Reconversion : comment sécuriser son projet

Bénédicte P. Durand est autrice à temps plein, mais elle ne l’a pas toujours été. Il lui a fallu plusieurs mois pour sécuriser son projet de reconversion et sécuriser financièrement cette transition. Je lui laisse la parole pour qu’elle t’explique pas à pas quel chemin elle a suivi. Tu peux retrouver sa biographie en bas de cet article.

Sécuriser son projet de reconversion
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    Le cas d'un employé en CDI en France qui envisage une reconversion

    Lorsque l’envie de quitter son emploi actuel pour poursuivre son rêve se fait très forte, mais que l’on a peur de se lancer, il y a plusieurs façons de procéder.

    Je vais t’exposer ici les quelques pistes que j’ai explorées avant de prendre ma décision.

    Il faut savoir que je ne suis pas du tout du genre à me lancer tête baissée. Je suis d’un naturel plutôt anxieux. Alors entre l’envie de me donner ma chance et la peur de me retrouver à la rue en cas d’échec, j’ai passé de nombreuses nuits blanches.

    Avant toute chose, je tiens à rappeler que les éléments dont je parle ici ne sont sûrement pas les seules pistes existantes, mais ce sont celles que j’ai suivies pour pouvoir lancer mon activité d’auteur à temps plein en janvier 2022.

    Faire le point

    Tout d’abord, il était essentiel que je sécurise mon projet.

    Je ne m’appelle pas Jupiter Phaeton et même si j’admire sa capacité à surmonter toutes les épreuves qui se mettent entre elle et son rêve, je n’étais pas capable de faire pareil.

    Je ne pouvais pas tout lâcher du jour au lendemain.

    Avec un crédit sur le dos ou un loyer, des personnes à charge, des factures qui tombent tous les mois… la sécurité financière était une condition sine qua non pour me lancer.

    Définir ses charges par mois et se renseigner

    J’ai donc commencé assez simplement en estimant combien d’argent j’avais besoin pour assurer le minimum vital de mon quotidien.

    Les charges de mon lieu de vie, les assurances, les dépenses du quotidien, tout y est passé. Ma liste ici est non-exhaustive, bien sûr.

    Je suis arrivée à un montant global et ma deuxième action a été d’aller calculer mes droits à Pôle Emploi.

    Vu que je suis parano, j’ai même appliqué une décote d’une centaine d’euros au montant affiché par le simulateur (sait-on jamais, les allocations chômage restent un suspense jusqu’au jour du premier virement).

    La bonne nouvelle, c’était que ces allocations me permettaient « d’assurer » l’essentiel.

    La solution était donc très claire pour moi : je devais toucher le chômage pour avoir la sérénité de me mettre à mon compte.

    Comment toucher le chômage si je quitte mon travail ?

    Pour moi, il n’y avait qu’un seul moyen au moment où j’ai entamé mes réflexions : la Rupture Conventionnelle.

    En effet, démissionner ne permet pas de toucher le chômage immédiatement. Il y a une carence de 4 à 6 mois suite à une démission et il faut ensuite faire passer son dossier auprès de ladite administration pour espérer (sans être sûr) toucher quelque chose. Je n’ai pas plus de précisions à ce sujet, car ce n’est pas la voie que je voulais prendre.

    Ce qui veut dire que pendant 4 à 6 mois, il faut être capable d’assurer financièrement sur ses deniers personnels. C’est possible, mais il ne faut pas l’oublier et bien faire ses calculs.

    Je n’ai pas plus de précisions à ce sujet, car ce n’est pas la voie que j’envisageais.

    Mais !

    J’étais quand même prête à prendre le risque de démissionner si toutes mes autres options échouaient (j’en avais deux).

    Visuel d'un homme qui propose de signer une rupture conventionnelle du contrat de travail

    La Rupture Conventionnelle

    De nombreux sites en parlent en long, en large et en travers, donc je ne vais pas revenir dessus très longtemps, juste indiquer des éléments clés.

    La rupture conventionnelle est un accord entre le salarié et son employeur pour mettre fin à son contrat de travail à une date définie par les deux parties. Elle peut être demandée à l’initiative du collaborateur (comme dans mon cas) ou par celle de l’entreprise.

    Une rupture conventionnelle coûte de l’argent à une entreprise c’est pourquoi il est possible qu’elle soit refusée par l’employeur. À vous de négocier avec votre supérieur (son accord est obligatoire pour que la procédure aille plus loin) et de trouver le meilleur entre-deux possible.

    Pour plus de renseignements : la Rupture Conventionnelle

    Mon expérience

    Pour te donner un ordre d’idées, j’ai commencé à parler de mon départ à mon employeur fin juin 2021, pour un départ en janvier 2022.

    Je m’y suis prise très à l’avance ; j’ai assuré que je resterai jusqu’à la fin du projet dans lequel j’étais embarquée et que j’aiderai à trouver mon remplaçant.

    J’avais très peur que mon supérieur refuse, car mon départ le mettait dans la m****.

    J’ai eu la chance d’avoir une personne très compréhensive en face de moi, avec qui je m’entendais bien et je lui ai donné des garanties concernant mon sérieux jusqu’au bout. C’était important pour elle comme pour moi. Et j’ai cravaché jusqu’au dernier jour, en m’approchant dangereusement du burn-out. Mais mon rêve n’avait pas de prix.

    En septembre 2021, je signais les papiers de la Rupture, pour un départ mi-janvier 2022.

    Les négociations pour une Rupture peuvent prendre beaucoup de temps comme aller très vite. Il ne faut pas s’attendre à ce que cela fonctionne du jour au lendemain. En moyenne, les discussions durent minimum six semaines.

    Transition Pro et son dispositif "démissionnaire"

    Mais comme je te le disais plus haut, je suis d’un naturel anxieux.

    Je n’étais pas certaine que le process pour la Rupture Conventionnelle, fonctionne. Je jouais mon avenir à 50-50 sur une discussion avec mon manager !

    J’ai donc cherché des pistes pour pouvoir toucher le chômage immédiatement si je démissionnais quand même.

    J’ai alors découvert le site officiel de Transitions Pro et son Dispositif « Démissionnaires ».

    Ce dispositif est plutôt récent et est effectif depuis le 1er novembre 2019.

    Il permet à des salariés (en CDI) qui souhaitent démissionner pour créer ou reprendre une entreprise d’être indemnisés par Pôle Emploi.

    Les conditions à remplir pour en bénéficier

    • Être en CDI
    • Avoir travaillé pendant au moins 5 ans en continu, soit 1300 jours sur les 60 derniers mois
    • Avoir un projet de reconversion professionnelle reconnu comme étant réel et sérieux
    • Ne pas avoir de société active (ça, c’est un point qu’ils ne vous disent pas). Pas de micro, rien. Ils vous cherchent tout de suite dans les systèmes, et s’ils découvrent un Siret, votre dossier est refusé d’office.

    À partir de là, il faut suivre la procédure (et elle prend du temps aussi) :

    • Faire la demande pour entrer dans le dispositif
    • Avoir un échange concret avec un conseiller
    • Construire le projet professionnel de création ou de reprise d’entreprise avec lui
    • Soumettre son dossier à la commission après validation par Transitions Pro

    Quand le dossier est soumis à la Commission Paritaire Inter Régionale, il faut prendre son mal en patience. Ils ont deux mois pour valider ou non le dossier.

    Mon expérience

    Il faut vraiment s’y prendre tôt (encore). J’ai commencé les démarches au moins deux mois avant de parler à mon manager de mon départ, pour assurer le coup.

    Mes premiers échanges ont eu lieu début mai 2021 et j’ai ensuite échangé par téléphone avec un conseiller. Je ne saurais trop recommander de ne pas prendre cet échange par-dessus la jambe. Il est ESSENTIEL pour le succès de la procédure.

    Pour faire simple, mon projet initial (celui d’écrire) ne me permettait pas de m’assurer une validation de mon dossier, car trop loin de mes compétences. En effet, la Commission demande en plus du Business Model sur 3 ans, votre CV. Alors pour être quasi-sûre que le dossier passerait, j’ai préparé un dossier sur mon plan B, bien plus proche de mon cœur de métier initial.

    Cet exercice était très utile, car il m’a aussi permis de penser à ce que je ferais si ça ne marchait pas. J’ai déposé mon dossier le 2 juin 2021 et j’ai eu une réponse le… 2 août 2021. Pile deux mois après mon dépôt. Le dossier était accepté ce qui m’a libéré l’esprit. J’avais une alternative si jamais les négociations pour la rupture conventionnelle n’allaient pas au bout.

    Ah, et autre point important sur ce dispositif : quand ton dossier est accepté par la commission, tu as six mois à partir de cette date pour démissionner et prendre ton envol !

    Pour aller plus loin

    Voici les différentes options qui peuvent s’offrir à toi quand tu es salarié en CDI et que tu veux changer de vie.

    Et après ?

    Tout d’abord, Félicitations ! Tu as réussi à quitter ton emploi pour réaliser ton rêve !

    Maintenant, les « vraies » réjouissances commencent ! Tu peux t’intéresser à :

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