Par Booster de moral Etre un panda extraterrestre

Savoir demander de l’aide

Mai 2020

Je vois notre progression depuis des mois, avec l’auto-édition et avec Panda Jones. Je suis partie toute seule, de rien, et l’entreprise a grandi, jusqu’à se transformer en maison d’édition. Voilà plusieurs mois que je ne suis plus toute seule dans l’aventure. On a plein de projets démentiels, j’ai envie de tous les mener à bien, mais je me heurte à mon meilleur ami : le temps.

Le temps et les compétences également. J’ai pour habitude de déléguer tout ce dans quoi je ne suis pas experte, mais avec les prochains projets, il va falloir trouver des profils très spécialisés et pour les trouver, il faut également du temps.

Ma denrée la plus précieuse.

Je voudrais pouvoir tout mener de front : les sorties sur les marchés étrangers, le début des podcasts, les vidéos IGTV qu’on veut lancer, celles sur l’animation, les nouveaux auteurs qu’on veut lancer également, les préparatifs pour le salon du livre de paris 2021 (s’il a lieu), la refonte du site jupiterphaeton.com mais aussi celle du site pandajones.fr, le magazine pour les auto-édités, la formation pour les agents littéraires, l’écriture de mes romans parce que mine de rien c’est ce qui fait vivre la boîte et toutes les personnes qui travaillent pour, ça doit donc rester ma priorité.

Mais voilà, je n’ai pas le temps de tout gérer de front, je ne veux pas non plus donner tout mon temps à mon entreprise. Je travaille en moyenne 21 heures par semaine, à raison de 3 heures par jour, sept jours sur sept et je ne compte pas travailler plus. Je sais qu’au-delà de trois heures, ma concentration n’est plus la même, ma productivité non plus. Si j’ai choisi ce métier, ce n’est pas pour passer mon temps devant un ordinateur, c’est pour pouvoir profiter de ma vie. Qui plus est, je ne pense pas que travailler 35h par semaine, surtout sur 5 jours, soit bon pour la santé. Je reviendrai bientôt sur ce sujet d’ailleurs. Je veux pouvoir consacrer le reste du temps de ma semaine à d’autres activités : passer du temps avec les gens que j’aime, faire du sport, m’occuper de mon chien et aider les autres. Aider les autres veut parfois dire répondre à mes emails, rendre service à quelqu’un, construire une fondation pour aider les gens à réaliser leurs rêves.

Et si je veux pouvoir continuer de consacrer du temps à tout ça, je dois continuer d’avoir des ressources financières, car ce foutu campus ne va pas se construire tout seul ! Cette fondation verra le jour, je le veux de toutes mes forces, je vais donc travailler pour. Ce qui veut dire continuer d’écrire. Et pour continuer d’écrire, il faut déléguer les autres projets.

Comment faire alors ?

Heureusement, je sais appeler au secours. Heureusement, je suis entourée des bonnes personnes. Mais ça n’a pas toujours été vrai…

Septembre 2017

Je suis tombée dans la dépression sans même m’en apercevoir. Je n’ai jamais su appeler au secours de toute façon, j’ai toujours cru qu’être forte, dans la vie, c’était s’en sortir toute seule. Alors j’ai beau être au plus mal, je ne crie pas, je ne pleure pas, parce que j’ai encore un tout petit peu de force qui me permet de tenir devant les autres.

Jusqu’à ce que j’en ai plus.

On est au point de non-retour. Je ne peux pas tomber plus bas. Je le sais, j’ai déjà creusé et je suis au fond du trou. Je ne sais pas comment je vais me relever, je ne vois plus l’espoir, je ne vois même plus l’intérêt de vivre. À quoi est-ce que ça sert si c’est pour se sentir aussi mal ? Parce que je suis un zèbre, avec toutes mes rayures, et les émotions pulsent en moi puissance mille. La moindre remarque, la moindre critique, me fait si mal qu’elle laisse un trou dans mon cœur. Et mon cœur est si troué maintenant, que je peux passer ma main au travers sans rencontrer de chair.

S’il y a bien un moment où je dois appeler au secours, c’est maintenant. Mais personne ne m’a appris comment faire, personne ne m’a expliqué pourquoi il faut le faire. Alors je reste paralysée, attendant que quelqu’un se rende compte de mon état. Et si personne ne s’en rendait compte ? Eh bien parfait, ce sera l’occasion de disparaître pour de bon.

Parce que je ne sais pas demander de l’aide.

Même quand j’en ai cruellement, terriblement besoin.

Heureusement, je suis entourée de personnes qui me connaissent suffisamment bien pour repérer le gouffre béant en moi et venir m’aider. Heureusement, j’ai dépassé cette période.

Depuis, j’ai grandi, j’ai appris sur moi-même, je sais m’écouter, je sais lever le pied, je sais comment fonctionnent mes émotions, je sais que je peux faire bouger le curseur de 0 à 1000 en une seconde. J’ai appris à me connaître.

Et j’ai appris à demander de l’aide.

J’ai aussi appris que demander de l’aide, ce n’est pas être faible. J’ai redéfini ce qu’était la force pour moi. Et j’ai appris à ne plus me regarder dans les yeux des autres. Ma vie a changé, du tout au tout. Si je regarde trois ans en arrière, je ne suis plus vraiment la même personne. J’ai changé, j’ai confiance en moi, j’ai aussi appris à faire confiance aux autres. Et j’ai appris une chose très importante : je ne suis pas responsable d’eux, ni de leurs choix, je ne les contrôle pas. En revanche, si je leur accorde ma confiance, je dois aussi leur faire confiance quand ils me disent que ça ne les dérange pas de m’aider et qu’au contraire, ça leur fait plaisir. La confiance, ce n’est pas quelque chose qu’on donne pour un domaine et pas un autre. Ce n’est pas “je te fais confiance pour qu’on passe de bons moments ensemble, mais je ne te fais pas confiance pour savoir si c’est ok pour toi ou non de m’aider, je préfère décider à ta place de ce point en ne te demandant jamais d’aide”.

Parce que est-ce que ce n’est pas ce qu’on fait quand on ne demande pas d’aide ? Est-ce que d’une certaine manière, on ne trahit pas la confiance qu’on a donnée à notre cercle proche ? Quelles sont les raisons qui te poussent à ne pas demander d’aide ? Parce que tu veux t’en sortir seul ? Ok, pourquoi pas, même si c’est un peu dommage, généralement on s’en sort bien mieux en groupe que seul. Parce que tu ne veux pas déranger les autres ? Et si tu leur posais la question et que tu les laissais choisir eux-mêmes si ça les dérange ou non ? Après tout, si tu leur fais confiance, c’est que tu peux aussi leur faire confiance pour prendre des décisions, non ? C’est leur décision, elle leur appartient. Ils ont le droit de dire oui, ils ont le droit de dire non. Si votre relation est saine, ils ne se sentiront pas coupables en disant non. On ne devrait jamais aider quelqu’un si nous ne sommes pas en position de le faire de toute façon. Alors fais-leur confiance pour prendre eux-mêmes la décision.

Ce n’est pas être faible que de demander de l’aide. Je suis sûre que tu adores aider tes amis, je suis sûre que tu te sens bien, tu te sens utile et tu as l’impression d’être considéré quand on te demande de l’aide. Eh bien devine quoi ? Tes amis ressentent sûrement la même chose quand tu leur demandes de l’aide. Et ils se disent aussi que c’est une marque de confiance, parce qu’on ne demande pas de l’aide à n’importe qui dans son entourage. Alors si tu veux leur montrer que tu tiens à votre relation, quelle qu’en soit la nature, demande-leur de l’aide le jour où tu en as besoin.

Pourquoi est-ce qu’il faut demander de l’aide ?

Parce que si tu as déjà tout essayé par toi-même, et que les seules possibilités qui s’offrent à toi, c’est de recommencer de tout essayer par toi-même, j’ai bien peur que le résultat ne soit pas différent.

Parce qu’une seule personne ne peut pas détenir toutes les compétences de la planète et qu’il y a sûrement des gens dans ton entourage qui feront les choses bien mieux que toi. Et peut-être même qu’elles ne sont pas dans ton entourage. Peut-être que ce sont des professionnels. Demander de l’aide à un professionnel (déléguer en fait), c’est également normal. Qui de mieux adapté à ton besoin que quelqu’un qui s’est formé sur le sujet et a de l’expérience sur la question ? Tu peux aussi demander de l’aide à des personnes que tu suis, à des personnes qui t’inspirent. Ce n’est pas dit qu’ils répondent, mais ça ne te coûte rien d’essayer, non ? Et ne le prends pas mal s’ils ne répondent pas, c’est leur choix, tu ne le contrôles pas.

Parce que parfois, l’aventure à plusieurs, c’est quand même plus sympa que tout seul, parce qu’on peut nous ouvrir les yeux sur des choses qu’on n’avait pas vu, parce qu’on peut faire preuve de créativité à plusieurs aussi.

Parce que parfois, on est fatigués et on a besoin d’une main qui se tend et qui nous aide à nous relever. Et c’est ok.

Mai 2020

Jupi : “du coup j’ai tous ces projets à mener de front et je crois que j’ai besoin de toi”

Carrie : “ok, y a des missions, des trucs spécifiques à faire ?”

Jupi : “je peux te noter tout ça, mais bien sûr il faut que t’aies envie de le faire et je ne veux pas que ça empiète sur tes projets”

Carrie : “non c’est top ça va me permettre d’avoir un revenu alors que je suis en plein tour du monde et comme ça je pourrais booker des sorties que j’hésitais à booker pour des raisons financières et puis tu sais je crois beaucoup à ce projet alors ça remplit toutes les cases pour moi !”

Jupi : “tu sais que t’es la meilleure ?”

Cette discussion, je l’ai vraiment eue en mai dernier avec ma meilleure amie, la formidable Carrie, qui a tellement de flèches à son arc qu’elle pourrait être embauchée dans n’importe quelle entreprise. Depuis mai, nous avons ajouté quatre nouveaux freelances chez Panda Jones, dans des domaines différents à chaque fois et c’est Carrie qui chapeaute le tout. Mais surtout, depuis mai, les projets ont VRAIMENT commencé à avancer. Plus de “oui il faut que je m’en occupe”, qui était clairement ma phrase préférée à Arwen, ma formidable assistante. Avec Carrie, les choses avancent, se font, j’ai toute confiance en elle pour déléguer, manager et faire au mieux pour l’entreprise. Nous avons les mêmes valeurs, nous discutons régulièrement de la direction dans laquelle on veut faire avancer la boîte, de ce qu’on peut faire pour les personnes avec lesquelles on travaille et de comment aider les gens à réaliser leurs rêves. Il y a eu deux mois turbulents pendant lesquels il a fallu prendre en main plein de dossiers, mettre en place tout un tas de projets, de relations, mais elle a tout pris en main. Et depuis maintenant trois semaines, j’ai retrouvé mon temps d’écriture, je peux participer aux projets dans lesquels je veux vraiment avoir le nez, et je peux laisser les autres se gérer grâce à l’équipe Panda Jones.

J’ai demandé de l’aide alors que j’étais la tête dans le guidon et toutes les pièces du puzzle s’assemblent une à une depuis. Les sorties à l’étranger ? Ça a commencé ! L’intégrale de Ryvenn dont je parlais depuis six mois ? Il a pris forme en deux semaines. Le management que je délaissais ? Il prend forme. Les projets de magazine, de podcasts, de vidéos ? Ils ont tous fait un tel bond en avant qu’on doit se retenir de tout sortir d’un coup.

Parfois, demander de l’aide est la meilleure des solutions. Faites confiance à ceux à qui vous demandez de l’aide. Laissez-les décider de ce qui est bien pour eux. N’essayez pas de les contrôler, n’essayez pas de vous faire des films sur leur vie, sur la manière dont ils sont débordés, sur le temps qu’ils ont pour eux. Laissez-les choisir les priorités de leur vie. Ils ne peuvent pas choisir si vous ne leur laissez pas le choix, on est d’accord ? Si vous ne montez jamais sur le devant de la scène pour dire “hey, j’ai besoin d’aide”, jamais ils ne vous choisiront, parce qu’ils ne sauront même pas qu’ils ont ce choix à disposition. Et c’est valable autant pour le côté matériel, professionnel, que pour le côté sentimental. Nous pouvons demander de l’aide dans tous les domaines de notre vie, ce n’est pas réservé juste aux déménagements !

Clairement, si demain Carrie a besoin d’aide, je peux abandonner tout ce que je fais pour la retrouver. Et c’est ok pour moi, ce n’est pas une contrainte, ce n’est pas un effort. Carrie est ma meilleure amie et elle fait partie de mes priorités. Au contraire, si elle ne me demandait pas d’aide alors qu’elle en a besoin, je le vivrais très mal, je me demanderais qu’est-ce que j’ai mal fait pour qu’elle se dise qu’elle ne peut pas me demander de l’aide ?

Alors la prochaine fois que vous hésitez à vous tourner vers quelqu’un pour un appel au secours, pour un peu d’aide sur un sujet, rappelez-vous que nous sommes tous des individus responsables de nos propres choix. Vous ne forcez la main de personne en demandant de l’aide, nous sommes tous libres d’accepter ou de refuser. Si la personne accepte, ne passez pas votre temps à culpabiliser à vous dire “oh bon sang je l’embête”. Non. En demandant de l’aide, on peut faire des bonds en avant inimaginables.

Et est-ce que tu crois que je suis faible ?

Est-ce que tu crois que demander de l’aide a changé la manière dont les autres me voyaient ?

Déjà, je te dirais bien que ça n’a aucune importance la manière dont les autres me voient. Mais bon, je ne sais pas si tu en es déjà là de ta démarche, alors admettons que ça ait encore de l’importance pour toi. Je crois que demander de l’aide, au contraire, ça donne une bonne image de toi. Reconnaître qu’on a besoin d’aide, c’est quelque chose qui est de plus en plus rare de nos jours. On donne du crédit à une personne qui le reconnaît. Et une personne capable de reconnaître qu’elle a besoin d’aide, à mes yeux, c’est une personne qui a du recul, de la maturité, qui sait mettre son ego de côté.

C’est-à-dire…

C’est une personne forte.

Mais chacun sa définition, hein :).

Septembre 2017

J’ai touché le fond, mais j’ai trouvé des gens pour m’aider et chaque jour est un peu moins pire. J’ai appris à demander de l’aide, même si à ce stade, j’ai plutôt appris à crier au secours. Quand je sens que je recule, j’appelle, j’écris, je livre mes émotions. Je ne suis pas à un stade où je peux m’en sortir seule pour l’instant, et je l’accepte. Parce que les personnes qui me portent vers le haut aujourd’hui, si je m’en sors, je serais capable de les porter vers le haut à mon tour. Alors je parle, je livre tout ce qui est complexe et qui me met des nœuds au cerveau. Je consulte un psy spécialisé dans mon profil, il me met des bonnes pensées dans le crâne. J’y vais petits pas par petits pas : d’abord, retrouver l’envie de se lever le matin, d’abord retrouver goût à la vie, d’abord se fixer de petits objectifs, jour après jour. Se responsabiliser à nouveau, se rappeler qu’abandonner, sur ce sujet, n’est pas une option. On n’abandonne pas la vie. Parce qu’on n’en a qu’une. Parce qu’il ne tient qu’à nous de la rendre meilleure. Il ne tient qu’à nous d’implémenter les petits changements qui nous amèneront vers plus d’épanouissement. Mais d’abord, il faut redéfinir ce qui me rend heureuse. Ça, je ne le sais même plus.

Puis je me retrouve.

Écrire.

C’est ça qui me rend heureuse.

Alors les rouages se mettent en place. Mon plan se met en place. Je me donne un an. Dans un an, je serai écrivain à temps plein. Et j’essayerai, tant pis si je me plante. J’essayerai, je recommencerai, je persévérerai. Parce que c’est ça qui me booste, c’est ça qui me passionne. En attendant, je vais me réparer, je vais me remettre sur pattes, je vais m’assumer à nouveau. Je vais redéfinir qui je suis, je vais être moi-même, parce qu’être quelqu’un d’autre ne fonctionne pas et ça ne m’a mené nulle part. Mais qui suis-je ? J’ai le temps de répondre à cette question, pas à pas, avec de l’aide autour de moi. Pour l’instant, la lumière au bout du tunnel, c’est que je veux être écrivain. Je m’accroche à l’idée, elle me donne de l’espoir et l’espoir me fait vivre en ce moment.

Et petit à petit, tout petit à petit, pas après pas, le plan se met en place.

La suite, vous la connaissez.

Étiquettes : , , , , Last modified: 22 septembre 2020
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