Par Ventes et autres chiffres qui font plaisir

Bilan des ventes de novembre

Nous y voilà, c’est l’avant-dernier bilan de l’année, avant que je vous livre les chiffres de décembre puis ceux d’une année 2019 où je vous couvrirai de nombres et de statistiques (pour mon plus grand plaisir personnel, mon amour des chiffres étant démesuré).

Je rappelle que mes revenus sont issus uniquement des ventes Amazon (ebook, papier et abonnement kindle). En novembre, j’ai publié le tome 2 de la série Archibald Skye, intitulé “Les pandas sans bambou sont-ils des tueurs à gages ?” (si, si, c’est vraiment le titre). Fonçons dans ce bilan du mois de novembre !

Détail des ventes pour le mois de novembre 2019

Il y a deux gros pics de ventes en novembre, le 5 et le 8 : ils correspondent à des offres éclairs dont j’ai bénéficié durant le mois. Du coup, en incluant les offres éclairs, ma plus grosse journée est à 227 ventes et à 150 sans aucune offre éclair (mais avec la sortie du tome 2 d’Archibald Skye). On voit que le nombre de pages lues s’est stabilisé au-dessus de 50 000 pages lues par jour, avec un minimum à 60 227 pages lues en une journée, et un maximum à 115 391 pages lues en une journée. Pour rappel, mes romans font environ 500 pages selon les normes KDP, ce qui veut dire qu’avec 115 00 pages lues, c’est comme si on avait lu 230 fois intégralement un de mes romans dans la journée.

Détails des ventes d’ebook par titre, ainsi que du nombre de pages lues dans l’abonnement Kindle par titre, pour le mois de novembre 2019

Ventes format broché par titre pour le mois de novembre 2019

Alters, le tome 1 de la série Faith Ezreal, qui avait énormément boosté mes ventes en octobre, a commencé à perdre un peu en vitesse (ce qui est normal puisque la sortie date de début septembre). Pour le mois de novembre 2019, on comptabilise donc :

  • 2 533 ebooks vendus (contre 3 115 le mois précédent, mais ce point est expliqué par la perte de vitesse d’Alters et surtout le fait que j’ai bénéficié de moins d’offres éclair (ce qui est normal !))
  • 229 livres au format papier vendu (contre 161 en octobre, ici un point intéressant que je vais vous développer juste après)
  • 2 452 841 pages lues dans l’abonnement Kindle (un tout petit peu plus que le mois précédent) ce qui peut être converti en l’équivalent de 4 905 livres lus intégralement à travers l’abonnement
  • soit un total de 7 667 livres achetés/lus dans l’abonnement

Je m’arrête un instant sur cette histoire de format papier. En fait, à fin octobre/début novembre, j’ai procédé à l’ajout de catégories pour mes romans, que ce soit au format ebook ou au format papier, sur Amazon. Pour ceux qui ne le savent pas : vous choisissez effectivement deux catégories au moment d’enregistrer votre livre sur KDP, mais une fois qu’il est publié, vous pouvez avoir jusqu’à 10 catégories (donc en rajouter 8) par titre, par format. Toutes les explications se trouvent dans l’aide KDP (rubrique contact –> page produit –> ajout de catégorie). Pour l’ebook, j’étais déjà très visible je pense, donc ça n’a pas changé grand chose à mes ventes. En revanche, pour la partie papier, je pense que ça a eu un réel impact que je sois disponible dans d’autres catégories. Après, faut-il simplement y voir un petit mouvement d’achat pour Noël ? Je ne sais pas. Je reste persuadée que l’ajout de catégories a été très bénéfique. Cette tendance se poursuit sur le mois de décembre (mais là aussi, on peut se demander si ce n’est pas tout simplement l’effet Noël).

Un petit rappel au préalable concernant les revenus pour les nouveaux qui débarquent :

  • je gagne 3,92€ (ou 3,93 ou 3,91 ça dépend de la taille de l’ebook, s’il est un peu plus long le coût virtuel d’acheminement jusqu’à la liseuse est plus cher d’un centime (il varie de 7 à 9 centimes selon mes livres) et ça fait baisser ma redevance de 1 centime, bien sûr ce n’est rien du tout mais c’est pour vous expliquer le détail) par ebook vendu
  • je gagne entre 2€ et 3€ par livre broché vendu, ça dépend du format, du nombre de pages (qui à eux deux déterminent le coût d’impression et dont je me sers pour déterminer le prix de vente)
  • pour l’abonnement Kindle, la rémunération se fait au nombre de pages lues, ce nombre de pages est normalisé par KDP, ce n’est pas parce que vous avez sauté 3 lignes entre chaque paragraphe que vous aurez un nombre de pages plus important, il ne correspond pas au nombre de pages affiché sur votre page produit sur Amazon, vous le trouverez dans votre compte KDP. Je suppose qu’ils s’appuient sur le nombre de mots, donc comme je vous disais 100 000 mots ça fait environ 500 pages KENP. Il y a un fonds monétaire KDP (une partie de ce que les clients paient pour l’abonnement Kindle va dans ce fonds qui est intégralement reversé aux auteurs tous les mois) et on est rémunéré en fonction du nombre de pages lues par rapport au nombre total de pages lues dans le mois. Le fonds pour le mois de novembre est de 23 500 000 euros, si mon nombre de pages représente 0,01% du nombre total de pages lues dans le mois, je toucherai 0,01% du montant total du fonds. À noter que généralement on est entre 0,0041 et 0,0044€ la page lue. Soit entre 2,05€ et 2,20€ pour un livre de 500 pages (100 000 mots environ) intégralement lu dans l’abonnement Kindle

Revenus par marché pour le mois de novembre 2019

Je vous épargne les virgules et les conversions, nous sommes à un total de 21 000 euros brut, auquel il faut retirer les cotisations sociales (15% à l’AGESSA, 22% en micro-entreprise). Je ne toucherai pas la totalité de ces 21 000 euros, puisque pour rappel, je suis en train d’ouvrir une maison d’éditions et que ces revenus iront donc sur les comptes de la maison d’édition (les versements sont à 60 jours fin de mois, ce qui veut dire que le résultat de novembre sera versé à fin janvier sur le compte de l’entreprise). Mon but, en ouvrant cette maison d’édition, c’est justement de me verser moins d’argent, pour payer moins d’impôts et de cotisations sociales. L’avantage d’une entreprise, c’est qu’on peut déduire les charges. Donc tant que j’étais en micro-entreprise, tout ce que je gagnais était soumis aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu. A partir de demain, je pourrais choisir combien je me verse (à partir d’un contrat d’auteur) et toucher uniquement cette somme, le reste sera au chaud sur le compte de l’entreprise et servira à payer les traducteurs, correcteurs, graphistes, assistantes, avocats, expert-comptables. Je paie déjà ces gens aujourd’hui mais je ne peux pas déduire mes charges en tant que micro-entrepreneur, ce qui veut dire que quand l’argent d’Amazon arrive, je paie des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu même sur ce que je reverse ensuite aux avocats, aux graphistes, aux assistantes, aux traducteurs, aux correcteurs… etc. Tandis que dans la prochaine structure juridique, je vais pouvoir déduire ça directement dans mes charges, ce qui veut dire qu’on ne paie pas de cotisations sociales dessus ou d’impôt sur le revenu. Pour l’instant je ne travaille qu’avec des freelances, mais si je devais salarier quelqu’un, je paierais effectivement des cotisations sociales sur son salaire par exemple.

Je ne sais pas si c’était très clair comme explications mais c’était pour vous donner une idée de la différence de fiscalité. Je ne peux donc pas vous dire combien je vais me verser car je n’ai pas encore décidé. On est en train de calculer avec exactitude l’impôt sur le revenu que je vais payer, pour me verser assez pour que je puisse vivre et surtout, payer cet impôt (qui est a priori plus important, tous les mois, que le budget mensuel dont j’ai besoin pour vivre, ça fait un peu bizarre).

Alors, vivre de ses revenus d’auto-édition, impossible ? Je dis non. Je dis que c’est possible. Je ne dis pas que tout le monde va gagner ces montants-là. Ces montants sont aussi le fruit d’un planning de publication chargé, que tout le monde ne peut pas se permettre en fonction de sa vie. Mais je ne pense pas qu’il y ait besoin d’un tel montant pour dire “je vis de mes revenus d’auto-édition”. Est-ce que vous avez déjà calculé de combien exactement vous aviez besoin pour vivre si demain vous quittiez tout et deveniez écrivain à temps plein ? Parce que je ne pense pas que la réponse soit “20 000 euros”. Quand j’ai démarré, je m’étais donné comme objectif de gagner 1500 euros brut par mois, parce qu’avec cette somme, je pouvais vivre de mon écriture et continuer d’écrire. J’ai vendu ma voiture, renoncé à plein de choses. Et si je n’y arrivais pas, je m’étais dit que je prendrais un temps partiel, mais que je ne renoncerais pas s’il y avait bel et bien des revenus. Le seul cas où je me disais que je retournerais travailler à temps plein, c’était si je ne générais pas 500 euros par mois avec mes livres. Et je vivais en région parisienne à ce moment-là, avec un loyer versaillais pour être précise. Mais j’avais compris que ce qui me rendait heureuse, ce dans quoi je m’épanouissais, c’était écrire. J’aurais été heureuse de gagner 1500 euros et de continuer d’écrire, tout simplement.

Alors évidemment, je suis aussi très heureuse de gagner beaucoup plus et de pouvoir lancer de nouveaux projets et d’accéder à de nouvelles ambitions, de pouvoir faire travailler d’autres personnes et d’aider des auteurs quand je le peux. Mais c’était pour vous dire : quel est le palier financier qu’il vous faut ? Est-ce que vous y avez déjà réfléchi ? Parfois, on s’imagine qu’on a besoin de beaucoup plus pour vivre que ce n’est réellement le cas. Il n’y a pas besoin de gagner 20 000 euros par mois pour être heureux. Il faut faire ce qu’on aime avant tout, je crois. Il faut tenter de réaliser ses rêves, plutôt que d’avoir des regrets sur son lit de mort en se disant “et si… ? et si je l’avais fait ?“. Tentez votre chance, voyez le résultat, persévérez. Mais essayez au moins, sinon vous vous poserez la question toute votre vie. Et qui sait si à la clef il n’y aura pas les mêmes résultats que moi ou bien plus encore ?

Illustration @desmotsdanslamarge

Last modified: 22 décembre 2019
%d blogueurs aiment cette page :