Par Arrête d'être un mouton pessimiste Booster de moral T'as besoin de motivation ?

La quête du bonheur

Ah… la quête du bonheur, ce truc après lequel tout le monde court, ce sentiment qu’on aimerait tous ressentir le plus souvent possible. On a tout ce qu’il nous faut pour être heureux, non ? Enfin, on est quand même bien lotis, alors on devrait être heureux, n’est-ce pas ? Tous les magazines le disent, toutes les séries télévisées et puis tous les trucs de gratitude qui passent sur Instagram le disent. Alors pourquoi on a l’impression de se forcer à être heureux, hein ? Pourquoi ? Bienvenue dans un article où je compte vous dire que non, vous n’êtes pas toujours heureux. Et devinez quoi ? C’est pas grave.

C’est devenu un courant de mode depuis des mois et des mois : il faut être heureux. Ce n’est plus un but en soi, c’est un état d’esprit. On le voit partout, on entend parler de positive attitude, quand on a une pensée négative, on se sent presque forcé de se sentir plein de gratitude pour ce qu’on a déjà, comme si on n’avait pas le droit d’être malheureux. Alors oui, c’est sûr, je pense que si on a un toit au-dessus de la tête, qu’on est en sécurité et qu’on a assez d’argent pour manger à sa faim, il y a clairement pire que nous. Mais ça ne veut pas dire que nous devons ABSOLUMENT être heureux et que toute pensée négative nous est interdite, qu’il faut la balayer d’un geste de la main pour se dire “je n’ai pas le droit d’être malheureux ou de penser comme ça.

Je pense que la positive attitude, c’est super, mais je pense aussi que ça a ses limites. Si on se sent mal, il ne faut pas balayer le truc sans l’analyser, ça va revenir, ça va vous hanter, au contraire embrassez ce point qui vous tracasse, ressentez-le. Le bonheur, ce n’est PAS un état permanent. Le bonheur, ce n’est PAS forcément d’avoir un toit au-dessus de la tête et de manger à sa faim. Le bonheur, c’est une notion différente pour tout le monde sur cette planète, c’est à vous de trouver ce qui vous rend heureux. Vous n’avez pas à pomper sur les autres pour ça. Le bonheur est aussi une notion changeante. Ce qui vous rend heureux aujourd’hui ne vous rendra pas forcément heureux demain, et ce n’est pas grave. Vous cheminerez et vous trouverez à nouveau ce qui vous rend heureux. Mais vous avez le droit d’être ambitieux dans votre bonheur. Vous avez le droit de dire qu’un toit au-dessus de votre tête ne suffit pas à votre bonheur, même si certains n’en ont pas et que ça ferait le leur. Parce que vous n’avez pas à comparer votre notion du bonheur avec celle de quelqu’un d’autre. Oui, il y a des gens qui sont à la rue, oui ils seraient certainement très heureux d’avoir un toit au-dessus de la tête toutes les nuits, mais vous avez déjà ça, vous vous y êtes habitués, vous n’avez pas à culpabiliser parce que vous avez un toit et eux non, vous n’avez pas à minimiser ce qui vous rend heureux à cause de ça. Si ce qui vous rend heureux, c’est d’aller faire des conférences sur l’évolution du panda à travers les âges aux quatre coins du monde, c’est génial. Dites-le, acceptez-le, embrassez-le. Et si demain, ça ne vous intéresse plus et que ce que vous voulez, ce qui vous rendrait heureux, c’est d’aller vivre dans le Sichuan près des pandas, formidable. Vous avez le droit de changer d’avis, c’est même encouragé. C’est VOUS qui décidez.

Ce n’est pas parce que partout sur Instagram on vous envoie des mantras de positive attitude que vous devez culpabiliser de ne pas vous sentir heureux. Au contraire, je crois que ça contribue à la sphère où on se sent malheureux. Vous voyez tous ces signaux qui vous disent que vous devriez être heureux, ce qui renforce votre sentiment d’incompréhension quant au fait que vous ne l’êtes pas. Et puis Instagram c’est aussi des photos splendides de gens qui ont l’air de vivre leur meilleure vie : le corps parfait des Instafit girls, qui vous renvoie au fait que votre corps ne l’est pas forcément, ces gens qui font des photos incroyables d’eux dans une ville différente toutes les semaines, … les images qu’on reçoit de la vie sont faussées, elles sont passées sous un filtre, elles ont été faites 40 fois avant d’obtenir le bon cliché. Mais malgré tout, elles vous font dire que vous ne faites pas des photos aussi belles, que votre vie n’est pas aussi excitante. Ce bonheur ambiant nourrit votre propre malheur. Plus on en voit passer, plus on se le renvoie dans la figure en se disant “et pourquoi moi j’ai pas ça ?” parce qu’évidemment les gens ne vont pas poster la fois où ils se sont ratés. Ils ne vont pas vous poster la dispute qu’ils ont eu en arrivant à l’aéroport d’une nouvelle ville parce qu’ils sont fatigués du décalage horaire. Leur vie n’est pas plus parfaite que la vôtre, mais leur but n’est pas de vous montrer les coulisses.

Je crois que ce qui rend l’être humain heureux, c’est la résolution des problèmes. J’appelle ça des challenges, parce que pour moi tout problème est un challenge, c’est une nouvelle manière de me stimuler. Je crois sincèrement que résoudre un problème qui nous intéresse (attention c’est la partie clef de la phrase), contribue à notre bonheur. Il y a cette petite satisfaction intense quand on y arrive, ce moment de flottement où on est dans le bonheur, avant… d’avoir besoin d’un nouveau problème, tout simplement ! Parce que si c’est la résolution du problème qui nous stimule, c’est qu’il nous en faut en permanence pour rester stimulés et heureux. Et ce qui est génial, ce qui est formidable, c’est que nous pouvons choisir nos problèmes.

Alors vous allez me dire : non je ne peux pas choisir mes problèmes. Moi je pense qu’on est tous en capacité de choisir nos problèmes/challenges. Les miens tournent généralement autour de l’écriture et du sport, parce que ce sont les domaines où je m’éclate. Trouvez votre domaine, choisissez votre problème. De la même manière qu’on choisit les personnes qui nous entourent au quotidien dans notre vie, on choisit également nos problèmes.

Ouais mais bon : la fuite d’eau de mon lave-vaisselle, je ne l’ai pas commandé, elle m’est tombée dessus. Ok, j’en conviens. Mais par contre, on peut choisir la manière dont on interprète ça. On peut choisir comment on y réagit. On peut prendre ses responsabilités. On peut accepter que tout ce qui nous arrive est de l’ordre de notre responsabilité. Pourquoi ? Parce que si vous rejetez la faute sur le destin ou sur les autres, vous la rejetez sur quelque chose sur lequel vous n’avez pas le contrôle et que vous ne pouvez pas changer, ce qui engendre une très grande frustration et ne fait pas avancer les choses. Ce lave-vaisselle fuit, ça vous est tombé dessus, ok, ainsi soit-il. Il est de votre responsabilité d’interpréter ce problème : est-ce que c’est chiant ? Non, ça n’a pas à l’être. C’est juste un truc à régler, parce que vous allez prendre vos responsabilités et plutôt que de l’interpréter comme un truc lourd, vous pouvez l’interpréter comme une manière d’apprendre à réparer votre lave-vaisselle (ou vous pouvez déléguer cette réparation, hein, quand on s’en fout, on s’en fout, un point c’est tout). Mais la vraie différence réside dans le choix : quand on choisit ses problèmes, on se sent plus puissant, comme porté par quelque chose. Quand on ne les choisit pas, on a la sensation de subir. Mais la fuite d’eau du lave-vaisselle n’a pas à être considéré comme un problème, à moins que la tenue parfaite de votre maison soit votre priorité et que vous ayez choisi d’en faire votre domaine de prédilection. Auquel cas c’est un problème, un vrai, et vous devez lui accorder de l’importance et vous mettre en branle pour le résoudre, et ça devrait vous stimuler puisque vous avez choisi ce domaine. En revanche, si ce n’est pas votre domaine… eh bien, vous devez vous en foutre (faut le réparer ce lave-vaisselle, mais vous n’avez pas à l’intégrer dans la catégorie “problèmes” de votre cerveau).

Choisir ses problèmes, c’est aussi choisir ce à quoi on veut donner de l’importance. On ne peut pas donner de l’importance à tout dans la vie. Choisir ses problèmes, c’est prendre ses responsabilités, c’est dire dans quels domaines on veut avancer, quels domaines comptent pour nous. Le reste ? Vous devez vous en foutre au possible. Choisissez ce qui a de l’importance pour vous et donnez-lui vraiment de l’importance, ne le gardez pas en tâche de fond ou dans un coin de votre crâne. Le reste doit s’effacer, parce qu’on n’a pas le temps pour TOUT dans la vie. C’est impossible. Il faut choisir ce qui a vraiment de l’importance pour nous et écarter le reste.

Assumez vos responsabilités, ne rejetez pas la faute sur les autres, sur le destin ou je ne sais quoi : c’est le meilleur moyen de ne pas être heureux. Bien sûr, si vous pensez que ce qui vous arrive est lié à des forces qui vous dépassent et que donc vous ne pouvez rien faire pour lutter contre, c’est CERTAIN, vous allez être malheureux. Vous n’êtes pas dans une position où vous maîtrisez votre destin. Vous êtes dans une position où vous subissez. Est-ce que vous subissez quelque chose dans un domaine auquel vous avez accordé de l’importance ? Non ? Alors oubliez tout de suite tout ça. Ça n’a pas d’importance car vous n’avez pas choisi de lui en donner. Finalement oui, c’est un domaine auquel vous avez décidé de donner de l’importance ? Alors prenez vos responsabilités. Réfléchissez à comment résoudre ça.

Il y a plein de choses pour avancer sur la définition du bonheur et être heureux. Je crois sincèrement que ça passe par la résolution des problèmes. Est-ce que vous avez déjà fait un puzzle ? C’est tellement génial de mettre une pièce, c’est comme résoudre des centaines de petits problèmes. Je crois aussi que le bonheur passe par les valeurs : soyez toujours à l’écoute de vos valeurs et respectez-les. Vivez selon vos valeurs, pas selon celles que les autres veulent vous donner. Les valeurs que vous choisissez dans votre vie vont aussi déterminer la nature des problèmes que vous résoudrez, elles déterminent l’échelle selon laquelle vous réfléchissez et vous vous mesurez. Elles sont d’une importance capitale.

Et enfin, un autre point important, je crois, pour le bonheur : n’oubliez pas que vous ne savez rien. Nous ne savons strictement rien. Nous vivons dans l’instant présent, avec nos croyances passées. Ce qui nous rend heureux aujourd’hui, ne nous rendra pas forcément heureux demain. Les principes que nous évoquons aujourd’hui, seront peut-être obsolètes dans les mois à venir. La médecine fait parfois des avancées extraordinaires, pour découvrir quelques années plus tard qu’ils se sont trompés. Nous ne savons rien. Acceptez-le, c’est ok, ça vous fera du bien. Nous n’avons pas de certitudes, nos pensées, la manière dont nous sommes heureux : tout ça change régulièrement.

C’est ok de ne pas se sentir bien parfois, c’est ok d’avoir la flemme, c’est ok de ne plus vouloir les mêmes choses. Acceptez-le et arrêtez de culpabiliser quand ça arrive. Ce n’est pas parce qu’on vous envoie de partout des signes comme quoi tout devrait aller pour le mieux pour vous, que vous devez absolument être au top de votre forme 100% du temps. Ce n’est PAS possible. C’est une hérésie et ça ne fait que contribuer à une spirale de culpabilité que vous alimentez vous-même. “Je ne suis pas heureux ? Mais pourquoi je ne suis pas heureux ? C’est pas normal ! J’ai tout ce qu’il faut pour être heureux !“. Non, il n’y a que vous qui savez ce qui vous rend heureux. Et peut-être que ce qui vous a rendu heureux pendant 5 ans d’affilée ne vous rend plus heureux aujourd’hui, c’est ok, vous allez partir en découverte de la prochaine chose qui vous stimulera. Et généralement, si on se sent mal, c’est souvent qu’il y a un problème irrésolu dans notre vie, qui tourne en boucle dans notre crâne. Prenez ce problème dans votre main et résolvez-le. Vous vous sentirez bien mieux après.

Choisissez une vie pleine de problèmes que vous avez choisi. Et ne vous dites pas que ça va tomber du ciel. Si on parle de résolution de problèmes, c’est parce qu’il y aura des difficultés sur ce chemin, il faudra être persévérant et ne pas abandonner. Les licornes qui crachent du bonheur à votre visage, ça n’existe pas. Le bonheur vient de la résolution des problèmes que vous avez choisi, mais la route n’est pas forcément facile et rapide. Elle est longue et semée d’embûches (semée de nouveaux problèmes en fait, que vous pourrez résoudre et qui vous apporteront satisfaction).

Arrêtez d’être dans le déni des émotions négatives. Elles sont là, elles existent et les éviter, les étouffer sous une dose de positive attitude exagérée (attention j’aime beaucoup la positive attitude, mais il ne faut pas en abuser), c’est faire comme s’il n’y avait pas de problèmes dans la vie et que tout était parfait : c’est écarter les problèmes et ne pas les traiter. Ils vont donc enfler dans votre crâne, prendre une partie de votre mémoire vive, jusqu’à ce que vous les ressassiez tellement que vous allez tomber au fin fond du trou. Si vous ignorez vos émotions négatives, vous ignorez vos problèmes. Et du coup, vous ignorez la résolution du problème, or la résolution du problème… c’est ce qui nous rend heureux !

Découvrez qui vous êtes et pas ce que les autres pensent que vous êtes, ou ce que la société veut vous pousser à être. Découvrez ce qui est vraiment prioritaire pour vous et choisissez sciemment les problèmes que vous voulez résoudre, ceux auxquels vous allez donner de l’importance. La quête du bonheur, c’est la quête d’une vie, c’est une recherche d’équilibre perpétuel, c’est une quête qui prend un chemin pendant un temps, avant d’effectuer un virage à 180 degrés quelques années plus tard. Et c’est ok.

Je me répète : c’est ok.

De la même manière que c’est ok de déprimer parfois, d’avoir les idées noires, de lâcher une larme, de ne pas être bien et de laisser passer la journée sans écrire ou sans être productif.

C’est ok.

Vous êtes humains. Je suis humaine. On est imparfait. On ne sait rien.

C’est ok.

Ce n’est pas grave de ne pas être heureux tout le temps.

C’EST OK.

Faites en sorte que ça devienne votre nouveau mantra ! Filez découvrir les prochains problèmes que vous voulez résoudre, embrassez vos responsabilités, ne rejetez pas la faute, VOUS êtes maîtres de votre destin, c’est VOUS qui décidez ce que vous allez faire de votre vie. Foncez. Ne lâchez rien. Et n’oubliez pas : je suis avec vous de tout cœur et n’hésitez pas à venir me parler de votre prochain problème à résoudre :).

Illustrations par @desmotsdanslamarge

Étiquettes : , , , , , Last modified: 20 octobre 2020
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