Par Arrête d'être un mouton pessimiste Etre un panda extraterrestre Quand je vous parle de moi et de mes délires

Pourquoi séparer la vie pro et la vie perso ?

Pourquoi séparer la vie professionnelle de la vie personnelle ? Eh bien, c’est une excellente question, si vous avez des arguments sur cette séparation, faites-en moi part, car à titre personnel, je ne sépare pas les deux.

Je sais que c’est quelque chose qui se fait, notamment dans le monde salarial, parce que c’est difficile d’être soi-même au travail. Il y a des codes, des contraintes, on ne peut pas faire tout ce qu’on veut. Il y a des codes vestimentaires, il y a un code sur la manière dont on doit parler, il y a plein de normes dans lesquelles il faut se fondre pour intégrer le moule. Soyons honnêtes : je ne me fondais pas des masses dans ce moule quand j’étais salariée, ce qui ne m’empêchait pas de m’en sortir très bien dans les entreprises où je suis allée. Néanmoins, dans mon dernier job de salariée, j’avais déjà intégré l’idée que je ne voulais pas séparer ma vie professionnelle de ma vie personnelle : parce que je vis les deux au quotidien et que les deux doivent être alignées. Il y a des choses que je ne peux pas faire dans ma vie personnelle sans prendre en compte ma vie professionnelle et vice-versa. Depuis que je suis écrivain à temps plein, les deux sont totalement confondus.

Il y a un exercice qui m’a permis de réaliser que je ne pouvais pas continuer de réfléchir en séparant les deux, c’est celui du chrono-rêve. Le chrono-rêve est un exercice du livre La semaine de 4 heures de Tim Ferriss. Le but est de noter ses objectifs sans se limiter et de noter ceux qui sont personnels aussi bien que ceux qui sont professionnels, dans les mêmes cases. J’ai réalisé que si je voulais être écrivain, c’était aussi parce que je voulais avoir du temps pour promener mes chiens et rester avec eux. On pourrait dire qu’écrivain est mon métier et qu’il relève donc du milieu professionnel, tandis que promener mes chiens relève du domaine personnel. Je ne fais absolument plus la distinction. J’ai des journées, elles sont remplies de choses diverses et variées, certains diraient que je travaille peu, d’autres que je travaille beaucoup, selon ce qu’on désignerait de l’ordre de la passion, du métier, …

Le panda de la vie perso

Le fait est que réfléchir à mes objectifs dans un mode groupé, sans séparer le pro du perso, a changé bien des choses. J’ai réfléchi à ce que je voulais dans l’ensemble. Si j’écris sept jours sur sept aujourd’hui, c’est parce qu’il y a un peu de tout dans mes journées justement et je ne ressens donc pas de fatigue spécifique à écrire tous les jours. Déjà, parce que ça me plaît, mais aussi parce que je me laisse du temps pour le reste. Je promène mes chiens, je fais du sport, j’aide des auteurs et ça fait partie intégrante de ma journée, c’est une priorité, tout comme écrire. Je ne me dis pas qu’il y a des priorités professionnelles et des priorités personnelles : il y a des priorités. Point. Elles sont hiérarchisées en fonction de ce que je veux dans ma vie et de mes objectifs. C’est évidemment plus simple parce que je me suis affranchie des horaires du salariat, mais quand j’étais salariée, je n’étais jamais très penchée sur la question des horaires… Un exemple ? Déjà j’arrivais plutôt vers 9h45/10h, alors attention je travaillais très vite et mon travail était toujours rendu en temps et en heure, je ne faisais pas preuve de flemmardise (de toute façon j’espère que ça ne vous a pas traversé l’esprit parce que bon jupi et flemmardise, ça ne rime pas, ça ne va pas ensemble, ça n’a jamais coexisté). Je bossais jusqu’à midi, à midi je filais à la salle de sport parce qu’un de mes objectifs était lié au sport, je revenais vers 13h45, je prenais le temps de manger avant de (parfois) me remettre à bosser (s’il y avait de quoi bosser). Généralement, à 16h, je n’avais plus rien à faire depuis belle lurette, j’avais fini de fouiller tous les recoins des choses potentielles à exécuter, j’allais en “zen room” (si, si, une zen room, un endroit où faire la sieste mais où j’amenais généralement mon pc pour être tranquille pour bosser, la boîte où je bossais était top hein, je vous le dis, si je suis partie c’est que vraiment, je voulais faire autre chose de ma vie, ce n’était pas par manque de confort ou parce que la boîte n’était pas top), et là je me mettais sur des projets persos (écrire, faire des névroses, me former… et regarder Netflix parfois, je me confesse). Je partais à 17h, parce que je ne voyais pas l’intérêt de rester plus tard si je n’avais rien à faire. Je rentrais, je prenais du temps pour mes chiens, j’avais généralement déjà écrit le matin avant d’aller bosser (d’où l’heure d’arrivée aussi), il me restait à me détendre, parce que je n’ai jamais été très productive le soir de toute façon.

Ce ne sont pas des habitudes qu’il est possible de prendre dans toutes les entreprises, j’en ai conscience. Je ne dis pas que tout le monde peut faire ça ou que tout le monde devrait le faire. Quand je vous partage quelque chose, de toute façon, ce n’est que mon opinion personnelle ou mon expérience, je vous rappelle que je ne détiens pas les clés de la vérité universelle (incroyable, hein ?).

Ce que je veux vous expliquer c’est que quand vous vous fixez des objectifs, vous devriez réfléchir sans vous mettre de barrières. Je discute régulièrement avec des auteurs ou des auteurs aspirants et je découvre que les barrières sont en place avant même d’évoquer leurs rêves. C’est “j’aimerais bien faire…” mais avant même de mentionner ce qu’ils aimeraient bien faire, les contraintes débarquent déjà “mais je ne peux pas à cause de…” en citant généralement l’argent (qui est un frein, je le comprends, mais si vous lisez quelques livres de développement personnel, vous découvrirez que la plupart des auteurs de ces livres considèrent que l’argent n’est pas un frein, mais une excuse dont on peut s’affranchir… bon je conviens que sans argent c’est quand même la galère ultime), les enfants, le temps, le manque de formations ou de diplômes sur un sujet. Ils relient l’argent à leur travail actuel, parce que c’est ce qui leur rapporte aujourd’hui et dont ils ont besoin pour vivre. Je ne pense pas qu’il faille tenter comme moi le grand saut dans le vide (pour rappel j’ai quitté mon CDI du jour au lendemain et je me suis jetée dans l’écriture à temps plein sans savoir où ça allait me mener), c’est dangereux quand on a des enfants effectivement, parce qu’on n’est pas la seule personne dans le foyer et vos décisions ont des impacts sur l’ensemble du foyer. Néanmoins, je pense aussi qu’il faut réfléchir en matière de bonheur. Est-ce que vos enfants et votre foyer d’une manière générale, ne serait pas plus heureux si vous faisiez un job qui vous plaît vraiment ? Si vous êtes heureux, ça rejaillit forcément sur les autres, vous leur insufflez une énergie positive. Et est-ce que vous voulez que vos enfants grandissent en vous voyant vous échiner dans un travail qui, certes, vous rapporte de l’argent, mais ne vous plaît pas plus que ça ? Et quand ils vous demanderont “c’est quoi tes rêves ?” et que vous leur répondez “ah moi je voulais être écrivain, mais ce n’est pas un métier”… c’est ça, ce que vous voulez qu’ils retiennent comme information ? Qu’on doit étouffer ses rêves ? Qu’ils ne pourront pas vivre les leurs ?

Le panda de la vie pro

Réfléchissez à la vie dans sa globalité quand vous pensez à vos objectifs. Ne mettez pas des contraintes. Réfléchissez vraiment à votre vie rêvée. Qu’est-ce que vous voudriez ? Ne plus aller à ce CDI ? Devenir auteur, chanteur, influencer ? Vous occuper uniquement de votre famille ? Voyager ? Vous lancer dans un élevage de chiens ? Ouvrir un café littéraire ? Très bien, c’est parfait, peu importe la nature de votre rêve, écrivez-le, puis ensuite budgétisez-le. Faites-le pour toutes les idées qui vous viennent, qu’elles soient petites, grandes ou monstrueuses. Les gens croient souvent que ce qu’ils veulent coûtent deux à trois fois plus cher que dans la réalité. Alors budgétisez-le pour de bon, pour vous rendre compte, pour qu’il y ait un chiffre en face de votre rêve. Calculez combien vous coûte la vie au quotidien, quel est votre budget mensuel pour faire vivre le foyer ? Combien est-ce qu’il faudrait gagner en plus pour que vous puissiez réaliser votre rêve à court, moyen ou long terme ?

Quand on a la tête dans le guidon, on croit souvent que notre rêve, c’est d’avoir assez d’argent pour ne pas s’en soucier. C’est sûr que la vie est plus simple comme ça. Mais si vous faites l’exercice du chrono-rêve, que je vous conseille vraiment, vous découvrirez que vous n’avez pas envie de tant de choses matérielles que ça. Non, si vous voulez de l’argent, c’est parce que vous voulez la liberté de vivre vos rêves justement, de gérer vos journées comme vous l’entendez. Creusez jusqu’à trouver la vraie raison qui vous pousse à écrire vos objectifs. Parce que vous pouvez peut-être déjà accéder à la liberté de vivre vos journées comme vous le voulez, simplement vous ne vous êtes jamais penchés sur la question, parce que vous vous arrêtiez aux contraintes. N’hésitez pas à me donner la liste des contraintes que vous avez. Je ne dis pas qu’on peut toutes les soulever, il y en a qui sont sacrément tenaces. Mais vous devez faire l’exercice de chercher une solution et d’essayer, d’aller à l’étape suivante.

Je ne pense pas qu’on soit encore dans une ère où il faut séparer la vie pro de la vie perso. L’une empiète sur l’autre aujourd’hui : on ramène du travail chez soi pour s’y remettre le soir (grâce à cette merveilleuse invention de l’ordinateur portable qu’on peut trimballer d’un point à l’autre, ou encore le smartphone connecté à notre messagerie professionnelle), certains emmènent leurs enfants au travail à cause des grèves récentes, tellement c’est compliqué. Arrêtons de réfléchir en séparant l’un de l’autre. Il n’y a pas lieu d’être une personne spécifique au travail, d’avoir un certain ton, de se comporter d’une certaine manière et de changer du tout au tout en quittant les bureaux. C’est terriblement complexe, c’est presque du dédoublement de personnalités, c’est la galère à gérer et puis est-ce que vous vous sentez bien dans votre peau au travail à incarner un personnage ? J’imagine que si vous le faites, c’est parce que vous ressentez le besoin de coller à la fonction que vous avez, à l’image que vous vous en faites ou à celle que vous avez vu passer chez vos prédécesseurs. Je ne crois pas que ce soit nécessaire. Il faut être professionnel dans une certaine mesure, mais est-ce qu’il faut être quelqu’un d’autre ?

Non, je ne crois pas. Comme dirait Aramis, “ce temps est révolu”.

C’est l’ère des freelances, c’est l’ère de se lever et d’aller vivre ses rêves qui débarquent, une ère dont vous pouvez faire partie si vous en avez envie (oui parce que ça me paraît évident mais votre job vous satisfait et que vous vous épanouissez dedans, gardez-le évidemment !). Il suffit juste de noter vos rêves et… de vous y mettre.

J’ai toujours eu envie d’être écrivain, depuis aussi loin que je me souvienne, mais on m’a toujours répété que ce n’était pas un métier. Alors j’ai fait d’autres choses, j’ai changé de boulot un nombre incalculable de fois. Puis un jour, j’ai découvert ce à quoi j’aspirais : ce n’était pas gagné des millions, avoir une Lamborghini et être rentière. Non, c’était écrire, faire du sport, balader mes chiens et aider les autres. Il n’y a rien de coûteux là-dedans. Il n’y a pas de différenciation entre le pro et le perso. C’est juste l’idée que je me fais d’une bonne journée. J’ai testé de le faire pendant des vacances (parce que bon je voulais quand même vérifier que ça m’éclatait bel et bien) et puis j’ai commencé à réfléchir à comment y parvenir pour de bon quand j’ai vu que c’était un rythme qui me rendait heureuse. Il n’y a pas de différenciation entre le pro et le perso dans ce que je vous décris. Réfléchissez à vos journées dans leur ensemble. Qu’est-ce qui vous éclaterait ? Que ce soit le weekend tous les jours ? Ok, et comment est-ce que vous pouvez atteindre ce but ?

Vos objectifs ne doivent pas être compartimentés. vous ne pouvez pas être bien au travail si vous savez qu’il y a une fuite d’eau monstrueuse chez vous et que votre garage est en train d’être inondé. Si vous ne gérez pas ce point en priorité, vous n’aurez pas l’esprit libre pour être productif au travail. Voilà pourquoi les deux ne devraient pas être séparés quand vous faites vos objectifs. Parce que l’un empiète forcément sur l’autre.

Je suis la même personne que j’écrive, que je balade mes chiens, que je rencontre des lecteurs, que je parle devant la caméra pendant mes lives Instagram. Je suis folle, je suis tarée, j’ai un humour noir et sarcastique, mais j’aime aussi être toujours à l’heure, je suis une bosseuse, je peux m’enfermer dans une bulle de concentration sans quoi que ce soit puisse m’en tirer. Je suis comme ça peu importe où je me trouve. Parce que c’est moi et que je ne vois pas l’intérêt d’être quelqu’un d’autre juste parce que j’ai des personnes différentes en face de moi. Je pense qu’être quelqu’un d’autre, c’est perdre du temps. Dans mon dernier job de salariée, j’avais volontairement fait un CV qui me ressemblait (très coloré, complètement atypique), parce que je voulais tomber sur des managers qui partageraient mon grain de folie, qui m’accepteraient telle que j’étais et avec lesquels je n’aurais pas besoin de faire semblant. Je voulais pouvoir être moi-même au bureau.

Au milieu de toutes ces parenthèses, je vous remets l’essentiel de ce que je voulais vous partager (parce que boooon je me suis un peu éparpillée dans les rêves, comme c’est un sujet qui me tient à coeur) :

  • soyez vous-mêmes en toutes circonstances
  • écrivez vos rêves sans vous mettre des contraintes, ce sont des rêves, vous les avez rêvés, ne leur mettez pas de barrières
  • visualisez la journée idéale dans son ensemble (à nouveau, sans contraintes)
  • budgétisez, creusez-vous les méninges et trouvez la première étape qui mène à vos rêves
  • vous n’avez plus qu’à vous y mettre…


Illustrations par @desmotsdanslamarge

Étiquettes : , , , , Last modified: 20 octobre 2020
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