Si on parlait d’objectifs ?

On est en octobre et déjà je vous parle des objectifs 2020. Est-ce que je suis folle ? Et si je vous disais que je voulais déjà vous en parler en septembre, mais que je n’ai pas pris le temps de le faire ?

Je pense que les objectifs doivent être définis bien avant la fin de l’année pour être efficaces. Plus on commence à y réfléchir tôt (enfin pas trop tôt non plus hein, ça sert à rien de sortir les décos de Noël en juin), plus on a le temps de visualiser ce qu’on veut, de le préciser et de déterminer les étapes pour parvenir à notre objectif. Quelle est la vision globale derrière ? Quelles sont les tâches à découper pour y parvenir ? Combien de temps est-ce que ça va nous prendre ? Et ok, sur le plan professionnel vous avez réfléchi, vous avez vos objectifs. Mais sur le plan personnel, quels sont nos objectifs ?

Voilà pourquoi, dès le mois d’octobre, j’aimerais aborder avec vous le sujet des objectifs. Ce qui nous amène à une première question : est-ce que vous avez des objectifs ?

Votre objectif peut très bien être de refaire exactement la même chose que cette année, si c’est ce qui vous rend heureux. Je trouve qu’il est important d’avoir des objectifs parce qu’ils permettent de mesurer notre avancée, de regarder en arrière et de se dire « oui, j’en ai fait du chemin« . C’est ce qui nous donne un sentiment d’accomplissement, ce pour quoi on peut se récompenser. Sans objectifs clairement définis, difficile de dire « oui j’ai réussi« . Et quand je dis « définis », je veux dire par là « quantifiables ». Par exemple, un de mes objectifs il n’y a pas si longtemps, était de devenir écrivain à temps plein. Juste dire « je veux être écrivain à temps plein » n’est pas un objectif précis. De manière plus précise je voulais : quitter mon job de CDI, écrire tous les jours et vivre des revenus de mes livres à raison de 1500 euros brut par mois. Si j’accomplissais tous ces points, j’avais atteint mon objectif. De la même manière qu’un de mes objectifs était de passer plus de temps en balade avec mes chiens, à raison d’au moins deux heures par jour (bon le quota a été explosé j’ai passé facilement le double tous les jours à me balader avec eux). Juste dire « je veux passer plus de temps avec mes chiens » n’est pas un objectif clair. Quand est-ce que vous savez quand vous l’avez atteint ? Quand est-ce que vous pouvez éprouver de la satisfaction et un sentiment d’accomplissement si vous ne le quantifiez pas ? Vous aurez toujours l’impression de courir après votre objectif sans savoir si vous l’avez atteint si vous ne prenez pas le temps de préciser vos buts.

Se récompenser et se féliciter d’avoir réussi des choses est extrêmement important. Je vois beaucoup de personnes qui se fixent des objectifs puis sautent au suivant une fois qu’ils ont accompli le premier, sans même prendre le temps de se poser et de se dire « bravo tu l’as fait« . C’est dommage parce que du coup ça devient une course aux objectifs et le sentiment d’accomplissement disparaît, il est très fugace, il est remplacé immédiatement par la course à l’objectif suivant. Prenez le temps de regarder en arrière, de savourer les changements que vous avez opérés, le chemin que vous avez parcouru, la somme des choses que vous avez apprise… et félicitez-vous. Offrez-vous peut-être une récompense, lisez ce livre que vous n’avez pas pris le temps de lire récemment, prenez un weekend pour aller vous ressourcer, achetez-vous cet objet qui vous fait tant envie… je ne sais pas ce que vous préférez comme récompense, c’est peut-être un voyage, un achat matériel, du temps rien que pour vous avec un chocolat chaud devant Netflix. Mais récompensez-vous, c’est primordial pour éviter ce sentiment de courir sans cesse après le prochain objectif. Souriez, dites-vous que vous avez réussi. Parce que c’est le cas, tout simplement.

Quels objectifs faut-il se fixer ? Eh bien d’une manière générale, ils doivent être réalisables, quantifiables et vous faire plaisir ou vous aider à provoquer un changement que vous attendiez. Je sais qu’on fait beaucoup la distinction entre les objectifs personnels et professionnels, de mon côté, je le fais très rarement. Je n’ai pas une colonne « objectifs personnels » et une autre « objectifs professionnels ». Je n’ai qu’une seule colonne, une seule ligne de direction. Je pense que le pro et le perso devraient être mélangés parce qu’on ne peut pas être bien dans sa journée de travail quand on a quelque chose de lourd et personnel qui pèse sur la conscience, quand on voudrait avoir le temps d’appeler ce plombier parce qu’on a une fuite chez soi et qu’on a pas pu le faire et que maintenant on est au travail et que c’est mal vu d’appeler son plombier. De la même manière que si on est pas bien à son travail, ça rejaillit sur la vie personnelle.

La vie est un tout, un ensemble. Il y a des gens qui compartimentent, qui sont une personne de 9h à 18h en semaine et une autre en dehors de ces horaires-là. Ce n’est pas mon cas. Quand j’ai voulu devenir écrivain à temps plein, c’était à la fois pour vivre de ma passion et pour pouvoir faire ce que je voulais de mes horaires et ainsi passer plus de temps à faire du sport et balader mes chiens. Mon objectif professionnel était complètement lié à mes objectifs personnels.

Si l’objectif de 2020 est par exemple de réduire son stress, je ne pense pas qu’il faille s’attaquer uniquement au côté professionnel du problème. Si l’objectif est de passer plus de temps avec sa famille, c’est un objectif plutôt personnel mais qui rejaillit évidemment sur le côté professionnel. Peut-être qu’il faudrait réduire les horaires de travail, cesser de ramener du travail à la maison, passer à un contrat au 4/5ème ? Il existe quantités de moyens d’atteindre l’objectif.

Car une fois l’objectif fixé et quantifier (exemple : passer plus de temps avec ma famille : partir au moins 3 fois en vacances avec eux cette année pendant plus d’une semaine, faire une activité avec les enfants tous les dimanches, ne plus répondre aux appels du travail quand je rentre à la maison, leur lire une histoire tous les soirs), il faut passer aux moyens à mettre en place pour parvenir à atteindre ces objectifs. Il peut exister plusieurs solutions, libre à vous de choisir celle qui vous semble la plus pertinente. Dans notre exemple sur passer plus de temps avec ma famille, une des solutions pour ne plus répondre aux appels du travail en rentrant le soir, serait d’éteindre son téléphone professionnel en rentrant, voir de ne pas le ramener du tout à la maison. Ou de le mettre en silencieux et de ne le consulter qu’à une heure fixe, une seule fois dans la soirée, si vous estimez que votre travail ne vous permet pas de couper les ponts le soir (à noter : si vous êtes dans un travail qui ne vous permet pas de couper les ponts le soir, j’espère soit que vous êtes dingues de ce travail, ce qui est génial, soit que c’est vraiment très spécifique comme milieu comme chirurgien cardiaque et que vous sauvez des vies). Pour faire des activités avec les enfants tous les dimanches, peut-être qu’il serait bien de faire une liste des activités possibles et de voir avec eux lesquelles les intéressent. Aller faire du vélo en forêt ne nécessite pas de réservations (mais des vélos, si), en revanche aller passer la journée à Disneyland Paris nécessite un peu de planification.

Réfléchissez à ce que vous voulez vraiment pour vous, tant personnellement que professionnellement (à nouveau, à mes yeux, les deux sont liés) et faites la liste de ce que vous aimeriez accomplir pendant l’année 2020. Choisissez trois objectifs, ou deux, ou un. Je suis du genre à penser qu’il doit y avoir UN objectif qui vous booste pour toute l’année, un unique fil rouge, surtout depuis que j’ai lu The One Thing de Gary Keller il y a quelques années. Il y a une priorité à laquelle il faut s’attaquer avant de passer à la suite. Pour moi, ma priorité, au quotidien, c’est d’écrire (logique, comme je suis écrivain). Mon objectif en 2019 était de publier un livre par mois, j’ai donc mis en place des quotas d’écriture à atteindre tous les jours. J’avais d’autres objectifs, dont celui de passer plus de temps avec mes chiens, mais aussi celui de faire traduire mes romans et d’enregistrer un audiobook. Je ne me suis pas attaquée à tout ça d’un coup. J’ai d’abord pris mon rythme avec le premier objectif, le plus important : celui d’écrire un roman par mois. Ensuite, une fois que j’avais pris le rythme, j’ai commencé à passer plus de temps avec mes chiens. Puis je me suis attaquée à la traduction et à l’audiobook. Ces deux derniers objectifs sont en cours, j’ai réussi à publier mon roman en italien, j’ai récupéré ma traduction américaine, d’autres traductions sont en cours. Mais celui sur lequel je me suis le plus concentrée, c’est écrire. Parce que c’était mon objectif numéro 1 et que je ne pense pas que s’éparpiller et avoir 12 objectifs pour l’année soit une bonne idée. On va beaucoup plus vite quand on a une idée en tête et qu’on déploie toute son énergie à la réaliser, que quand on court 12 lièvres à la fois. Qui plus est, le sentiment d’accomplissement de se tenir à un objectif et de l’atteindre, arrive beaucoup plus vite puisqu’on a déployé notre énergie vers un seul but, on l’atteint donc généralement plus rapidement. Tandis que courir 12 lièvres à la fois… aïe aïe aïe ! C’est formidable si vous êtes Supergirl, mais vous allez ouvrir 12 dossiers et vous essoufflez à essayer de les boucler tous. Ouvrez-en un, foncez, clôturez-le, ouvrez le suivant. La société veut nous faire croire qu’être multitâche c’est formidable, mais je n’y crois pas. Bon, ce n’est que mon opinion, je rappelle que je ne détiens pas les clés de la vérité universelle, hein, ça se saurait.

Alors qu’ai-je prévu pour 2020 ? Histoire de vous donner quelques exemples d’objectifs précis, voici ce qui trotte dans ma tête pour 2020 (attention je n’ai pas encore choisi exactement, je suis en réflexion, comme je vous le disais 1 à 3 objectifs c’est déjà bien) :

  • ouvrir ma maison d’édition (projet déjà en cours mais bon la paperasse prend du temps) : j’ai pour objectif d’ouvrir ma maison d’édition, d’y basculer tous mes romans, d’avoir un site internet opérationnel, de rendre mes romans disponibles au moins sur commande en librairie (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui) et vers la fin de l’année quand j’aurai fait mes erreurs avec mes propres romans (car ne vous y trompez pas, erreurs il y aura), de réfléchir à la possibilité de publier d’autres auteurs et de regarder les rémunérations que je pourrais leur donner. Je n’ai pas envie d’être une maison d’édition qui pratique le 7%/10%/12% de droits d’auteurs. Et il faudrait que je vois concrètement ce que je peux apporter à un auteur, car si c’est pour faire la même chose que ce qu’il pourrait faire seul en auto-édition, je n’en vois pas l’intérêt. Je dois donc étudier les chiffres des revenus de l’édition. Et réfléchir à comment je pourrais promouvoir les auteurs que je publierais (si j’en publie).
  • me développer sur le marché anglophone et sur le marché allemand : ce sont les deux marchés les plus porteurs pour Amazon en termes d’ebooks. Mes traductions étant prêtes, il ne me reste qu’à me lancer et à comprendre les rouages pour fonctionner à l’étranger. J’aimerais publier 2 romans en anglais et 2 romans en allemand cette année et j’aimerais parvenir à l’équilibre financier : rembourser mon investissement dans la traduction à fin 2020. Si oui, je continuerai. Si non, j’étudierai les chiffres pour voir si ça vaut le coup de continuer, ou s’il vaut mieux stopper pour éviter l’hémorragie financière (qui aura déjà été conséquente avec le coût de 4 traductions + la traduction italienne dont je n’oublie pas de vous parler prochainement).
  • partir aux Etats-Unis pendant 3 mois : peut-être que ce sera un objectif plus tardif, selon si Trump est encore dans le bureau ovale (parce que bon il pourrait très bien ne plus y être avant même les élections), j’aimerais aller passer trois mois dans le lieu où j’espère vivre d’ici deux-trois ans (au milieu de la nature), histoire de m’assurer que c’est le bon endroit. La quarantaine pour les animaux étant levée aux Etats-Unis, j’emmène mes chiens 🙂
  • continuer de m’investir auprès des auteurs qui souhaitent s’auto-éditer, c’est quelque chose que je fais bénévolement au quotidien. En 2020, entre autres, j’accueille une autrice qui a pris une année sabbatique pour se consacrer à l’écriture et j’espère qu’au bout de cette année, elle pourra gagner au minimum 1 000 euros par mois avec ses livres (je lui souhaite beaucoup plus évidemment).

Voilà quelques options parmi ce à quoi je pense actuellement pour l’année 2020, l’idée est de découper ces objectifs, de trouver les tâches à mener, de poser des jalons dans l’année et… de s’y mettre tout simplement ! A votre tour ! Quels sont vos objectifs 2020 ?