Par Les zèbres sont des êtres humains multicolores Quand je vous parle de moi et de mes délires

les chocs émotionnels

J’ai plusieurs médailles à mon actif, comme celle d’être formidablement machiavélique, celle d’aimer les fins à suspense (comment je me lance des fleurs toute seule, c’est beau) et aussi, je suis la star des chocs émotionnels bien étouffés, qui se transforment en maladie (c’est moins beau, faut le reconnaître).

Je veux en parler parce que je pense que c’est quelque chose qui touche beaucoup de monde et qu’on ignore trop souvent. On vit dans une ère où la science continue de faire des découvertes impressionnantes et quand on a un problème physique, on se dit tout de suite qu’il faut absolument trouver la maladie associée.

Sur toutes les maladies que j’ai eues, certaines sacrément chiantes, certaines qu’on peut qualifier de graves, je peux dire aujourd’hui que je pense que 90% de ces maladies sont d’origine psychologique chez moi. Attention, prenez mes mots avec des pincettes hein, je n’ai pas de diplôme médical, j’ai consulté beaucoup de médecins, en tous genres et j’ai bien écrit “je pense que”, le fait est que mes hypothèses ne sont que ça : des hypothèses. Mais dans les faits, il y a trop de coïncidences pour que je puisse me dire qu’il en est autrement.

Je crois que notre stress et nos émotions, quand ils ne sont pas gérés de manière adéquate, peuvent générer des maladies graves. Ça ne veut pas dire que nos symptômes n’existent pas, ça ne veut pas dire que la douleur physique que vous pouvez ressentir liés à ces maladies n’existe pas, ce n’est pas ce que je veux dire. Ce que je veux dire c’est que leur origine vient d’une affliction émotionnelle. On prend un exemple pour que ce soit plus clair ? Allez, soyons fous, je vous donne un exemple qui me concerne.

Récemment, j’ai eu un décès dans mon entourage, quelqu’un d’important pour moi. Je n’écris pas ça pour que vous vous plongiez dans des “toutes mes condoléances” en commentaire, donc évitez s’il vous plaît, hein :). Bref, j’ai eu un “choc émotionnel”. Il faut savoir qu’au fil des années, j’ai appris à manager de mieux en mieux mes émotions. Il fût un temps où je pensais que les émotions ne servaient à rien et je les avais carrément occultées de ma vie. Spoiler alert : c’est une très mauvaise idée, à ne reproduire sous aucun prétexte. Je faisais comme si je ne ressentais rien. Évidemment, c’est impossible, on ne peut pas ne rien ressentir, ce qu’on fait, c’est qu’on refoule ses émotions et on s’auto-persuade qu’on ne ressent rien. Comme j’étais jeune et con (je le suis toujours, mais suivez-moi dans mon délire quand même), je refoulais uniquement les émotions négatives, histoire de ne montrer que le positif, tout ça dans une optique absolument stupide qui mêlait :

  • l’envie que les autres m’aiment (donc si je leur montrais que des émotions positives, ça allait marcher, non ?)
  • l’envie de me dire que je n’avais aucun problème (l’être humain est heureux quand il résout ses problèmes justement, c’est le processus de résolution de nos problèmes qui nous rend heureux)
  • l’envie d’être une sorte de robot automatisé j’imagine
  • l’envie de refouler mes problèmes parce que je n’arrivais pas à gérer le flot d’émotions et que c’était plus simple d’annihiler purement et simplement les émotions négatives

Bref, des optiques pas très intelligentes si vous voulez mon avis, maintenant que j’ai un bon recul sur ces événements. C’était il y a dix ans et des poussières. Rapidement, je me suis retrouvée avec des problèmes de santé :

  • je mangeais tout et n’importe quoi (ce qui n’aide pas avec la santé) et c’était réellement de l’ordre du psychologique, je mangeais quand j’étais frustrée, en colère, quand je m’ennuyais
  • j’avais un problème à l’omoplate gauche, comme si deux os roulaient l’un sur l’autre sous l’omoplate et c’était très douloureux, au point que je suis allée aux urgences à cause de la douleur, dès que je bougeais mon bras gauche HOP décharge de douleur dans le dos et l’épaule
  • j’étais migraineuse comme c’est pas permis (du type avoir la migraine 5 jours sur 7, à s’enfermer dans une pièce, dans le noir, à en vomir, bref de la bonne migraine)
  • j’avais des crises d’angoisse

J’ai consulté un TAS de médecins, ne serait-ce que pour l’omoplate gauche, si je fais le compte, j’ai vu : 2 rhumatos, 6 kinés, 3 ostéos, 2 médecins du sport et un médecin spécialisé dans les blessures de tennis (parce que j’ai beaucoup pratiqué le tennis et qu’on estimait que c’était lié). Toujours pour ce même unique point j’ai eu le droit aux diagnostics suivants : j’avais les omoplates en “aile d’ange”, j’avais des tensions qu’il suffisait de traiter par des massages réguliers (seul hic : lesdits massages ne fonctionnaient pas car j’étais beaucoup trop contractée pour que ça fasse effet, le kiné disait régulièrement qu’il avait l’impression de masser des cailloux), j’avais un petit bout de cartilage d’articulation qui se baladait et qui était étrangement invisible sur tous les examens. Oui, parlons-en des examens : radio, scanner, échographie, IRM… laissez tomber, j’ai tout fait. Un rhumatologue a carrément proposé qu’on m’opère pour qu’on voit ce qu’il y avait vraiment (alors qu’il n’y avait rien sur les examens), argumentant que les examens n’étaient pas assez précis et que le plus simple, c’était d’ouvrir et de voir. Hmmm. J’ai vu les ostéos, les kinés, j’ai suivi des séances, j’ai même essayé de me concentrer sur le fait de muscler cette partie de mon corps, alors qu’honnêtement elle l’était déjà bien assez.

Rien. Rien n’a fait effet. Puis très lentement, avec le temps, la douleur a commencé à disparaître. J’avais fini par me dire que je m’y étais habituée. Et un jour, elle est apparue dans l’épaule et l’omoplate droite.

Misère de misère. La partie droite maintenant, vraiment ?

J’ai fini par consulter une naturopathe puis je suis allée voir une sophrologue qui m’a dit quelque chose qui m’a enfin fait tiquer. Elle m’a demandé quand est-ce que ces douleurs étaient apparues. Elles sont apparues environ six mois après un choc émotionnel important pour moi. Elle m’a regardé avec un sourire, elle avait déjà compris que j’étais zèbre même si moi-même je ne le savais pas et elle voulait que je tire moi-même les conclusions de tout ça, parce qu’elle savait que si elle me donnait les réponses, je n’allais pas y croire, il fallait que j’arrive moi-même à la conclusion. La conclusion était simple : j’avais pris mon choc émotionnel, je l’avais étouffé, je l’avais rangé bien au chaud dans mon corps sans le traiter et il continuait de se manifester comme il le pouvait pour me dire “HEY JE SUIS LA ! TU COMPTES T’OCCUPER DE MOI UN JOUR ?” Il avait crié dans mon épaule gauche pendant tout ce temps, sans que je réagisse correctement, alors il s’attaquait à la droite.

Mes problèmes physiques chroniques et mes problèmes de santé chroniques n’étaient que le résultat de choses que je n’avais pas réglé ou que j’avais étouffé. Du jour où je l’ai réalisé, j’ai commencé à prendre un par un toutes les émotions que j’avais enfouie en moi, j’ai commencé à traiter chaque dossier et comme par miracle, petit à petit, les problèmes de santé ont diminué. L’omoplate droite ? Plus rien. L’omoplate gauche ? Plus de douleur, juste un vestige de roulements, rien de grave, et je sais que quand je stresse, mes trapèzes se contractent et c’est le signe que je dois prendre du recul. Bon, je stresse rarement maintenant, j’ai tout fait pour avoir un environnement qui me convient. Les migraines ? Les très grosses migraines ont quasiment disparu de ma vie, j’en fais une par mois maximum et le reste du temps, je n’ai plus cet étau permanent autour du crâne. Les crises d’angoisse ? Je n’en fais plus. Elles étaient 100% liées au refoulement des émotions et depuis que j’ai accepté l’intégralité de mes émotions, elles ont disparu. L’art et la manière de manger tout et n’importe quoi ? Envolé. Je ne mange plus pour faire passer des émotions ou pour les refouler, je mange parce que *attention la phrase cliché arrive* mon corps est un temple qu’il faut nourrir correctement *fin de la phrase cliché par excellence* non je déconne, je mange ce qui me plaît et il se trouve qu’au final, ce qui me plaît, c’est de manger ce qui apporte de la bonne énergie à mon corps.

Alors je reviens sur ce choc émotionnel récent, parce qu’il faut bien comprendre que je ne dis pas que tout a été réglé par magie, ce que je vous dis c’est que j’ai sorti de mon corps toutes ces émotions, tous les problèmes ou situations qui y étaient associés et je les ai traités plutôt que de les laisser littéralement me ronger le corps et la santé. Aujourd’hui, je sais que je fais partie de ces gens très sensibles aux émotions qui ne doivent pas les refouler, sous peine de se retrouver avec un problème de santé sur les bras. Alors ce choc émotionnel récent avec lequel je vous bassine depuis un paquet de lignes : je ne l’ai pas traité correctement. Je ne me suis pas laissée le temps de le digérer. Quatre jours après l’annonce du décès, alors que je faisais comme si rien n’avait changé dans ma vie et que j’ignorais soigneusement le sujet, j’ai commencé à perdre connaissance de manière tout à fait hasardeuse. Assise sur une chaise, en train de réfléchir, hop je tombe par terre, je me cogne la tête, direction les urgences pour aller vérifier ce petit trauma crânien. Je ressors des urgences avec une prescription, la promesse de faire attention à une dizaine de signes et le lendemain, rebelote. Je vais chez le médecin, qui me dit que ce sont sûrement des chutes de tension. Hmm des chutes de tension à répétition, à mon âge ? Je remets le couvert encore deux fois dans les jours qui suivent avant de réaliser qu’à chaque fois que je me suis évanouie, je pensais à la personne qui est décédée. Mon cerveau, d’une manière étrange, a décidé que le meilleur moyen de se protéger, c’était de s’éteindre. J’ai fini par passer l’appel que je repoussais, par traiter le problème, par pleurer toutes les larmes de mon corps parce que même si je n’y peux rien, même si rien ne ramènera la personne en question à la vie, j’avais besoin de pleurer.

J’ai pleuré. Je ne suis plus tombée par terre.

Les chocs émotionnels ont bien plus de pouvoir qu’on ne l’imagine. On commence à parler de maladie psycho-somatique et je sais que le mot fait peur, parce qu’on a l’impression qu’on se génère des “fausses” maladies. Je ne crois pas qu’on fasse ça. Je crois que les symptômes et ce qu’on ressent, tout ça est bien réel, mais que l’origine est psychologique et que les médecins aujourd’hui ne traitent pas l’origine, ils traitent les symptômes. Normal hein, ils sont pas psychologues. Ce ne sont pas de “fausses” maladies, c’est un cri au secours du corps qui essaie de faire comprendre qu’il y a quelque chose à traiter. D’ailleurs, prenez deux minutes pour scanner votre entourage. Combien de vos amis ont des maladies un peu étranges ? Machin a un truc cardiaque, bidule a un diabète, machin a une maladie auto-immune, bidule a une maladie dégénérescente. On est TOUS MALADES. C’est dingue quand même qu’on ait autant avancé dans la science au point que… qu’on ait tous un diagnostic d’une maladie ! Comme si à mesure que la science avance, on découvre qu’on est tous malade en fait. Bien sûr qu’on a tous quelque chose, mais je crois que le stress et les émotions sont en grande partie responsables de nos états physiques (et psychologiques EVIDEMMENT). Prenez quelqu’un qui vit dans le métro, boulot, dodo, dans un état de stress permanent, avec deux-trois maladies, qui ne prend jamais le temps de traiter ses problèmes émotionnels parce que bah il est trop épuisé pour faire ça le soir en rentrant du travail, ou le weekend parce que le weekend il faut en profiter, sinon à quoi ça sert de travailler ? Retirez-le de son environnement stressant et de son travail pendant six mois. Qu’est-ce qui va lui arriver d’après vous ? Je ne dis pas que tout va disparaître par magie, mais quand même…

L’alimentation est aussi responsable de plein mal-êtres mais si on rentre dans le débat de l’alimentation, j’ai bien peur qu’on écrive l’équivalent de la Bible vu que tout et n’importe quoi a été dit sur le sujet.

Ce que je veux vous dire aujourd’hui, c’est :

  • je vais bien, mais comme tout le monde je suis humaine et les chocs émotionnels m’affectent à leur manière, je veux vous rappeler que les gens qui se cachent derrière des comptes Instagram et qui vous montrent uniquement que TOUT va bien dans leur vie, sont comme vous et moi : ils ont aussi leur lot de problèmes, ils ont aussi des choses qu’ils ne savent pas gérer et ils apprennent jour après jour. De la même manière que j’apprends à manager, de mieux en mieux, mes propres chocs émotionnels. Oui, je vous montre que je vais bien la plupart du temps et c’est complètement vrai, je pense que je suis très bien dans ma peau, que j’ai une bonne dose de joie naturelle dans mon corps, mais ça ne veut pas dire que ma vie est parfaite, elle l’est parce que je l’ai décidé, parce que les fois où ça ne va pas, je sais me dire “ok, c’est temporaire, ça arrive”, accepter les émotions négatives et passer à autre chose quand c’est réglé. Ne vous auto-flageller pas parce que vous avez des chocs émotionnels, parce que vous n’êtes pas bien et que le reste du monde a décidé que selon les standards de la société, vu que vous avez un toit au-dessus de la tête et un job, vous devriez aller bien. C’est ok d’aller mal de temps en temps, c’est ok d’en parler, c’est ok d’avoir ce que d’autres qualifieraient de “faiblesse”. Le tout, c’est de s’en rendre compte, de travailler dessus et de dépasser ça. Et devinez quoi ? Ensuite, il y aura une autre “faiblesse” qui s’imposera à vous. On est humains, c’est tout. C’est comme quand on apprend quelque chose, on devient expert sur le sujet et puis ensuite on découvre qu’on veut apprendre autre chose et il faut recommencer à zéro. On évolue. Je suis humaine, ne vous faites pas d’illusions, je suis comme vous, j’ai des coups de moins bien, j’ai des coups de mieux, j’ai des chocs émotionnels. Ce que je fais c’est que je les accepte avec beaucoup plus de sérénité qu’il y a quelques années, parce que l’épanouissement que je ressens au quotidien fait largement pencher la balance globale dans la bonne direction.
  • ne sous-estimez pas le pouvoir des émotions, je ne veux pas non plus vous dire que tout est d’origine d’émotionnel, parce que déjà franchement j’en sais rien, je ne parle que de mon expérience, mais réfléchissez parfois à ce que vous ressentez, à pourquoi vous le ressentez, allez vraiment au fond des choses, vous en apprendrez plus sur vous que vous l’imaginez. Et demandez-vous si cette réaction que vous avez est en accord avec vos propres valeurs, parfois on a des révélations quand on va jusque-là.
  • si vous avez des maladies chroniques et que comme moi vous croyez au pouvoir des émotions, songez peut-être à changer d’environnement, de travail, de cadre de vie ou à vous éloigner des personnes toxiques dans votre entourage. Parfois, on garde certaines personnes proches de nous par habitude, parce qu’elles ont toujours été là, mais au final on n’est plus sur la même longueur d’ondes et elles nous font plus de mal que de bien. Les années de souvenirs que vous avez avec ces personnes ne devraient pas les autoriser à être toxiques avec vous au présent. Séparez-vous des gens toxiques, peu importe le nombre d’années d’amitié que vous avez avec. J’ai vu des gens guérir de maladies graves juste parce qu’ils ont changé de mode de vie. Alors oui, je crois que le stress a une influence de DINGUE sur notre corps et notre mental.

Je crois aussi que la société dans laquelle nous vivons n’a jamais été aussi stressante. Nous nous infligeons nous-mêmes un stress de dingue rien qu’en songeant au regard des autres. Se libérer du regard des autres, c’est ce qui a le plus changé ma vie. En me libérant de ça, j’ai pu me libérer des personnes toxiques, j’ai pu vivre selon mes envies et mes attentes et pas celles que les autres avaient pour moi, je me suis libérée du stress, je me suis même libérée de l’environnement parisien, qui était toxique pour moi. J’ai pu vivre en accord avec mes valeurs et pas celles des autres. Je ne me suis jamais sentie aussi épanouie que depuis que j’ai opéré tous ces changements.

Qu’est-ce que je veux vous dire avec tout ça ? Que j’aurai probablement des chocs émotionnels toute ma vie et qu’ils passeront par des signes physiques, en revanche la nature de ces chocs a complètement changé. Avant, il suffisait d’une petite phrase, une critique cinglante qu’on m’adressait, et hop je remettais tout en question, je ruminais dessus et ça suffisait à me déclencher des migraines, des douleurs, des maladies. Aujourd’hui, mon échelle sur le sujet a beaucoup changé, d’abord parce qu’une critique ne me met plus du tout dans le mal, j’ai complètement changé la manière dont je prenais ces choses, ensuite parce que mes priorités sont différentes. J’ai pris du recul, j’ai réfléchi à ce qui était vraiment important pour moi et je ne me laisse pas malmener par les mêmes choses que quand j’étais à Paris, salariée, la tête dans le guidon. Aujourd’hui, c’est quand j’ai un grand choc émotionnel, comme un décès, que je me retrouve dans le mal.

Et c’est normal. C’est ok. Ce sont des choses douloureuses, qu’on doit vivre et accepter et on les vit tous à notre façon. J’ai appris à me mettre en retrait quand ça m’arrive, à souffler, à me focaliser sur moi, sur ce que je ressens, à ne pas m’occuper des autres pendant cette période parce que si je ne vais pas bien, je ne peux pas aider les autres. Je me concentre sur le fait d’aller mieux et quand c’est bon, je relève la tête et je reprends là où j’en étais.

Je répète : je ne suis pas médecin. Mais je crois vraiment que notre état mental a une influence de dingue sur notre santé. Si vous réfléchissez à votre propre cas ou à votre entourage, je suis certaine que vous allez trouver des signes qui montrent que c’est impossible qu’il n’y ait pas un lien entre les deux.

Sur une note plus positive, les pandas, je vous rappelle que rien n’est figé dans la vie et que de la même manière que je me suis débarrassée de tout un tas de maladie en me rendant compte de ce phénomène chez moi, vous pouvez aussi le faire et améliorer votre quotidien. Rien que de se rendre compte de ce qu’il se passe, c’est déjà ouvrir les yeux et faire un pas en avant dans la direction de la guérison.

Illustration par la merveilleuse @blandine.pouchoulin

Last modified: 20 juin 2020
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