Et si on parlait valeurs ?

Je discutais cette semaine avec une lectrice des valeurs qu’on transmet à la génération suivante (enfin des valeurs que les parents transmettent à leurs enfants, mais comme je n’ai pas d’enfants… est-ce que je transmets mes valeurs à mes chiens ? Telle est la question !), en songeant que peut-être, il y avait des choses qui s’étaient perdues en chemin dès notre génération (ma génération, celle des 30 ans) car nous ne parvenons pas à les transmettre. Mais bon c’est tout un débat et ce n’est pas celui dans lequel je souhaite m’engager aujourd’hui. Je voulais déjà parler des valeurs. Tout court. Sans débat de transmission.

J’ai passé vingt-cinq ans à avancer dans ma vie sans prendre conscience des valeurs qui étaient les miennes. Je voyais celles des autres (mais je confondais ça avec des qualités), je voyais celles que les mangas diffusaient (et j’adorais), mais je n’avais jamais pris le temps de faire l’exercice suivant : déterminer mes propres valeurs.

Parmi mes valeurs, il y a la détermination.

Ce n’était pas très simple, d’abord parce que la définition de valeur en soi, ce n’est pas toujours clair. Grosso modo, les valeurs c’est ce en fonction de quoi on agit. On peut y ajouter les contre-valeurs : ce en fonction de quoi on réagit. Par exemple, une de mes contre-valeurs c’est l’injustice. Rien de tel pour me hérisser le poil. Une de mes valeurs, c’est la bienveillance (oui je me passe de la pommade c’est choupi-trognon hein ?). Attention, ce n’est pas parce que c’est ma valeur que j’agis toujours en fonction d’elle, mais le but c’est de tendre vers ça. Quand j’agis en fonction de mes valeurs, je me sens bien. Quand je n’agis pas en fonction de mes valeurs (ce qui arrive très rarement maintenant que j’ai compris le truc), je me sens mal. Du coup, avant de réfléchir à quelles étaient mes valeurs (et attention, ce n’est pas un truc figé, je vous rappelle qu’on évolue tout au long de sa vie, il est logique que vos valeurs, comme vos rêves et vos aspirations, évoluent également), il y avait plein de moments où je me sentais mal, je sentais que j’avais fait quelque chose qui ne me plaisait pas, mais je ne parvenais pas à comprendre pourquoi je me sentais aussi mal (parfois pour des trucs futiles évidemment).

Puis, j’ai fait ce fameux exercice de déterminer mes valeurs et mes contre-valeurs. C’est un exercice qui a changé ma vie. D’abord, parce que j’ai pu comprendre que mes contre-valeurs dataient de mon enfance et de mon adolescence, par exemple pour l’injustice, j’ai réfléchi à mon premier souvenir qui me revenait d’une situation d’injustice qui aurait éveillé cette contre-valeur en moi et à chaque fois, je pouvais remonter très loin dans le passé, c’est souvent lié à l’enfance, l’adolescence et la famille, c’est le moment où on construit ses contre-valeurs. Les valeurs, en revanche, se construisent petit à petit et peuvent continuer de se construire tout au long de notre vie. Les miennes ont déjà évolué en cinq ans, je ne doute pas qu’elles changeront encore au cours des dix prochaines années.

Je vous encourage vivement à faire cet exercice. Trouvez 10 valeurs, trouvez 10 contre-valeurs (qui ne soient pas les exacts opposés de vos valeurs, ce n’est pas parce que la justice est votre valeur que l’injustice est une contre-valeur. Réfléchissez à ce qui vous hérisse les poils (contre-valeur) et à ce qui vous donne envie de soulever des montagnes (valeur)). Réfléchissez : est-ce que vous agissez en fonction de vos valeurs au quotidien ? Ce n’est pas grave si ce n’est pas le cas aujourd’hui, vous venez de poser la première pierre pour commencer à agir en fonction de vos valeurs et vous sentir mieux dans votre peau. Ça ne va pas changer du jour au lendemain, mais maintenant que vous en avez conscience, il y a des situations qui vous feront plus réfléchir qu’avant.

Notez bien que vos valeurs ne sont pas les mêmes que celles de votre voisin et que parfois on ne s’entend pas avec quelqu’un parce qu’on n’a pas les mêmes valeurs. Ça ne veut pas dire que les nôtres sont mauvaises, ou que les siennes sont supérieures, ça veut dire que nous sommes différents.

Et tant mieux ! On se ferait bien chier sur cette planète si tout le monde était identique.

Nos valeurs nous poussent à prendre des décisions dans un sens et pas dans l’autre, elles nous entraînent sur un mode de vie particulier et je trouve dommage qu’aujourd’hui, on n’y fasse plus vraiment attention. Pour moi, nos valeurs sont aussi importantes que nos rêves. On peut accomplir son rêve sans respecter ses valeurs et tout à coup notre rêve se brise, il n’a pas la même saveur, il n’est pas comme on l’imaginait, parce qu’on a piétiné nos valeurs en voulant le réaliser. C’est comme se manquer de respect à soi-même, vous voyez ? Alors que le réaliser tout en accord avec ses valeurs, c’est s’épanouir.

Je pense que quand on n’agit pas en fonction de ses propres valeurs, au quotidien, on se nuit à soi-même. Comme je le disais plus haut, on se manque de respect. Il y a plein de choses dans notre environnement, dans les gens qui nous entourent, qui nous poussent parfois à trahir nos valeurs. Ce n’est pas grave, ce n’est pas la fin du monde (enfin pour moi ça ressemble souvent à la fin du monde tellement je m’en fais une maladie, mais j’espère que tout le monde n’est pas comme moi à ce sujet), l’important c’est d’avancer sur la bonne voie et de revenir à ses valeurs. D’ailleurs, l’ayurvéda, une médecine millénaire qui nous vient de l’Inde, c’est l’art de l’équilibre. C’est accepter que nous sommes en perpétuel recherche de l’équilibre et qu’à chaque journée qui passe, nous essayons de faire en sorte d’atteindre l’harmonie. Et le plus important, ce n’est pas forcément d’y arriver, c’est de tendre vers cet objectif.

Bon, y arriver c’est quand même un méga plus, mais ce que je veux dire c’est que si on est en perpétuelle quête de l’équilibre, il y a forcément des moments où on y arrive. Et quand on s’égare, ce n’est pas grave, on connaît le chemin pour revenir à l’harmonie. Je crois que c’est pareil avec les valeurs : une fois qu’on les connaît, qu’on les a assimilées et qu’on sait que s’écarter du chemin nous fait du mal à nous-mêmes, on oeuvre pour que ça n’arrive plus.

Je voulais vous parler de valeurs aujourd’hui, outre parce que j’en ai parlé avec une lectrice et que la discussion était fort intéressante, mais aussi parce que je pense que ça nous aide à accomplir nos rêves et à atteindre nos objectifs, de savoir quelles sont nos valeurs. Ça nous aide à savoir quel chemin nous voulons emprunter pour atteindre nos buts. Je préfère que la route soit deux fois plus longue, mais qu’elle respecte mes valeurs, plutôt que le chemin soit court mais qu’il piétine ce en quoi je crois et que je me sente mal de l’avoir obtenu.

Je ne sais pas s’il existe un karma, mais je suis à peu près certaine que quand on est sincère avec soi et avec les autres, ça rejaillit de manière positive sur nous un jour ou l’autre. Déjà, ça rejaillit au quotidien puisqu’on est en accord avec nos décisions et nos actions. Mais ça vous rend crédible. Vous savez, pour être crédible, il n’y a rien de tel qu’être naturel. Vous ne risquez pas d’être pris en défaut un jour, parce que vous êtes sincère tout simplement. Je sais qu’on est dans une société qui nous a inculqués qu’il faut être parfait. Absolument parfait. Mais la perfection, ça n’existe pas. Ou alors, ça existe quand on est sincère. Quand on accepte nos bons, comme nos mauvais côtés. Quand on travaille sur soi. Une fois qu’on connaît ses travers et qu’on les assume, ou qu’on les a bien identifiés, qu’on sait qu’ils ne nous plaisent pas, mais qu’on a mis en place quelque chose pour travailler dessus, je ne vois pas en quoi on peut nous reprocher quoi que ce soit. Quand on fait déjà de son mieux, on ne peut pas faire plus. Il n’y a pas besoin de viser la perfection, je crois qu’il faut plutôt viser l’épanouissement, le sentiment d’être bien dans sa peau. Et ça, ça passe par l’acceptation de qui on est et de quelles sont nos valeurs.

Alors si vous avez quelques minutes aujourd’hui, je vous encourage à prendre le temps de réfléchir à vos valeurs. N’hésitez pas à me les partager si l’envie vous prend. Pour ma part, je continue de travailler sur les miennes au quotidien et je sens bien quand je m’en éloigne, je rectifie tout de suite le tir. Il y a une sorte de mise en garde qui se fait dans mon corps et dans mon coeur quand je m’éloigne de mon propre chemin. Une petite palpitation, un sentiment de malaise. Et quand j’écoute vraiment les symptômes, je réalise tout de suite que j’ai fait quelque chose qui n’était pas en accord avec moi-même. C’est bien normal que je me sente mal. Il y a des fois où il faut accepter son erreur, il y a des fois où il faut la réparer, il y a des fois où il faut se pardonner. Par exemple (exemple volontairement banal, je tiens à le préciser), si j’avais prévu une to-do list géniale pour la journée et que je me retrouve à avoir une envie de dingue de faire la sieste, sachant que la flemmardise n’est pas dans mes valeurs, c’est une de mes contre-valeurs, il peut se passer plusieurs choses :

1 – j’ai très mal dormi la nuit précédente et il est normal que je sois fatiguée, je ferais mieux de faire la sieste, d’accepter que j’en ai besoin et d’accepter qu’au vu de mon niveau d’énergie, ma to-do list était trop gourmande. Et je parle d’accepter sincèrement 🙂 De telle sorte qu’ensuite, à mon réveil, je ne suis pas en train de culpabiliser de ne pas avoir fait tout ce que j’avais prévu. Ce n’est pas de la flemmardise : je n’ai pas à en culpabiliser, j’avais vraiment besoin de récupérer.

2 – c’est de la pure flemmardise, j’ai trop mangé, j’ai la flemme de passer à la tâche suivante parce qu’elle ne m’enchante pas, c’est vraiment pas top –> c’est le moment de se faire violence car si je cède à la sieste, à mon réveil, je vais m’en vouloir, tandis que si je ne cède pas, la fatigue va disparaître d’ici quinze minutes et je serai contente d’avoir lutté un petit peu contre (et puis la prochaine fois je ne mangerai pas autant aussi, tsss). Je ne cède pas à la flemmardise ! Ce n’est pas dans mes valeurs ! J’attaque la tâche suivante et la fatigue disparaître. Erreur évitée !

3 – aaaaah j’ai cédé à la flemmardise, j’ai fait la sieste, je ne me sens pas très bien à mon réveil, j’ai l’impression d’avoir perdu une partie de ma journée alors que j’aurais pu éviter ça. J’ai été faible. Mais bon, c’est fait. Je n’ai pas fait de mal à autrui (mais à moi-même si), je ne peux pas revenir dessus. Ca ne sert strictement à rien d’y penser en boucle pendant trois heures en me répétant « ah mais si j’avais pas fait la sieste ! ». Je me pardonne. Je me dis que la prochaine fois, je me souviendrai de cet état dans lequel je suis et que je ferai de mon mieux pour ne pas céder.

C’était un exemple très banal parce que si on prend des choses plus importantes, comme une interaction avec d’autres personnes, on entre tout de suite dans des débats sans fin. Je voulais vous montrer quelque chose entre soi et soi-même. Je pense que vous avez déjà vécu des situations de ce genre où d’une certaine manière vous vous décevez vous-même. C’est important d’identifier s’il y a vraiment eu déception et piétinage de valeurs, ou si quelque chose d’autre était prioritaire. Et c’est important de se pardonner. Parce qu’à nouveau, nous ne sommes pas parfaits Prétendre vouloir l’être c’est… eh bien c’est prétentieux ma foi. Vous avez envie d’être prétentieux ? Personne n’aime être prétentieux. C’est presque un gros mot de nos jours, utilisé à tout-va et pas dans les bons contextes en plus.

Acceptez vos imperfections, acceptez que parfois vous allez dévier du chemin que vous vous étiez tracé. On ne peut pas être au top de sa forme au quotidien, on ne peut pas agir 100% en fonction de ses valeurs tout le temps.

Ce qu’on peut faire, c’est essayer. C’est tout ce qu’on peut se demander à soi-même.

Identifiez vos valeurs et contre-valeurs, elles vous aideront à savoir qui vous êtes. Acceptez-les et acceptez-vous. Nous sommes tous différents, personne ne peut dicter vos valeurs pour vous, c’est à vous de décider celles en fonction desquelles vous voulez agir. Et si vous dérapez, n’oubliez pas qu’il y a peu de choses qui ne sont pas réparables dans ce monde. Communiquez, soyez sincère, allez de l’avant, pardonnez-vous. Utilisez vos valeurs pour avancer. Si la détermination et la persévérance font partie de vos valeurs par exemple, vivez-les pleinement pour avancer dans la réalisation de vos rêves.

Sur ce, je pars m’auto-flagelller parce que je n’ai pas accompli toute ma to-do list de la journée ! #hypocrite #jedéconnebiensûr