Par S'épanouir

Garder le moral

Je sais qu’on vit des temps un peu étranges et que c’est d’autant plus difficile de garder le moral durant cette période.

Moi aussi, parfois, j’ai un petit coup au moral. J’ai envie de me recroqueviller, collée à mes chiens, de leur faire des câlins et de me couper du reste du monde. Puis je fais le vide dans ma tête, je me rappelle pourquoi je fais tout ça : parce que j’adore écrire, bien sûr, mais aussi parce que j’ai envie d’aider les autres à vivre leurs rêves.

D’ailleurs, c’est amusant, c’est un des reproches qu’on me fait le plus souvent : que je vends du rêve. Et pas dans le sens positif ^^. Que je donne l’impression que l’autoédition, c’est facile. Qu’il suffit de se publier et que ça va marcher tout seul.

Hum.

Je peux comprendre qu’on ait cette impression en me lisant, parce que je suis très positive et je suis navrée si c’est ce qui ressort de mes messages. À aucun moment, je pense que s’autoéditer, c’est « simple ». Pourquoi est-ce que ce serait aussi simple ? Il y a des maisons d’édition dont le métier est de sortir le meilleur roman possible, à chaque titre. Et ces maisons d’édition emploient plein de personnes pour parvenir à atteindre cet objectif. C’est que ce n’est pas si simple. Déjà, écrire un manuscrit, ça n’a rien de simple.

Je suis quelqu’un qui travaille beaucoup et j’ai la chance de pouvoir abattre beaucoup de boulot en très peu de temps. Mais même dans mes formations, je précise bien que viser mes objectifs, mes revenus, mes quotas de mots, ce n’est pas sain. Déjà, parce que viser ce que quelqu’un d’autre a, ce n’est pas très sain. C’est bien d’avoir un modèle ou un exemple à suivre, mais c’est bien aussi de savoir s’en détacher pour avoir ses propres objectifs. Mes objectifs de revenus sont liés au fait que j’emploie des personnes dans ma maison d’édition, que je dois pouvoir subvenir aux besoins de tous, ils sont aussi liés aux moyens promotionnels que je veux pouvoir déployer pour les prochains auteurs qu’on va publier. Je ne pense pas que tout le monde ait ce type d’objectifs.

Je ne m’attendais certainement pas à gagner 2000 euros dès mon premier mois de publication. J’ai été la première surprise. Mon objectif était le suivant : gagner 1500 euros par mois, À TERME. Je m’étais donnée six mois pour m’en sortir un minimum, potentiellement pour gagner la moitié de cette somme, ou un tiers peut-être, et j’avais prévu de reprendre un job alimentaire, ou un temps partiel, si je ne réussissais pas à atteindre les 1500 euros.

Je ne pense pas que ce qui m’est arrivé, c’est-à-dire gagner un salaire dès le premier mois, soit commun. Je pense que le schéma classique est plutôt le suivant : gagner peu au début, puis gagner de plus en plus à chaque nouvelle sortie, construire sa communauté en parallèle et voir ses chiffres évoluer, progresser et grandir. J’ai la chance d’avoir accompagné des auteurs qui en un an, parfois deux ans, ont réussi à se dégager un salaire avec leurs romans, et sans publier un roman tous les mois comme moi, mais en publiant tous les trois à quatre mois.

Tout le monde n’a pas non plus pour objectif de gagner un salaire avec ses romans, certains cherchent juste un complément de revenus (plus facile à obtenir bien sûr, enfin tout dépend du montant du complément de revenus).

Aaaah, ça ne te redonne pas le moral tout ce que je dis, hein ? La route est longue, semée d’embûches, il n’y a pas de raccourcis (comme dirait Naruto).

Il n’obtient rien sans travail. Oui, il y a des exceptions, et peut-être que j’en suis une d’avoir réussi à gagner 2000 euros dès le premier mois. Mais est-ce que je n’ai pas travaillé ? J’écrivais depuis plus de dix-sept ans lors de ma première publication. Je pense que dix-sept années d’écriture, c’est une belle preuve de persévérance et d’engagement, mine de rien. Ensuite, je ne suis pas une novice de l’Internet, je sais comment fonctionne le marketing, donc oui, j’ai quelques pas d’avance. Pourquoi ? Parce que je suis née à la bonne époque, celle où j’ai pu grandir en étant à l’aise avec la technologie, mais aussi parce que j’ai appris à me former. Je n’ai pas appris à taper sur un clavier aussi vite qu’aujourd’hui juste avec la pratique, par exemple : je me suis formée. Je n’ai pas appris le marketing digital juste en claquant des doigts : je me suis formée. Ce sont toutes ces heures de formation qui portent leurs fruits également.

Je crois en la valeur du travail. 2020 a été mon témoin : quand j’ai baissé le rythme de travail, les revenus de la boîte ont baissé, et quand je me suis remise à cravacher, les revenus de la boîte sont repartis à la hausse.

Il n’y a pas de hasard dans la vie.

Alors si tu es d’humeur un peu morose aujourd’hui, je veux te dire quelque chose à laquelle je crois vraiment fort : je crois en la persévérance, je crois au travail, je crois au fait qu’on s’améliore au quotidien et que si la réussite n’est pas au bout aujourd’hui, elle le sera demain. Je n’ai pas réussi sur les marchés étrangers, mais je ne compte pas baisser les bras. Je vais apprendre de mes erreurs pour mieux recommencer, tout simplement.

Je crois au fait qu’on peut choisir ce qui va nous arriver dans la vie, on peut choisir nos problèmes, on peut choisir notre vie, en se battant vraiment fort. Je sais qu’une grande partie de ce que nous vivons est déterminée par l’endroit où nous sommes nés, nos parents, notre éducation, mais je crois aussi que nous pouvons nous affranchir de ça, si nous avons suffisamment envie de nous en affranchir. Que ce n’est pas simple, que ce n’est pas une route facile, mais que c’est possible.

En fait, je crois à l’infini des possibles, voilà.

Et si c’est vendre du rêve, eh bien, tant mieux, parce que je crois à la réalisation des rêves, je crois que je vis le mien et je crois que c’est à la portée d’un paquet de personnes de vivre le sien.

Je vous aime fort les pandas

Étiquettes : , , , , , , Last modified: 6 avril 2021
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