Comment vaincre sa mauvaise estime de soi

Beaucoup de gens m’écrivent pour me dire « mais comment tu fais pour voir toujours le côté positif ? », comme si j’étais un Terminator (oui oui, nous y revoilà) mais armé d’un sourire sincère, que rien ne peut ébranler.

La bonne humeur, de la même manière que l’esprit combattant (du genre je ne vois pas les obstacles, je vois les solutions pour faire fi de l’obstacle ou le franchir correctement), font effectivement partie de mon caractère et de ma philosophie de vie.

Mais rétablissons la vérité.

Ça ne veut pas dire que je n’ai pas de coups de mou, ça ne veut pas dire que parfois je ne remets pas en question tout ce que j’ai fait jusque-là, ça ne veut pas dire que je n’ai pas envie de jeter le manuscrit auquel je viens de mettre un point final parce qu’une petite pensée s’insinue dans mon crâne en me disant « mais c’est de la merde ce que tu as écrit pardi ! ».

Parce que oui, parfois, moi aussi j’ai des coups de mou. Il y a quelques années, ils envahissaient mon quotidien, ils prenaient toute la place, franchement ils occupaient mon cerveau au point de lui piquer toute sa mémoire vive et je n’arrivais à penser à rien d’autre. Puis, petit à petit, j’ai appris à les gérer. J’ai appris à comprendre pourquoi certaines choses me mettaient en rogne, pourquoi d’autres me poussaient à me rabaisser et comment les contrer.

Le fait est qu’on ne peut pas être à 100% tout le temps. On peut essayer, on peut tendre vers l’envie d’être à 100% mais il ne faut pas se lyncher si on n’y arrive pas. La perfection, ce n’est pas quelque d’atteignable. Il faut apprendre à se connaître, à savoir ce qu’on est capable de gérer, à quel moment il faut relâcher la soupape pour se laisser du mou. Il faut s’écouter un petit peu. Un petit peu, hein. Parce qu’il ne faut pas non plus tout laisser tomber sous prétexte qu’on a un coup de mou. C’est ok de s’accorder une journée pour ne rien faire évidemment, c’est moins ok de faire ça pendant trois mois et de tout laisser en friche. Il y a une différence entre relâcher la soupape et abandonner.

On n’abandonne pas parce que quelqu’un a dit que ce qu’on faisait c’était de la merde. Depuis quand l’avis d’une seule personne a une telle importance que ça doit nous démolir et envoyer valser tout le travail effectué ? On n’abandonne pas parce que tout à coup on doute de soi sans raison. Vous n’êtes pas le meilleur juge de votre travail. Laissez vos bêta-lecteurs gérer ce point et vous dire les forces et faiblesses de votre roman. Vous leur faites confiance, non ? Alors laissez-les prendre en main cette partie de votre travail.

Tiens, d’ailleurs, dressons une liste des raisons pour lesquelles il ne faut PAS abandonner :

  • Parce qu’on vous a dit qu’écrivain ce n’était pas un métier
  • Parce que subitement les 100 000 mots de notre roman nous semblent méga pourris
  • Parce qu’il fait pas beau
  • Parce qu’on a mal dormi et qu’on est d’humeur sauvage et rebelle (si, si, ce sont des humeurs qui existent, d’ailleurs sachez que le sommeil c’est primordial et si vous avez mal dormi, ne prenez aucune décision dans votre journée)
  • Parce qu’on n’aura jamais les résultats de ces gens qu’on suit et qui ont du succès (arrêtez de vous comparer et puis ces gens qui ont du succès, ils ont bien commencé quelque part, non ? qui vous dit que ce n’est pas ce qui vous attend demain ?)
  • Parce que les gens ne vont pas aimer (qu’est-ce que vous en savez ? vous ne le saurez que si vous publiez)
  • Parce que c’est pas stable comme métier (si si quelqu’un vous l’a dit, mais bonne nouvelle, lui, il pense que c’est un métier, y a du progrès par rapport à la première ligne) et puis c’est précaire (comme tout un tas de métier d’ailleurs)
  • Parce qu’on n’est pas dans un monde où il faut vivre ses rêves, ça c’est bon pour Disney c’est tout (bah oui, bien sûr et tous les gens que tu suis qui vivent leurs rêves, ce sont des personnages de Disney peut-être ?)
  • Parce que c’est pour les autres, pas pour moi (étape ultime du rabaissement de soi)


Bon voilà, maintenant qu’on a passé en revue tous ces trucs qui passent dans ton crâne dans les moments de mous, est-ce qu’on peut les jeter à la poubelle une bonne fois pour toutes ? Alors, je ne vais pas te mentir : ils retrouveront le chemin jusqu’à ton cerveau un jour ou l’autre. Mais au lieu de t’accaparer pendant trois semaines, ils t’accapareront de moins en moins, jusqu’à ce que tu sois capable de les repousser en une soirée, en une heure. Jusqu’à ce qu’ils coulent sur toi.

C’est un exercice qui se fait dans le temps, qui demande de l’effort mais que tu ne dois pas négliger. Quand tu as un coup de mou, il y a plein de solutions :

  • mets la musique à fond et mets-toi à danser dans ton salon en chantant
  • oppose des arguments à ta propre raison, pourquoi est-ce que tu doutes tout à coup ? Et tu crois que le doute c’est réservé juste à toi ? Non c’est pour tout le monde, même les plus « grands » ont douté eux aussi et je suis à peu près certaine qu’ils doutent encore, ils sont humains, comme toi.
  • appelle un ami qui te soutient et te mettra un coup de pied aux fesses digne de ce nom pour te rappeler que BON SANG T’AS UN REVE ! VA AU BOUT ! (peut-être qu’il te chantera la chanson de Raiponce pour te motiver « she’s got a dream she’s got a dream »).
  • caresse tes animaux, ça a un effet apaisant
  • au cas où ton entourage ne soit pas au courant que tu écris ou qu’il ne soit pas très enthousiaste à cette idée, eh bien déjà change d’entourage parce que des gens qui ne te soutiennent pas, on ne peut pas vraiment les qualifier d’amis, et ensuite écris à Tata Jupi ici présente, il paraît qu’elle aime bien mettre des coups de pied au cul et rappeler aux gens qu’ils tiennent leur avenir entre leurs mains
  • Fais du sport, enfin si tu peux bien sûr et que ce n’est pas contre indiqué pour ta santé, c’est bête mais le sport ça libère de supers hormones dans ton corps qui vont te rebooster
  • DORS ! Bon sang, mais DORS ! Tu sais que la plupart du temps quand on a des pensées noires c’est parce qu’on n’a pas assez dormi, que nos batteries ne sont pas rechargées correctement et que du coup on a plus tendance à tomber dans le rabaissement de soi ?
  • Bats-toi, bats-toi contre ça, pourquoi est-ce que toi tu mérites moins que les autres, dis-moi ? Tu crois que les autres ce sont des saints ? Qu’ils n’ont pas fait d’erreurs ? Qu’ils n’ont pas trébuché ?
  • Cultive ta volonté


Alors je parle souvent de volonté, parce que je crois que c’est un point très important qui nous permet d’aller au bout. Cultive tes rêves, cultive la vision de tes rêves, penses-y, ne te mets pas de barrière. Réfléchis à comment serait ta vie rêvée, qu’est-ce qu’il s’y passe ? Tu écris jour après jour ? Tous les matins ? Et l’après-midi tu fais quoi ? Tu es avec qui ? Et où ? Ton livre, il est dispo en librairie ? Tu veux une adaptation au cinéma ? Pourquoi est-ce que tu t’empêches de penser à tout ça ? Si toi tu t’interdis d’y penser, comment est-ce que tu veux que ça se réalise ? Alors que plus tu y penses, plus tu vas pouvoir visualiser les chemins qui y mènent, à ton rêve ou tes rêves. C’est ta volonté qui te mènera au bout. Si tous les matins tu te réveilles et tu prends le temps de penser à ce que tu veux pour ta vie, à fermer les yeux et à l’imaginer, tu seras déjà dans de meilleures dispositions pour démarrer ta journée, tu auras envie d’accomplir des choses qui t’emmènent sur le chemin de tes rêves. Et avec ta volonté de fer, que tu vas travailler jour après jour pour ne pas tomber dans le rabaissement de soi (et tout ce qui va avec : les idées dépressives, le fait que tu ne vaux rien, que tu ferais mieux de ne pas avoir de rêve parce qu’après tout à quoi ça sert les rêves ? Ils ne se réalisent pas et on finit déçu. Je dis NON ! Jette moi tout ça à la poubelle), tu vas y arriver. Tu vas atteindre tes jalons les uns après les autres. Tu vas te battre pour ce que tu veux. Parce qu’à quoi ça sert de vivre une vie si on n’essaye pas de réaliser ses rêves ? Tu veux être sur ton lit de mort, regarder en arrière et te dire « pourquoi j’ai pas essayé ?« . Bah non, tu ne veux pas. Enfin, je te le dis d’avance. Tu peux prendre le temps d’y réfléchir, mais je ne verrais pas l’intérêt d’avoir des regrets le jour de sa mort. Tu as envie de respirer une dernière fois et de te dire « bon sang, j’ai vécu, j’ai essayé, j’ai échoué, j’ai persévéré, j’ai réussi, ça en valait grave la peine« .

Voilà.

Lâche tes idées noires.

Tu ne rattraperas pas tes rêves en cultivant ta mauvaise estime de toi. Te rabaisser au quotidien ? Que ce soit à voix haute ou en pensée, je peux t’assurer que ça ne t’aide pas à avancer sur le chemin de tes envies.

Alors lâche-moi tout ça.

Prends une feuille, un crayon et écris ton rêve. Détaille-le, imagine tout ce que tu peux. Et demain, tu rajouteras encore des détails.

Et maintenant, lance-toi. Arrête avec les excuses, arrête avec les « c’est pas le bon moment« , « il faut que je prenne le temps d’y réfléchir« . Ce ne sera jamais le bon moment. Il faudra toujours prendre le temps d’y réfléchir. Stoooop.

Lance-toi. Agis. Pose la première pierre qui t’emmène vers ton rêve.

Sinon, à quoi ça sert la vie dis-moi ? Si ce n’est pas pour vivre ce qui nous fait envie et ce qui nous fait vibrer ?