Bilan des ventes d’août (accrochez-vous)

Eh bien, voilà, c’est officiel et logique : août est le mois où les gens ont le plus de temps pour lire et où les ventes explosent. C’est amusant parce qu’on parle beaucoup de septembre, de la rentrée littéraire, des plus de 700 titres qui sont parus en septembre (juste pour les maisons d’édition, les auto-édités ne sont bien sûr pas inclus) et des difficultés des libraires pour mettre en avant autant de titres… et ailleurs on dit qu’il faut publier son roman en septembre parce que c’est LE mois du livre.

Eh bien, mon avis n’engage que moi, mais il est bien différent sur cette question. Après avoir testé successivement tous les mois de l’année, je ne crois pas que septembre soit le bon mois pour sortir un livre. Déjà, en raison de la concurrence, ensuite parce que c’est la rentrée, les gens sont occupés : ils courent à gauche et à droite pour rattraper le retard pris pendant l’été, lire tous les emails en retard, s’occuper de s’inscrire à des activités ou d’inscrire les enfants. Mais les ados, ils ont le temps vous allez me dire ? Bah non, les ados c’est la rentrée pour eux aussi, ils découvrent les livres scolaires qu’ils doivent se procurer et lire. Ils commencent par prendre de bonnes habitudes et délaissent un peu leurs lectures préférées pour se concentrer sur les lectures des cours et c’est bien normal. Et puis on parle budget ? Le budget explose à la rentrée ! Il faut acheter les fournitures scolaires, les livres de cours, de nouveaux vêtements pour les enfants, payer les activités extrascolaires…

Alors pourquoi est-ce que je lis partout qu’il faut faire partie de la rentrée littéraire ? Au contraire, je pense que l’un des meilleurs moments pour publier en tant qu’auto-édité, c’est août : d’abord parce que vous avez peu de concurrences, il y a très peu de publications en août alors que c’est un mois de GRANDE lecture, vraiment. Ensuite, je crois que se comparer au marché du livre papier, distribué en librairie, alors que nous sommes sur un marché numérique, distribué via une plateforme numérique, est une erreur. Autant quand on part en vacances en août, on a des difficultés à se procurer des livres papiers, peut-être parce qu’on est en pays étranger, peut-être parce qu’on n’a pas de librairie sur le lieu de vacances ou qu’on ne connaît pas bien le coin et qu’il faudrait chercher et bon sang, on est en vacances, on est pas là pour trouver une librairie. Mais le numérique ? Les liseuses ? Même s’il n’y a pas le wifi, il suffit de se connecter à la 4G du smartphone pour obtenir le prochain roman à lire. Même sur la plage on peut télécharger le dernier roman qu’on voulait lire pendant l’été. Même sur la plage on peut lire les commentaires des autres lecteurs qui nous le recommandent. Peut-être qu’effectivement, pour les romans papiers, la meilleure période, c’est septembre, notamment parce que beaucoup de librairies ferment leurs portes en août pour prendre des congés annuels. Devinez quoi ? Amazon ne ferme jamais. Amazon c’est un marché ouvert 24h sur 24, 7 jours sur 7. Si vous êtes auto-édité ou si vous comptez le devenir, il faut savoir faire la part des choses. Oui, nous devrions proposer un travail, un roman, aussi bien fini qu’un roman qui sort d’une maison d’éditions, parce que c’est ce que le lecteur attend et sur ce point, on devrait se comparer aux maisons d’édition. En revanche, nous ne jouons pas selon les mêmes codes. Le marché en ligne et le marché des librairies ne sont pas les mêmes. Il ne faut pas se dire que parce que dans l’univers du livre papier, le meilleur moment pour publier c’est Septembre et Janvier, que c’est vrai aussi pour les plateformes en ligne. Surtout dans le cadre d’une rémunération à travers l’abonnement Kindle : il faut que les gens aient le temps de lire pour consommer des pages (pour rappel on est rémunéré à la page lue en tant qu’auto-édité dans l’abonnement Kindle). Quel est le moment de l’année où ils ont le plus de temps pour lire ? Pendant les vacances. De la même manière, on dit que Noël est propice à la vente des livres. Oui c’est vrai pour le numérique, mais pas parce que c’est Noël : parce que ce sont les vacances. Autrement, sous le sapin, il y aura plutôt des livres au format papier (ou une liseuse numérique) parce que c’est une fête qui préfère les objets matériels que l’on peut déballer plutôt que d’offrir des romans numériques.

Voilà, mon topo sur ce que je pense de la rentrée littéraire étant fait, désolée pour ce long discours, on passe à ce qui vous intéresse : le bilan des ventes d’août.

En août, j’ai publié le premier tome d’une nouvelle série intitulée Archibald Skye. Le titre du tome 1 est « Y a-t-il pénurie de chamallows à San Francisco ? » et annonce la couleur : c’est déjanté. J’ai mis beaucoup de ma personnalité dans ce roman, j’avais un peu peur des retours parce que… eh bien… c’est barré. Il faut être prêt mentalement quand on se lance dedans. Au final, je pense avoir mis en place un résumé sur Amazon suffisamment clair pour prévenir le lecteur qui n’aime pas les romans un peu humoristiques de s’épargner la lecture et par conséquent attirer la bonne cible à mon livre. C’est un autre point hyper important que j’évoquerai dans un prochain article : ne cherchez pas à viser le public qui n’est pas le vôtre. Au contraire, vous voulez que votre cible et uniquement votre cible, atteigne votre ouvrage. Ratisser large alors que vous savez que votre cible est dans une niche, ça ne sert à rien. Allez directement à la niche, épargnez-vous les gens qui ne sont pas fans de votre genre littéraire, ce sont ceux qui risquent de ne pas apprécier et de vous laisser une mauvaise note. On ne peut pas plaire à tout le monde : allez directement au public auquel vous allez plaire.

Détails des ventes pour le mois d’août 2019

Alors l’image est tout bonnement illisible en raison d’une offre éclair pour laquelle j’ai été sélectionnée par Amazon qui a eu lieu le 24 août 2019 et qui donne l’impression que je n’ai rien vendu les autres jours du mois. Le 24 août j’ai donc fait un pic de ventes à 316 ventes numériques et 2 ventes brochées. Si on oublie cette journée, la journée la plus basse en termes de ventes se situait à 43 ventes numériques, sinon je dépassais régulièrement les 50 ou les 60 ventes numériques par jour en août. Les ventes papier sont montées jusqu’à 12 exemplaires vendus en une seule journée.

Pour ce qui est des pages lues, le record du nombre de pages lues en un seul mois est tombé, tout autant que le record du nombre de pages lues en une seule journée. Pendant la moitié du mois le nombre de pages lues était au-dessus de 50 000 pages en un jour. Au plus bas j’ai été à 44 667 pages lues en une journée, au plus haut à 69 491 pages lues, ce qui représente l’équivalent de 139 de mes romans lus intégralement dans la journée rien qu’avec l’abonnement Kindle (c’est bien sur une hypothèse pour vous donner une idée puisqu’il y a sûrement des gens qui ont lu 3 pages, d’autres 300…)

Pour vous donner une idée de l’évolution en un an, j’ai trouvé ces magnifiques schémas sur les statistiques KDP :

Evolution du nombre de ventes format papier et de ventes numériques de août 2018 à août 2019

Evolution du nombre de pages lues dans l’abonnement Kindle de août 2018 à août 2019

En août 2018, j’avais eu :

  • 304 ventes format numérique
  • 24 ventes format papier
  • 184 596 pages lues dans l’abonnement Kindle

En août 2019, j’ai eu :

  • 2 041 ventes format numérique
  • 135 ventes format papier
  • 1 684 043 pages lues dans l’abonnement Kindle

Détail par titre des ventes numériques et des pages lues dans l’abonnement Kindle pour le mois d’août 2019

Détail par titre des ventes brochées pour le mois d’août 2019

Y-a-t-il pénurie de chamallows à San Francisco se bat avec Ygnit en tête des ventes du mois, ainsi qu’avec le dernier tome de Ryvenn : La nouvelle meute. On commence à vraiment sentir l’impact de publier tous les mois : le dernier tome de Ryvenn a été publié en juin, Ygnit a été publié en juillet et Y a-t-il pénurie de chamallows à San Francisco en août. Cela conforte l’idée qu’un cycle de ventes dure environ 3 mois avant que les ventes baissent vraiment de manière drastique.

En termes de revenus pour ce mois d’août 2019, je vous fais les rappels classiques : je suis exclusive Amazon, c’est donc mon unique source de revenus. Je gagne de l’argent via trois moyens différents :

  • Les ventes de livres numériques, qui me rapportent 3,92€ brut chacun
  • Les ventes de livres au format papier, qui me rapportent entre 2 et 3€ chacune, en fonction du format et du nombre de pages
  • L’abonnement Kindle : entre 0,0041€ et 0,0044€ la page. Il y a une part du montant de l’abonnement Kindle que chaque personne possédant l’abonnement paie qui va directement dans le fonds mondial KDP. Ce fonds est reversé intégralement tous les mois aux auteurs. Nous sommes rémunérés en fonction de notre nombre de pages lues par rapport à la totalité du nombre de pages lues dans le mois dans l’abonnement.

Revenus par marché pour le mois d’août 2019

En vous épargnant les virgules et les conversions, on arrive à un total de 14 335 euros brut environ. Là-dessus il faut retirer les cotisations sociales (22% si vous êtes micro-entrepreneur, 15% si vous êtes à l’Agessa et que vous avez ouvert une maison d’édition pour avoir un contrat d’auteur) puis bien sûr les impôts sur le revenu. Comme le versement des revenus Amazon est décalé de deux mois (ils paient à 60 jours fin de mois), je toucherai cette semaine à fin octobre, ce qui fait que j’aurai ouvert ma maison d’édition et que je pourrais payer les cotisations de l’Agessa. Je ne me verserai certainement pas tout l’argent mais pour vous donner une idée, si je le faisais, je paierai 15% de cotisations sociales sur la totalité : il reste 12 185 euros après. Puis l’impôt sur le revenu passe par là, c’est difficile de le calculer car la croissance des revenus se poursuit (tant mieux évidemment), mais il resterait probablement un peu plus de 9 500 euros net (dans l’hypothèse où je me verse tout ce mois-là ce qui ne sera pas le cas, c’est vraiment pour vous donner une idée du net mais notez bien que pour l’impôt sur le revenu c’est calculé sur une année civile complète donc ça dépend des revenus globaux de l’année).

Histoire de vous rappeler à quoi ça ressemblait en août 2018, soit il y a un an, voici le tableau des revenus de l’année dernière :

Revenus par marché pour le mois d’août 2018

On était grosso modo à 1638 euros net après cotisations sociales. Et 1500 euros après impôts environ. Et pour vous rendre compte au global, d’août 2018 à août 2019, donc sur 13 mois :

Détail des revenus par marché d’août 2018 à août 2019 inclus

En termes de classement, je n’ai pas pensé à faire des captures d’écran en août, mais à l’heure où j’écris ces lignes j’ai 3 romans dans le top 100 global Amazon, qui sont successivement 1er, 2ème et 3ème de leur catégorie Ebooks fantastiques pour adolescents (le classement étant mis à jour toutes les heures, si vous souhaitez aller vérifier, ce ne sera peut-être plus d’actualité au moment où vous irez). Mon roman le moins bien classé sur les 12 parus à ce jour, se trouve à la 20ème place de cette même catégorie et à la 633ème place globale du classement des ventes Amazon. Les autres sont entre les deux, ce qui signifie que dans le top 20 des Ebooks fantastiques pour adolescents, on trouve mes 12 romans. C’est un petit peu fou. Attendez, je prends une minute pour réaliser. Oui, c’est complètement fou en fait. J’ai une chance de dingue !

Une chose est sûre, j’ai trois mots pour vous : c’est possible. C’est possible de vivre de ses revenus d’auto-édités. C’est possible de se lancer pour vivre son rêve, c’est possible de s’auto-éditer avec Amazon, c’est possible de changer de vie si on est prêt à travailler pour y arriver. Si je vous partage ces revenus, c’est pour vous le rappeler, pour vous montrer ce qu’il y a derrière les classements des ventes en termes de revenus. Parce qu’on entend tellement que les auteurs vivent dans la précarité, et oui c’est vrai pour beaucoup. Mais c’est aussi vrai qu’on peut s’en sortir. De toute façon, il y a une chose extrêmement importante que j’ai envie de vous dire : si vous n’essayez pas, vous ne saurez jamais. 100% des auteurs auto-édités qui vivent de leurs revenus d’auto-édités ont tenté leur chance et se sont publiés. A vous de jouer !