Par Arrête d'être un mouton pessimiste Booster de moral Etre un panda extraterrestre T'as besoin de motivation ?

Accepter ce qu’on ne contrôle pas

Pandi demande à Jupi si elle est sûre d'elle

3 jours après avoir signé l’achat de ma nouvelle maison chez le notaire

Des pluies diluviennes se sont abattues de manière très localisée sur la Dordogne, où j’habite et il tombe tellement d’eau que je serais tentée de comparer ça à des pluies tropicales. Je parle en connaissance de cause : j’ai déjà vu des pluies tropicales, j’ai déjà vu la hauteur des trottoirs en Malaisie ou d’autres pays de l’Asie du Sud-Est, j’ai vu l’eau dévaler les rues comme un torrent alors qu’il ne pleuvait que depuis quinze minutes. Et là, dans une moindre mesure, ça me fait le même effet.

Quelques heures plus tard, je découvre avec joie les fuites dans la toiture de la maison que je viens d’acheter trois jours plus tôt. La facture va s’élever à un montant plutôt astronomique, entre 30K et 60K euros (tout dépend de s’il faut reprendre une partie de la charpente ou non), à ce prix-là on peut presque se payer une petite maison dans le coin pour vous donner une idée. Clairement on n’est pas loin de l’appartement. Si vous ne me croyez pas, hop je vous ai préparé la recherche sur seloger.com avec un montant maximum de 60 000 euros pour vous donner une idée. Je vous laisse cliquer ici. Enfin bref, il y a des plafonds foutus (mais l’assurance rembourse cette partie), la toiture est à refaire, mais comme il y a beaucoup de surface, on va en nettoyer une partie et en refaire une autre, ainsi que redresser la charpente dans la zone où on la fait (en espérant que les termites n’aient pas attaqué l’ossature… HMMM). Tout ça pour se rapprocher des 30K plutôt que des 60K mais avoir une maison qui ne fuit plus quand même. Bref, vous l’aurez compris, une tuile m’est tombée dessus (hahaha… ok, riez s’il vous plaît !).

Il y a quelques années, si une telle chose m’était arrivée, je pense que j’aurais fondu en larmes, j’aurais blâmé l’univers puis je m’en serais voulue “pourquoi j’ai acheté cette maison ? pourquoi j’ai pas fait venir un artisan pour vérifier que tout était bon ? pourquoi je prends toujours des mauvaises décisions ? pourquoi il m’arrive que des emmerdes ?” parce que ça aurait été la goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase. Sauf qu’à l’époque, soyons honnêtes, tout était prétexte à faire déborder le vase intérieur de mes émotions, à tel point que j’avais l’impression d’être en train de me noyer constamment, d’avoir à peine la tête hors de l’eau qu’un nouveau poids s’ajoutait sur mes épaules et me faisait plonger. Quand une fuite éclatait, même minime, je soupirais, je m’exaspérais, je me mettais à trembler. Si quelque chose se cassait et nécessitait réparation, je n’en pouvais plus. Je prenais sur moi, comme si c’était de ma faute, tout ce qui arrivait. Quelqu’un dans mon entourage m’en voulait sans que je comprenne pourquoi, même si c’était une erreur (dans le sens où il m’attribuait des paroles que je n’avais pas dites par exemple) ? Je culpabilisais et je me disais que c’était ma faute. Quelque chose se cassait dans l’appartement et il fallait le réparer ? Je me disais que le destin s’acharnait. Je me sentais la victime de ces événements aléatoires de la vie. Je subissais. Et je subissais difficilement. Comme si c’était trop lourd à porter. Gérer ces problèmes était ma priorité, comment aurait-il pu en être autrement ? Je ne pensais qu’à ça. Au problème numéro 1, au problème numéro 2, au problème numéro 3, tous ces problèmes qui noyaient ma vie. Tous ces problèmes que je n’avais pas choisi.

Or, je ne contrôlais pas ce qui m’arrivait. Une fuite d’eau, une intempérie, quelque chose qui se casse, quelqu’un qui vous fait la tête sans que vous ayez fait quoi que ce soit : ce sont des choses qu’on ne contrôle pas. Nous n’avons pas de pouvoir d’action dessus. C’est arrivé. Point. On ne peut pas revenir en arrière et changer les choses. On peut, en revanche, prendre les actions nécessaires pour réparer ou améliorer la situation. On peut également choisir la manière dont nous recevons ce qui nous arrive. On peut le voir comme un coup supplémentaire du destin (je rappelle que “le destin” peut aussi vous envoyer des coups de pouce, pas que des tempêtes, si vous êtes du genre à croire au destin). On peut le subir. Le ressasser. En faire le centre de notre vie.

Ou alors, on peut juste accepter ce qui arrive. Hausser les épaules. Prendre les mesures pour réparer. Mais rester concentré sur les problèmes qu’on a réellement choisi : comme d’écrire, s’occuper de sa famille, de ses animaux, gérer son entreprise, aider les autres, s’occuper de sa santé. Pour rappel, pour s’épanouir, il faut choisir ses problèmes et cesser de subir. Il n’y a pas de mal à avoir des problèmes, au contraire, l’être humain est heureux quand il est occupé à la résolution d’un problème… qu’il a choisi. J’utilise généralement le terme challenge plutôt que problème. Mais mon problème principal, par exemple, c’est d’écrire des romans. Sympa, comme problème, non ? Parmi mes problèmes principaux il y a : m’occuper de mon chien, aider les autres, entretenir mon corps, … J’aime mes problèmes. J’aime m’atteler à leur résolution. Parce que je les ai choisis.

Mais il y a quelques années, je n’avais pas compris tout ça. Le moindre incident devenait une catastrophe qui me minait le moral, augmentait mon stress déjà important et me noyait à moitié. Depuis que j’ai compris que ces événements, nous ne pouvons pas les empêcher, mais nous pouvons changer la manière dont nous les recevons, ma vie a changé.

Ces multiples fuites dans ma toiture dans cette maison que je viens d’acheter ? Je les ai acceptées avec un haussement d’épaules, vraiment. J’ai accepté que ça allait coûter de l’argent, mais l’argent n’est pas ma priorité. J’ai accepté que je n’allais pas lancer les travaux tout de suite. J’ai accepté que ça allait couler un moment. J’ai mis en place les actions, appelé l’artisan, l’assurance, entamé des démarches, limité les dégâts, mis des récipients sous les diverses fuites. Rien de tout ça ne va se résoudre dans les semaines à venir.

Et c’est ok.

Ce n’est pas ma priorité. Ce n’est pas un problème que j’ai choisi. Je lui ai alloué le temps nécessaire pour effectuer les démarches, parce que clairement, on ne peut pas ignorer une fuite, sous peine que ça s’aggrave. Mais je ne lui alloue pas plus de temps. Je ne laisse pas l’idée me ronger avant de me coucher. Je n’y pense pas en pleine journée (bon là j’y pense forcément, puisque je vous en parle, mais ce n’est pas en train de me miner le moral), je ne suis pas en colère, je ne me dis pas que le sort s’acharne, je ne me dis pas que j’ai mal choisi, je me dis que oui, j’aurais sûrement pu faire venir un artisan pour vérifier la toiture avant d’acheter. Mais je ne l’ai pas fait. C’est trop tard. Et avec des “si” je trouverais sûrement plein d’arguments pour me faire culpabiliser.

Mais pourquoi est-ce que j’allouerais du temps, de l’énergie et des “slots” de mon cerveau pour culpabiliser sur quelque chose que je ne peux pas changer ? Alors que je peux diriger cette énergie, ce temps et ces “slots” pour continuer d’écrire, de produire des romans, de gérer mon entreprise, d’émuler avec la Pandateam ? Pourquoi est-ce que je me minerais le moral alors que me miner le moral ne va absolument pas faire avancer les choses ? J’ai pris la décision, je n’ai pas laissé le problème en suspens, l’affaire de la toiture est déjà clôturée et classée dans mon crâne, dans un petit emplacement qui ne prend pas de place, qui ne fait pas travailler mon cerveau, qui me laisse tranquille. Je rouvrirai cet emplacement quand le moment des travaux viendra. Puis je le refermerai.

J’accepte qu’on ne peut pas tout contrôler, qu’on ne peut pas tout éviter. Mais je ne laisse pas ces problèmes que je n’ai pas choisis envahir mon mental et ma vie. Je prends des décisions les concernant, et l’une d’elles est la suivante “je n’ai pas choisi ce problème, je l’ai traité, mais il n’a pas à envenimer ma vie”.

Et pourtant, on parle d’une fuite dans le toit hein. Et pas qu’une en fait. On parle d’humidité. De pièces inutilisables. De charpente qui s’abîme sûrement. D’un plafond gorgé d’eau. D’une isolation foutue.

Mais c’est comme ça ! Qu’est-ce que j’y peux ? Je n’ai pas commandé la pluie, je n’ai pas commandé les fuites, je n’ai pas réclamé tout ça. Je ne peux pas tout à fait le refuser en bloc, ça m’arrive quand même, mais je peux choisir comme je le reçois.

J’accepte que ça fuit, j’accepte que ça va coûter de l’argent, j’accepte que je ne vais pas faire les travaux tout de suite, j’accepte.

Et pendant ce temps, j’écris. Parce que j’ai mes priorités et qu’allouer du temps à une fuite, ou à d’autres problèmes “subis”, ça ne sert à rien. Se prendre la tête sur des choses sur lesquelles on n’a pas le contrôle, ça ne sert à rien. Enfin si, ça sert à faire des nœuds au cerveau encore plus importants, à augmenter son stress, à devenir tendu, à bousiller sa santé et ses émotions. Hyper utile, vraiment. *sarcasme*

Je ne dis pas que c’est simple de se libérer de ça. Je ne dis pas qu’il suffit de claquer des doigts. Ce que je dis, c’est que j’ai l’impression qu’on vit vraiment mieux quand on accepte qu’on ne contrôle pas tout. Il n’y a que moi que je contrôle. Moi, mes actions, ce que je dis. Et j’essaye d’être bienveillante avec moi-même, c’est-à-dire que j’accepte que je vais me planter, faire des erreurs et que je vais apprendre de ces erreurs. J’accepte le fait que ça ne m’est pas venu à l’idée de lever les yeux vers la toiture en visitant pour voir si elle était bien entretenue, j’accepte que je n’ai pas pensé à faire venir un artisan. J’accepte le fait d’avoir été une débutante sur ce coup. Et je ne me donne pas des coups de fouet pour ça. C’est fait. La prochaine fois, je ferai mieux.

En attendant, j’écris.

Et je suis heureuse.

Est-ce que ça vaut vraiment la peine de se stresser et de s’angoisser pour des choses sur lesquelles on n’a pas le contrôle ? Alors que tu pourrais mettre cette énergie dans des choses plus productives, que tu as choisies ?

Illustration par la topissime @blandine.pouchoulin

Étiquettes : , , , , Last modified: 21 octobre 2020
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