Par Arrête d'être un mouton pessimiste Booster de moral T'as besoin de motivation ?

Pourquoi se battre quand tout est déterminé par la chance ?

Je converse depuis quelques semaines avec une autrice, qui m’écrit un jour « mais est-ce que ça vaut la peine de se donner tout ce mal quand on voit que certains percent alors qu’ils ont un manuscrit moyen, une couverture moyenne, une quatrième de couverture moyenne et qu’on est bien obligés de se dire que c’est la chance qui fait que leur roman a été remarqué au milieu des autres ? »

Bon déjà, comme tu le sais, les trucs « moyens », pour moi c’est remplacé par « c’est une question de cible ». Une couverture peut paraître moyenne à une personne et géniale à une autre. Un manuscrit peut paraître moyen à quelqu’un et topissime à un autre. C’est une question de goût. Il y a bien sûr des sortes de paliers, on va dire, c’est-à-dire que c’est assez facile de repérer une couverture qui fait amateur. Mais le sujet n’est pas là, je m’en éloigne à grande vitesse ! *rires*

Elle poursuit son message en me demandant quelle est la part de chance dans la réussite des autoédités, parce qu’elle a l’impression qu’il n’y a pas de facteurs déterminants, que la recette miracle n’existe pas.

Non, elle n’existe pas, effectivement. Sinon tout le monde l’aurait déjà achetée et ça ne serait plus une recette miracle, on reviendrait tous au même niveau, il faudrait inventer une nouvelle recette pour se démarquer… c’est un cycle sans fin, qui nécessite sans cesse de se renseigner sur les meilleures méthodes pour faire en sorte de percer au milieu de la masse de livres à disposition sur Amazon par exemple.

La chance, j’en ai déjà parlé dans un article, mais je me suis dit que je pouvais te proposer cette vision sous un autre angle aujourd’hui. Déjà, il faut savoir que oui, la chance berce notre vie. Est-ce que j’aurais pu avoir de la réussite dans l’écriture si j’étais née il y a 500 ans ? Non, les femmes ne publiaient pas à cette époque, l’autoédition n’existait pas, le numérique non plus. Je suis donc née à la bonne époque, ce qui est une chance. Le lieu où je suis née, l’environnement dans lequel j’ai grandi, le cursus scolaire que j’ai fait : tout ça est une question de chance, ce ne sont pas mes choix. Je n’ai pas choisi d’être blanche non plus, et pourtant on peut dire ce qu’on veut, ça facilite grandement la vie. Je n’ai pas choisi mes gènes, je n’ai pas choisi la chimie de mon cerveau, je n’ai pas choisi d’être zèbre.

Tout ça, ce sont des facteurs « chance ». Et ces facteurs tracent une route plus ou moins semée d’embûches vers le but que tu veux atteindre et ces facteurs chance t’aident ou non sur cette route.

C’est vrai pour tout le monde.

Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas rééquilibrer les choses, qu’on ne peut pas s’affranchir de ces facteurs, ça veut juste dire qu’ils existent et que certaines personnes, dans la vie, partent avec un pas d’avance sur les autres. C’est quelque chose de parfaitement illustré dans cette petite vidéo que je vous conseille de regarder :

Alors voilà pour le point sur la chance, qui existe, oui.

Mais sa question, bien sûr, portait sur les chances de réussite d’un autoédité et sur l’intérêt de faire de son mieux quand potentiellement il n’y a que le facteur chance qui entre en ligne de compte.

C’était ça, son point important : est-ce que les efforts valent la peine d’être fournis alors que la chance a l’air de déterminer qui s’en sort et qui ne s’en sort pas ? Et dans son cas, « chance » signifie « hasard ».

Alors, allons-y. Admettons (et ce pourcentage est inventé bien que réaliste, je pense) qu’il y a 1 % de chance de s’en sortir quand on est autoédité avec un manuscrit « ok ».

Maintenant, disons que je décide d’investir du temps, de l’argent ou des compétences pour sortir une couverture qui colle à mon genre littéraire, où on comprend tout de suite de quoi l’histoire va parler. Je dirais que mon pourcentage de chance de m’en sortir a augmenté déjà. Admettons quoi ? Je suis passée à 10 % ? Ensuite, plutôt que de travailler un résumé à la va-vite, je décide d’y réfléchir sérieusement, je fais en sorte qu’on identifie le genre littéraire dès la première ligne, j’introduis l’intrigue, mon personnage principal, et je fais en sorte qu’il soit sympathique, je montre les émotions que le lecteur va ressentir, je termine en titillant sa curiosité. Mes chances ont encore augmenté, non ?

Pour mon manuscrit, je passe par une correctrice professionnelle, je vérifie le maquettage ou je le délègue si je ne suis pas capable de le faire.

Mes chances, elles ont encore augmenté, non ?

Pour ma note et mes commentaires, quand on m’écrit en me disant qu’on a adoré mon livre, je demande aux gens s’ils ont le temps de laisser un commentaire sur Amazon, parce que ça contribue à la crédibilité de mon livre.

Mes chances, elles augmentent aussi, non ?

Avant ça, j’ai créé mes réseaux sociaux et ma communauté, que j’alimente avec des contenus où ils trouvent de la valeur qui les engage. Je leur demande des conseils, je suis à l’écoute de leurs retours et pour la sortie suivante je sais qu’ils se mobiliseront pour m’aider, parce que le livre les intéresse.

Et à côté de ça, je m’intéresse aux promotions jointes et à la publicité Amazon.

Elles en sont où mes chances ? À 60 % peut-être ? Qu’est-ce que tu en dis ?

Eh bien, moi, entre 1 % de probabilité de réussir et 60 %, je sais avec quel pourcentage je préfère me battre.

Oui, il y a forcément une part de chance et ce n’est pas vraiment de la chance, c’est juste qu’il y a une part qui échappe à notre contrôle, nous ne sommes pas les acheteurs de nos propres livres. Nous ne décidons pas des autres sorties qui auront lieu en même temps, des promotions qu’Amazon veut mener et de notre potentielle intégration à ces promotions. Il y a plein de facteurs où nous ne sommes pas décisionnaires.

Mais entre 1 % et 60 % de chance de réussite, je sais ce que je choisis. Ce n’est pas pour rien qu’on dit « mettre toutes les chances de son côté », c’est parce qu’on peut travailler pour réussir.

Et l’effet se sent, j’ai des titres qui ont fait des flops et tu sais quoi ? Quand j’analyse, je peux te décrire ce qu’il s’est passé :

  • Je suis allée vite sur la couverture parce que je voulais me « débarrasser de cette corvée » ;
  • J’ai très peu parlé de la sortie ou de la promotion ;
  • Je n’ai pas fait d’efforts sur le résumé ;
  • Je n’ai pas fait de publicité Amazon dessus.

Est-ce que je me suis donné toutes les chances de réussir ? Non.

Est-ce que je suis surprise du résultat ? Non.

Est-ce que ça veut dire que ce titre n’avait aucune chance de réussir ? Non, il avait 1 % de chance. Peut-être 5 % parce que mon nom est déjà « établi » et que je ne suis plus une inconnue dans les catégories Amazon. Mais c’est beaucoup plus faible que mes autres titres, dans lesquels je me suis plus investie, où je n’ai pas lâché pour me débarrasser de la couverture par exemple parce que j’en avais marre de chercher une image qui correspondait.

Il y a une logique à intégrer : oui, parfois, il y a des gens qui auront du succès sans faire « d’efforts » (enfin, je te rappelle quand même qu’ils ont écrit un roman et qu’ils ont eu le courage de le publier et qu’en soi, ils se sont donné l’opportunité de réussir, comme ils disent au loto « 100 % des gagnants ont tenté leur chance »), mais ces gens constituent l’exception, pas la majorité. Je peux t’assurer que ceux qui s’en sortent de manière régulière, qui font en sorte que chacun de leurs titres ou presque a de la visibilité, ceux-là, ils travaillent d’arrache-pied et ils ne laissent rien au hasard, justement. Tout ce qu’ils peuvent travailler, améliorer, ils le font.

Parce qu’ils ont envie de se donner « une vraie chance ».

C’est comme ça qu’on réussit, je crois.

Étiquettes : , , , , , Last modified: 14 février 2021
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