Par L'auto-édition c'est pas pour les moutons Ventes et autres chiffres qui font plaisir

Bilan Des Ventes De Mai 2020

Nous voilà déjà sur le bilan des ventes de mai, bon sang l’année passe tellement vite !

Je rappelle que mes revenus sont issus des ventes Amazon (ebook, papier et abonnement kindle). En mai, j’ai publié le tome 1 de Defined Zone, un roman feel-good en deux parties et le tome 4 des aventures d’Archibald Skye. Je n’ai pas retiré les ventes du 4 mains écrit en avril avec Théo Lemattre (parce que dans les revenus il y a une part qui va à Théo Lemattre bien sûr), parce que c’était beaucoup de boulot pour vous donner un chiffre exact, mais on parle de moins de 300 euros de revenus pour ce titre en avril, droits d’auteur des 2 personnes et revenus de Panda Jones inclus, du coup, je ne me suis pas pris la tête pour ça je l’avouuuuue ! En revanche, revenons sur les publications du mois de mai :

  • Defined Zone tome 1 – Hot Chocolate Makes Everything Better –> il s’agit d’un feel-good, ce qui fait que je m’attaque à un nouveau genre, auquel je n’avais pas encore touché jusqu’ici, ce qui veut dire que je dois conquérir un nouveau marché. Je ne m’attendais pas à beaucoup de ventes pour ce titre, il faut que je me constitue un nouveau lectorat, il est donc normal que ça prenne du temps et je reste principalement sur mon lectorat de fantasy, que je ne compte pas du tout abandonner, c’est juste que ce roman faisait toc toc à la porte de mon cerveau non stop. Néanmoins, c’est très intéressant de voir les impacts quand on change de genre, le public ne suit pas forcément, à part les “heavy consumers” et donc il ne faut pas se projeter sur des ventes similaires que celles des catégories dans lesquelles vous publiez d’habitude.
  • Archibald Skye tome 4 – Le sens de la vie se trouve-t-il dans les chamallows ? –> Alors là, nous sommes sur un tome 4, si vous avez suivi mes différents articles sur les bilans des ventes, vous savez que plus on avance dans le nombre de tomes, plus les ventes chutent. Ici, on est face à un autre phénomène, le livre a été beaucoup spoilé dans les commentaires Amazon, car les gens, un peu frustrés, se sont lâchés. J’ai pas de souci avec les notes, ou les critiques, mais spoiler en revanche, c’est un peu dommage, du coup on se retrouve avec des situations où des lecteurs qui voulaient vraiment lire le livre, sont tombés sur les commentaires et ont eux-mêmes répondu que spoiler c’était vraiment pas sympa et qu’à cause de ça, ils n’achèteront pas le livre. Ce tome est également particulier car, sans spoiler, il est très machiavélique, le personnage principal subit une très grosse évolution et ça n’a pas forcément été bien reçu par tout le monde (à nouveau, ça me va, tous les goûts sont dans la nature). Enfin, il manquait une information cruciale quand j’ai publié ce tome, que je comptais garder secrète jusqu’à la fin de l’année 2020 mais que j’ai finalement dévoilé plus tôt, c’est qu’il y a un crossover avec plusieurs de mes héroïnes, dont Archibald Skye, qui débarque en 2021. En gros, arrivée à la fin des aventures d’Archie, une partie du lectorat était un peu en mode “je comprends pas cette fin”, bah oui… c’est une fin qui prépare un crossover donc forcément c’est un petit peu particulier, c’est une fin de série mais pas tout à fait, puisqu’elle ouvre sur le crossover. Mon erreur a été de ne pas avoir communiqué encore sur les publications 2021 et notamment ce crossover.

Je vous indique mes erreurs pour que si la situation se présente un jour pour vous, vous puissiez faire mieux :).

Ventes du mois de mai pour les ebooks, les formats brochés et pour l’abonnement Kindle

J’étais énormément en promotion en ce mois de mai, d’où les chiffres de vente qui dépassent la barre des 200 exemplaires dans la journée début mai, j’avais 8 livres en promo à 0,99€ donc le nombre d’exemplaires vendus sera élevé, mais les redevances perçues ne correspondront pas, du fait que je gagne bien sûr beaucoup moins sur un exemplaire à 0,99€ que sur un exemplaire vendu à 5,99€. Néanmoins, je rappelle que les promotions proposées par Amazon sont un excellent moyen d’avoir de la visibilité et de remonter dans le classement. Je dis oui à toutes les promotions Amazon, ne serait-ce que pour la visibilité. Je fais généralement passer la visibilité et le classement (qui permet d’être visible également) AVANT l’idée de percevoir des redevances. J’estime que percevoir des redevances est une conséquence du fait d’être visible et bien classé sur Amazon.

Détail par titre des ventes au format broché pour le mois de mai 2020
Détail par titre des ventes numériques et des pages lues dans l’abonnement Kindle pour le mois de mai 2020

Les totaux pour le mois de mai sont :

  • 3 369 ebooks vendus (contre 2 739 le mois précédent)
  • 303 livres au format papier vendu (contre 283 en mars)
  • 2 050 600 pages lues dans l’abonnement Kindle (contre 2 487 667 le mois dernier) ce qui peut être converti en l’équivalent de 4 556 livres lus intégralement à travers l’abonnement
  • soit un total de 8 228 livres achetés/lus dans l’abonnement pour le mois de mai (contre 8 550 en avril)

Un petit rappel pour la manière dont fonctionnent les revenus (à noter que ces montants ne sont pas valables pour l’ebook sur l’auto-édition ou le 4 mains avec Théo Lemattre, mais à nouveau, même si j’ai conscience que pour beaucoup d’auteurs qui nous lisent, ça représente des revenus importants, dans mon cas, par rapport à l’ensemble de mes revenus, ce n’est pas très significatif, je me permets donc de vous laisser l’explication globale pour les autres romans) :

  • je gagne 3,92€ (ou 3,93 ou 3,91 ça dépend de la taille de l’ebook, s’il est un peu plus long le coût virtuel d’acheminement jusqu’à la liseuse est plus cher d’un centime (il varie de 7 à 9 centimes selon mes livres) et ça fait baisser ma redevance de 1 centime, bien sûr ce n’est rien du tout mais c’est pour vous expliquer le détail) par ebook vendu à 5,99€
  • je gagne entre 2€ et 3€ par livre broché vendu, ça dépend du format, du nombre de pages (qui à eux deux déterminent le coût d’impression et dont je me sers pour déterminer le prix de vente)
  • pour l’abonnement Kindle, la rémunération se fait au nombre de pages lues, ce nombre de pages est normalisé par KDP, ce n’est pas parce que vous avez sauté 3 lignes entre chaque paragraphe que vous aurez un nombre de pages plus important, il ne correspond pas au nombre de pages affiché sur votre page produit sur Amazon, vous le trouverez dans votre compte KDP. Je suppose qu’ils s’appuient sur le nombre de mots, 100 000 mots ça fait environ 500 pages KENP. Mes romans font environ 450 pages (entre 85 000 et 105 000 mots selon la série). Il y a un fonds monétaire KDP (une partie de ce que les clients paient pour l’abonnement Kindle va dans ce fonds qui est intégralement reversé aux auteurs tous les mois) et on est rémunéré en fonction du nombre de pages lues par rapport au nombre total de pages lues dans le mois. Le fonds pour le mois de mai est de 28 400 000 euros, si mon nombre de pages représente 0,01% du nombre total de pages lues dans le mois, je toucherai 0,01% du montant total du fonds. À noter que généralement on est entre 0,0041 et 0,0044€ la page lue. Soit entre 1,85€ et 1,98€ pour un livre de 450 pages (85 000 mots environ) intégralement lu dans l’abonnement Kindle

Un petit point sur le montant du fonds mondial KDP. Pour février, il était de 23 900 000 euros et il stagnait depuis six mois environ. Il oscillait parfois vers 24 millions, redescendait à 23, repartait à 24… en mars il a fait un bond monstrueux : +2,7 millions d’euros, il réitère une partie de ce bond en avril avec +1,3 million d’euros et il gagne encore 500K en mai. Le confinement et la crise sanitaire actuelle, sont bien sûr responsables de cette augmentation. En temps de crise, les gens se tournent généralement vers le livre à la base, parce que c’est le meilleur rapport prix/temps passé en termes de loisir (même si le jeu vidéo est très bien placé aussi, mais il coûte plus cher à l’achat donc c’est un pas plus difficile à faire et il nécessite une console qui elle-même a un coût élevé d’achat initial) et en temps de confinement eh bien… le livre est roi, de la même manière que les jeux vidéo et le streaming ont sûrement augmenté la taille de leur marché sur cette période.

Détail par marché des revenus du mois de mai 2020

Comme je vous le disais plus haut, j’ai été beaucoup en promotion en mai, ce qui fait que malgré le nombre important de ventes, les revenus ne sont pas aussi significatifs que les mois précédents où on était plutôt aux alentours des 20K. Évidemment, ça reste une somme extraordinaire, hein :).

Nous sommes à un total de 16 323 euros pour ce mois de mai 2020 (je vous épargne les virgules et les conversions). Il s’agit d’un montant brut. Si vous êtes auto-entrepreneur, il faut retirer 22% de cotisations sociales, puis l’impôt sur le revenu. Dans mon cas, je suis maintenant à l’AGESSA, je ne me verse pas la totalité du montant, loin de là, je n’ai pas besoin de tout ça pour vivre. J’utilise la majorité pour investir dans des traductions, pour payer les gens avec lesquels je travaille et pour financer des projets d’autres auteurs indépendants auxquels je crois beaucoup.

Je vais changer un peu le format d’analyse des ventes du mois de juin (qui paraîtra donc en juillet), notamment parce qu’en juin j’ai tenté l’expérience de baisser les prix de certains tomes 1 de mes séries, pour voir l’impact sur les ventes et sur la relance des ventes des tomes suivants, ce qui fait que là, je ne peux plus chipoter juste à cause du 4 mains et qu’il va falloir faire ça plus proprement pour les prochains bilans. Je réfléchis à un format plus lisible également, je sais que les schémas que je vous capture ne sont pas forcément assez grands pour être lus sur vos smartphones ou vos pc, je vais voir pour vous updater tout ça. Surtout que de grands changements sur les chiffres se profilent dans les mois à venir… Petit aperçu ci-dessous !

Nous sommes en discussion avec des diffuseurs (“nous” c’est-à-dire que je ne gère pas ça toute seule, j’ai une formidable équipe qui bosse avec moi et m’accompagne sur les différents projets) pour être disponible en librairie à la rentrée, plusieurs stratégies sont à l’étude :

  • passer par un diffuseur avec une équipe de commerciaux qui va vraiment pitcher mes livres (mais le coût est très élevé) auprès des librairies, GSS (Grandes Surfaces Spécialisées type FNAC, Cultura…) et GSA (Grandes Surfaces Alimentaires type espace culturel Leclerc, Auchan…) et donc avec présence en rayon
  • passer par un diffuseur qui fait de l’impression à la demande (coût réduit comparé à la première solution) mais bien sûr votre roman n’est pas pitché par des commerciaux, vous êtes simplement disponible à la commande dans les espaces de vente, à moins que le libraire commande vos ouvrages de lui-même et les mette en rayon, ce qui veut dire “être uniquement dispo à la commande” à mes yeux
  • conserver l’hypothèse 2 et passer par un diffuseur qui fait de l’impression à la demande et donc être dispo à la commande, mais se charger nous-mêmes de la partie commerciale, d’abord auprès des GSS et GSA, non pas qu’on veuille les privilégier à tout prix, mais ça fait peu d’interlocuteurs et ça couvre quand même une bonne partie du marché (un peu plus de 40%), puis s’attaquer ensuite aux librairies, en commençant par les plus importantes. Il faut savoir que j’ai généralement une librairie qui me contacte par semaine pour savoir comment obtenir mes livres et que déjà, avec celles-ci, je pourrais leur indiquer une démarche à suivre et ma réponse ne sera plus “ils ne sont pas dispo pour les librairies pour l’instant”.

Pour ce qui est des marchés étrangers (USA, Canada anglophone, Royaume-Uni, Allemagne et Inde), les traductions sont en cours de finalisation, et je vais voir pour les lancer avant septembre et profiter un peu de l’été. Là aussi, ça va évidemment influencer les revenus et il faudra que je détaille donc plus amplement avec ce qui arrive. Je pense que je vous laisserai les captures d’écran, ne serait-ce que pour que vous voyez que je ne raconte pas n’importe quoi, et j’ajouterai ensuite des captures des fichiers Excel où nous faisons le suivi des ventes par titre, par mois, etc… pour que ce soit plus simple à suivre.

Voilà les pandas ! Vous savez tout ! Je rappelle que ces chiffres ne sont pas là pour frimer, ils sont là pour vous informer, pour vous montrer que certains vivent de l’auto-édition, que c’est possible mais qu’il est important de se donner les moyens de réussir et de se professionnaliser sur le sujet. Si tout le monde, au sein de l’auto-édition, se professionnalisait demain, l’image que la société a des auteurs publiés de manière indépendante, changerait sûrement très vite. Et puis si vous voulez gagner votre vie en tant qu’écrivain auto-édité, il est normal de se professionnaliser, non ? Vous voulez en faire votre gagne-pain à temps plein ? C’est donc votre métier ? Vous devez donc être professionnel sur le sujet.

Je rappelle qu’un ebook gratuit est dispo sur mon blog si vous avez peur de vous lancer et que vous avez besoin de quelques conseils pratico-pratiques ainsi que d’un boost de motivation. Et non, il n’y a pas à s’abonner pour le télécharger :). Je vous embrasse fort les pandas !

Illustration par la merveilleuse @blandine.pouchoulin

Étiquettes : , , , , , Last modified: 4 septembre 2020
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