la pyramide de maslow

La pyramide de Maslow, aussi appelée hiérarchie des besoins ou pyramide des besoins, est un sujet qui m’a toujours fasciné. L’idée est la suivante : dans cette pyramide à niveaux, on découvre nos différents besoins plus les besoins du bas sont remplis, plus il est facile de remplir les besoins du haut de la pyramide. Il y a cinq niveaux, on parle souvent d’un sixième niveau, qui est le dépassement de Soi. Si je vous en parle aujourd’hui c’est parce que c’est très utile pour se connaître soi-même et mieux comprendre nos rapports avec les autres, de savoir où nous nous situons dans les niveaux de la pyramide. Et devinez quoi ? C’est avant tout une théorie de la motivation ! Si si, pyramide de Maslow = théorie de la motivation.

Parce que notre motivation est liée à nos besoins, Maslow a établi une hiérarchie des besoins. A noter qu’aujourd’hui, cette pyramide est réfutée par les scientifiques, indiquant qu’elle ne fonctionne pas, dans le sens où il n’est pas forcé de remplir à 100% ses besoins de niveau 1 pour remplir ses besoins de niveau 2, etc. Je suis complètement d’accord avec ce point, mais je crois qu’on peut toujours l’utiliser pour savoir où se situer et quels sont les besoins humains, sans pour autant avaler tout ce que Maslow écrivait dans sa théorie de la motivation.

Il y a cinq niveaux :

  • 1 –> les besoins physiologiques (respiration, faim, soif, sexualité, sommeil, santé…)
  • 2 –> les besoins de sécurité (environnement stable, santé (à un autre niveau), intégrité physique, sécurité de l’emploi, sécurité familiale, avoir un toit au-dessus de la tête…)
  • 3 –> les besoins d’appartenance (amitié, famille, interactions sociales, intimité, affection)
  • 4 –> le besoin d’estime (estime de soi, confiance en soi, respect des autres et être respecté par les autres)
  • 5 –> besoin de s’accomplir (passion, créativité, moralité, résolution des problèmes)
  • 6 –> dépassement de soi (besoin qui n’existe pas dans la pyramide à l’origine mais que Maslow a rajouté par la suite) avec la recherche de l’être humain à faire avancer une cause le dépassant lui-même, en se mettant au service d’autrui et en cherchant le « greater good »

Je crois que chaque niveau a ses limites et que bien sûr il ne faut pas regarder la pyramide comme un modèle applicable partout. Mais c’est intéressant de savoir où nous nous situons dans cette pyramide. Par exemple, quand j’ai commencé ma démarche dans le développement personnel, j’ai réfléchi à mes besoins et mes désirs (les deux sont différents). J’ai découvert que j’étais au niveau 3 de la pyramide, j’étais encore dans les besoins d’appartenance. Juste de regarder la pyramide et de comprendre qu’en tant qu’être humain, nous avons ce type de besoin, a suffi à m’éclairer sur les points que je négligeais dans ma vie (parce que j’étais une bonne petite workaholic à l’époque héhéhé). J’oscillais entre le niveau 3 et 4, j’avais donc un besoin d’appartenance, un besoin d’accomplissement et potentiellement, si je parvenais à remplir ces deux besoins, aller jusqu’au dépassement de soi.

J’ai commencé à apprendre sur moi-même, à me poser des questions. Cette pyramide m’a ouvert les yeux sur le fait que je négligeais mes propres besoins. Pourquoi ? Parce que je passais mon temps à écouter ce que les autres attendaient de moi. Les autres me dictaient mes propres besoins, au point que j’en avais étouffé les miens. Pareil pour mes désirs. Ce n’est pas la faute des autres, notez-le, c’est ma propre faute. J’ai alors découvert que j’étais zèbre (appellation psychologique pour ceux qui ne le savent pas) et mon besoin d’appartenance a commencé à se remplir. Découvrir que j’étais zèbre m’a permis d’embrasser qui j’étais, d’accepter mes défauts, comme les qualités, et devenir beaucoup plus authentique, d’abord vis-à-vis de moi-même, puis vis-à-vis des autres. Je passais mon temps à m’adapter à ce que les autres voulaient de moi, pire je passais mon temps à m’adapter à ce que j’imaginais que les autres voulaient de moi. Vous n’avez pas à imaginer les attentes des autres. Vous n’avez même pas à avoir d’attente vis-à-vis des autres. Vous ne les contrôlez pas. Ne nourrissez pas d’attentes vis-à-vis de choses ou de personnes que vous ne contrôlez pas car c’est une ligne droite directe pour la case frustration.

J’ai également pu remplir mon estime de moi en acceptant qui j’étais. C’est comme ça que j’ai lâché mon job (la sécurité de l’emploi est au niveau 2, donc vous pouvez tout à fait commencer à vous accomplir sans pour autant remplir 100% des besoins des étages précédents) et que je me suis lancée dans ce qui m’épanouit : écrire des romans. Je crois que 2018 et une bonne partie de 2019 m’ont permis de m’accomplir. J’espère passer le reste de ma vie à osciller entre le niveau 5 et le niveau 6 de la pyramide. Je crois qu’on ne reste jamais constamment au niveau 6, on y va puis de temps en temps, on redescend d’un étage parce que nous évoluons. Ce qui nous rendait heureux, ce qui nous épanouissait hier, ne nous épanouira pas forcément demain et c’est OK. Il faut revenir à son besoin d’accomplissement pour redécouvrir ce qui nous rend heureux. Et après, quand on a remis ce niveau d’aplomb, on peut de nouveau s’élever au niveau 6.

Je crois que cette pyramide montre aussi qu’il faut des bases solides pour s’élever. Si nos besoins des niveaux 1, 2 et 3 sont complètement sécurisés, il est beaucoup plus facile de se tourner vers les niveaux au-dessus puisque notre cerveau ne consomme pas d’énergie à réfléchir à comment on va se nourrir, comment on va s’en sortir niveau santé, comment on va payer les factures à la fin du mois… et bien sûr que c’est envahissant ce type de pensées et que ça nuit à nos besoins des niveaux suivants. Toute l’énergie que vous consommez à penser à ce genre de choses, c’est de l’énergie que vous ne pouvez pas dépenser ailleurs. Et c’est bien normal d’être accaparé par ce type de besoins car votre survie en dépend. Il faut avoir des fondations solides pour continuer d’avancer dans la pyramide. Pas forcément parfaites, mais stables, sur lesquelles on n’a pas à revenir tous les quatre matins.

Ma croyance est que plus on monte dans la pyramide, plus on s’épanouit, car nos besoins sont satisfaits. Ça ne veut pas dire qu’on n’a pas de problèmes, bien au contraire, c’est juste qu’on choisit les problèmes qu’on veut traiter. Vous vous rappelez de mon article sur le sujet ? L’être humain a besoin de problèmes à résoudre et on s’épanouit quand on choisit nos problèmes et nos challenges, quand on choisit ce à quoi on veut accorder de l’importance. Plus on est bas dans la pyramide, plus on subit les problèmes, c’est-à-dire qu’on ne les choisit pas. Plus on monte, plus on les a choisi.

J’avais envie de vous partager cette pyramide, principalement parce qu’elle m’a aidé et que je continue de m’y référer dans maintes discussions, mais aussi parce qu’elle vous recentre sur quelque chose d’important : vous. Je sais qu’on prône le partage, l’empathie, l’oubli de soi, au quotidien. Ce sont certainement de belles valeurs. Mais moi, j’ai envie de vous dire : soyez égoïste avant tout, dans le sens pensez à vous, à vos besoins, à vos désirs, avant de faire passer ceux des autres devant. Si vous êtes bien avec vous-mêmes, si vos besoins et désirs sont remplis, vous allez pouvoir aider les autres à un moment donné. Mais si vos fondations ne sont pas solides, vous risquez de trembler en aidant les autres. C’est tellement plus épanouissant de pouvoir aider son prochain quand on est bien soi-même, que vous ne devriez pas à passer à côté de vous.

Je sais qu’il y en a plein qui lisent ce blog qui donnent de leur temps aux autres sans compter, qui font passer par exemple des relectures de manuscrits pour d’autres avant l’écriture de leur propre roman, qui n’hésitent pas à donner des heures et des heures de leur temps aux projets des autres, au bien-être des autres, plutôt qu’au leur.

Prenez une minute pour faire le point : d’abord, je vous rappelle que vous n’avez qu’une vie. UNE SEULE ET UNIQUE VIE. Certes, Mario a plusieurs vies quand il a avalé un champignon et plutôt que de mourir, il rapetisse, mais je tiens à noter que votre vie n’est pas un jeu vidéo. Je répète : UNE SEULE ET UNIQUE VIE. Le meilleur investissement que vous puissiez faire dans votre vie n’est ni immobilier, ni en Bourse, ni n’importe quel autre domaine qui vous vient sous le coude. Non, le meilleur investissement que vous puissiez faire dans votre vie, il est sur vous. Sur vous, vos besoins, votre bien-être et vos compétences. Et ensuite, songez aux autres. Déjà parce que vous pourrez leur apporter bien plus quand vous serez vous-mêmes épanoui. Ensuite, parce que vous n’aurez pas cette petite voix intérieure agaçante qui vous dit que vous n’avez encore pas eu le temps de bosser pour vous ou de prendre soin de vous aujourd’hui… Elle est chiante cette petite voix, non ? Elle est là, elle frappe à la porte du cerveau de temps en temps pour vous dire « et nous, qu’est-ce qu’on fait de notre vie à part jouer les psychologues auprès de tous nos amis et toujours être là quand ils ont besoin de nous ?« .

Alors ma question pour vous, aujourd’hui, après avoir vu cette pyramide, est la suivante : quels sont vos besoins d’accomplissement ? Qu’est-ce qu’il se passe à ce cinquième étage ? Qu’est-ce que vous voulez qu’il s’y passe ? Est-ce que vous y avez réfléchi ? Oui ? Formidable, vous tenez votre rêve et votre épanouissement à bout de main. Qu’entends-je ? Vous n’y consacrez pas de temps ? Et vous avez tout un tas d’excuses pour ne pas y consacrer de temps ?

  • vous préférez donner du temps aux autres à chaque fois, parce que c’est plus important selon vous de s’occuper des autres que de soi
  • vous avez peur
  • vous avez vraiment très peur
  • et puis franchement, vous n’y arriverez pas, c’est les autres qui y arrivent, vous savez que ce n’est pas pour vous
  • et de toute façon, si vous y arrivez, ce sera forcément un coup de chance, hein ? parce que le syndrome de l’imposteur, il pulse à vos oreilles comme le son d’un réveil matin qui ne s’arrête pas

Cherchez les causes de ces excuses, poussez-vous dans vos retranchements pour découvrir d’où ça vient, trouvez-moi une explication dans votre passé, sûrement liée à votre famille d’ailleurs (oui je vous donne un indice) et venez m’en parler par email si ça vous tente (je suis très douée pour donner des coups de pied au cul il paraît) : jupiter.phaeton@pandajones.fr

Est-ce que je dois vraiment répéter qu’on n’a qu’une seule vie ? Vous voulez quoi ? Arriver au bout de la route pour découvrir que vous n’avez jamais rien fait pour vous et que vos besoins ne sont pas du tout satisfaits ? Vous savez qu’en les satisfaisant, vous pourrez accomplir bien plus pour les autres ? Vous pourrez entrer dans le niveau 6 de la pyramide par exemple. Et en plus, vous serez vraiment bien en les aidant. Pas de stress, pas d’anxiété.

Ca a l’air cool, hein ?

OUAIS BAH C’EST À TA PORTÉE BORDEL ! (petit moment de bottage de fesses en règle) Qu’est-ce que tu fiches encore là ? Va écrire tes rêves, va me trouver ce qui fait que tu vas t’accomplir, peut-être que la machine est déjà en route, viens m’en parler. Sinon, déroule-moi tes excuses et mets-moi en face leur origine. Devine quoi ? Tu n’es pas obligée de garder toutes ces excuses et ces peurs ancrées en toi jusqu’à la fin de tes jours. Tu as le droit de t’en libérer et de les laisser partir. Tu as le droit de les laisser couler au fin fond de la mer sans qu’elles t’emportent avec elles.

Alors, fais-le.

Fais-le.

Fais-le.

Fais-le.

Tu vas me dire « c’est pas le bon moment ». Devine quoi ? Ce ne sera jamais le bon moment si tu penses comme ça, parce que tu en es encore à trouver des excuses. Moi, je pense que c’est le bon moment tous les jours. Et plus tu attends, plus le temps file et plus tu retardes ton épanouissement au final. C’est pas triste, ça ?

Si, c’est grave triste.

Alors prends ton courage à deux mains, franchis le pas. Je suis là si tu as besoin d’une main pour t’accompagner ou te botter le cul. Visualise-moi ce que tu veux et mets la machine en route. Tu n’as qu’une vie, façonne-la à ta guise, ne laisse pas les autres te dicter ce qui est « bon » pour toi. Il n’y a que toi qui sais. Il est temps de t’écouter.

Illustration par la merveilleuse @blandine.pouchoulin