? Très bien, quels pays voulez-vous visiter ? Combien de temps voulez-vous y rester ? Combien est-ce que ça coûte ?

Et si ce que vous voulez, c’est devenir écrivain à temps plein, combien de livres voulez-vous écrire ? Voulez-vous être auto-édité ou publié par une maison d’édition ? Combien d’exemplaires est-ce que vous devez vendre pour vous en sortir ?

Ce sont des questions très terre à terre, mais elles permettent de mieux se rendre compte de la réalité. Une amie autrice a découvert récemment que si elle se faisait héberger par sa famille ou ses amis, elle n’avait besoin que de 500 euros par mois pour subvenir à ses besoins (factures, assurance, soins du chien, médicaments pour elle). Elle a trouvé un moyen d’obtenir ces 500 euros de manière différente que par le salariat et qui ne lui prendrait pas beaucoup de temps (par un job d’indépendant), elle a trouvé un hébergement et elle va quitter son job pour tenter sa chance et consacrer tout son temps libre à l’écriture. Elle s’est donné des objectifs, elle sait ce qu’elle veut accomplir pendant l’année qu’elle se donne pour essayer. Mais surtout, elle s’est donnée l’opportunité d’essayer.

Parce que tant qu’on n’essaye pas, on ne sait pas.

On ne sait pas si on peut réaliser son rêve, s’il va réellement nous épanouir, si c’était vraiment ce qu’on voulait faire de notre vie. En revanche, on se posera toujours la question. Et si ? Et si j’avais pris six mois de ma vie pour écrire à temps plein, est-ce que j’aurais pu en faire ma vie ? Et si je m’étais levée une heure plus tôt tous les matins pour écrire mon roman, le finir et l’auto-éditer, est-ce qu’il aurait trouvé son lectorat ?

Il y a d’autres peurs et d’autres freins, parfois plus difficiles à identifier, sur le chemin qui nous mène à nos rêves. Parfois, on a peur de devenir une autre personne, que les gens nous perçoivent comme quelqu’un qui a « changé ». Parce qu’en changeant de métier, de vie, on a l’impression de changer d’identité. Et on a peur de ne plus être la même personne et par conséquent, de ne plus recevoir l’amour de nos proches. J’en parle, parce que je crois que c’est un frein très profond mais très important, qui est souvent ignoré. « Et si je deviens écrivain, est-ce que ma famille m’aimera toujours ? Est-ce que mes amis continueront de m’apprécier ? » Parce que les sujets de conversation ne seront plus les mêmes, le rythme de vie non plus et il faut bien le reconnaître, beaucoup de personnes ont des préjugés sur ce type de métier.

Je ne crois pas que ça doive être un frein non plus. Je crois qu’il faut s’accomplir en tant que personne, tendre à être le plus sincère envers nous-mêmes et envers nos ressentis et essayer d’accomplir nos rêves pour s’épanouir. Si en chemin, certaines personnes nous apprécient moins, c’est tout simplement que nos chemins doivent se séparer. Il y aura d’autres personnes sur le chemin qui voudront vous soutenir et vous encourager. Ne vous accrochez pas au passé comme s’il allait vous porter vers l’avant. Ce n’est pas le cas. Parfois, pour avancer, il faut au contraire se débarrasser du poids qui nous tire vers le bas. On évolue, nos proches évoluent aussi, il est normal que parfois les chemins s’éloignent. Parfois c’est temporaire, parce qu’il faut un temps d’adaptation, parfois c’est définitif. Vous ne devriez pas retenir les changements dans votre vie parce que vous avez peur de ne plus recevoir l’amour de vos proches. Aimez-vous déjà, parce que c’est important de s’aimer pour pouvoir donner de l’amour aux autres. C’est important d’être soi-même un pilier pour soi, pour éviter de s’écrouler quand les piliers extérieurs se désagrègent. Soyez bien dans vos baskets, c’est comme ça que vous pourrez aider le plus de personnes autour de vous. Mais surtout, par pitié, ne laissez pas cette peur vous empêcher d’avancer. Soyez celui ou celle que vous devez être. Sans frein, sans barrière, sans limite.

Je vous laisse sur une vidéo d’Arnold Schwarzenegger. Pour rappel, c’est un autrichien, né après la guerre, dans un contexte économique difficile pour l’Autriche, qui a trouvé sa vision, son but, qui s’est battu pour. Qui est devenu un champion de bodybuilding, puis un acteur extrêmement renommé, malgré son accent autrichien. Puis il est devenu gouverneur de la Californie, bon sang ! Vous croyez qu’il y avait combien d’obstacles sur son chemin pour réaliser tout ça à une époque où s’expatrier n’était pas aussi simple que de nos jours ? Vous croyez qu’il fallait quelle force mentale pour faire face à tous ceux qui lui disaient que ça ne fonctionnerait jamais, qu’il n’y arriverait pas ? Il vous parle de ses cinq règles pour atteindre ses buts dans la vie ici : vidéo d’Arnold Schwarzenegger.

Cessez de vous limiter. Soyez vous-mêmes.

Si je n’avais pas quitté mon job, si je n’avais pas pris ce risque, rien de ce que je vis depuis un an ne serait arrivé. Si je ne m’étais pas donnée l’opportunité de vivre mon rêve, il ne serait pas venu à moi en claquant des doigts. Le slogan de la Française des Jeux c’est : 100% des gagnants ont tenté leur chance. Je ne vous encourage pas à jouer au Loto. Mais si vous ne tentez pas de vivre votre rêve, c’est sûr que vous ne l’atteindrez jamais.

100% des rêveurs ont tenté leur chance.